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La Turquie, pays de mer… qui skie pourtant

On pense plages, on oublie sommets. Pourtant, la Turquie est aussi un pays de montagne. Et l’hiver, ses reliefs deviennent des territoires de ski insoupçonnés.

Station de ski de Kartepe enneigée près d’Istanbul en Turquie, paysage de montagne en hiverStation de ski de Kartepe enneigée près d’Istanbul en Turquie, paysage de montagne en hiver
Kartepe, la neige à deux heures d’Istanbul.
Écrit par Sarah Goldenberg
Publié le 12 février 2026, mis à jour le 19 février 2026

Un pays de reliefs derrière l’image de mer

 

On associe la Turquie au soleil. Aux rivages égéens, aux étés sans fin, aux cartes postales bleues. Mais l’image est incomplète. La Turquie est aussi un pays de reliefs. Un pays de plateaux, de massifs et d’hivers continentaux. Quand la neige s’installe, une autre géographie apparaît.

 

Skier en Turquie surprend seulement ceux qui ne regardent le pays que depuis ses rivages.

 

Dès que l’on quitte le littoral, le relief s’impose. Les routes montent, l’air change, la lumière devient plus froide. Certaines forêts disparaissent sous un manteau blanc. La neige apparaît alors au détour d’un virage, là où l’on roulait encore sous la pluie quelques kilomètres plus bas. Les pentes se dessinent, les sapins se figent et des silhouettes tracent leurs lignes blanches là où l’on n’attendait que roche et pâturages d’été.

 

Un imaginaire touristique incomplet

 

À l’étranger, la Turquie se raconte d’abord par ses côtes. Mer turquoise, criques, soleil, villes antiques face à l’horizon. La montagne y apparaît rarement. Les brochures montrent le littoral. La communication touristique aussi. Le pays est souvent perçu comme une destination d’été, étendue vers le sud, tournée vers la mer. Le relief, lui, reste en arrière-plan.

Pourtant, une grande partie du territoire s’élève. L’Anatolie n’est pas une plaine mais un ensemble de plateaux, de chaînes et de hauts bassins où l’hiver s’installe durablement. La neige n’y est pas un décor. Elle fait partie du cycle normal des saisons. Dans des villes comme Erzurum, Kars ou Sivas, elle reste au sol des semaines, parfois des mois.

 

Avant les pistes, la montagne

 

La montagne fait partie du paysage turc depuis toujours. Elle structure les routes, les saisons, les modes de vie. Dans certaines régions, elle occupe tout l’horizon. Mais le ski, lui, est arrivé plus tard.

Longtemps, ces reliefs ont été des terres de pâturage, des espaces forestiers, parfois difficiles d’accès. Dans les massifs autour de Rize ou dans les hauteurs de Van, l’hiver était une contrainte plus qu’un loisir. 

 

Le lac de Van, un site naturel exceptionnel à protéger

 

Le ski s’est installé progressivement, avec les infrastructures, les routes, les remontées. Une pratique importée, adaptée, intégrée à un territoire qui n’avait pas été pensé, au départ, pour le tourisme hivernal.

Aujourd’hui, ces pentes accueillent des skieurs. Mais la montagne, elle, n’a pas changé de nature. Elle reste un espace vaste, parfois rude, où la station reste petite face à l’étendue du paysage.

 

Quand la neige fait apparaître d’autres lieux

 

Avec le ski, de nouveaux points en altitude apparaissent sur la carte du pays. Là où l’hiver est long, où la neige tient, où les routes montent vers des paysages que l’on associe rarement à la Turquie.

Près d’Istanbul, la station de Kartepe permet de passer de la ville à la forêt enneigée en quelques heures. Le ski y prolonge le rythme urbain, le temps d’une échappée blanche.
Du côté d’Uludağ, la montagne s’impose au-dessus de Bursa. Station ancienne, fréquentée, elle installe l’hiver dans l’ouest du pays.

Plus à l’intérieur, le décor change d’échelle. Sur les pentes du mont Erciyes, volcan d’Anatolie centrale, les reliefs s’ouvrent largement autour de Kayseri. Le ski prend place dans un paysage minéral, ample, presque austère. À l’est, Palandöken déroule ses pentes à haute altitude. Ici, l’hiver s’installe pour de longs mois. 

 

Station de ski de Palandöken à Erzurum en Turquie sous la neige en hiver, télésièges et reliefs enneigés
La station de ski de Palandöken à Erzurum en Turquie

 

Ces lieux ne font pas de la Turquie un pays alpin. Ils montrent un pays plus contrasté qu’on ne l’imagine, jusque dans sa façon de vivre l’hiver.

 

Un pays qui se vit aussi en altitude

 

La Turquie ne se résume ni à ses côtes ni à ses étés. Elle se comprend aussi par ses reliefs, par ces territoires où la saison hivernale transforme les paysages et les activités.
Skier en Turquie n’a rien d’exceptionnel quand on regarde le pays dans toute sa géographie.

Derrière les rivages, il y a des plateaux, des massifs, de longs hivers aux températures négatives. Des routes qui montent, des forêts qui blanchissent, des stations qui apparaissent sans jamais effacer la montagne qui les entoure.

 

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