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Dans les hans d’Istanbul, ces ateliers où survivent des métiers rares

Dans les hans d’Eminönü, on monte par des escaliers étroits. À chaque étage, des ateliers ouverts, du métal frappé, des voix, des machines. Une ville qui travaille, à l’intérieur.

artisan réparant un plateau en métal dans un han à Eminönü à Istanbul atelier traditionnel métiers rares Turquieartisan réparant un plateau en métal dans un han à Eminönü à Istanbul atelier traditionnel métiers rares Turquie
Écrit par Sarah Goldenberg
Publié le 26 avril 2026

À l’intérieur d’un han, un atelier au travail

 

Le marteau revient, régulier. Sur l’établi, un plateau en métal cabossé. L’homme ne lève presque pas les yeux. Il cale la pièce, ajuste, frappe. Autour, des piles d’ustensiles, des tiroirs entrouverts, des outils noircis par l’usage.

La porte reste ouverte sur le palier. Des pas passent, une voix appelle, une machine démarre plus loin. L’air porte une odeur de métal chauffé et de poussière. On est au fond d’un han, quelque part entre Eminönü et Sirkeci. Derrière les portes, des ateliers tournent encore.

 

Le han : un monde vertical

 

Une porte, parfois une enseigne ancienne, puis un passage étroit. On entre sans transition. Un escalier monte, souvent raide, bordé de murs usés. À chaque palier, des portes. Derrière, des ateliers de quelques mètres carrés, serrés les uns contre les autres.

 

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Escaliers et paliers dans un han à Eminönü.

 

Plus on monte, plus les bruits se superposent. Marteaux, machines, conversations. Certains ateliers donnent directement sur la cage d’escalier. D’autres s’enfoncent dans des couloirs étroits.

 

escalier intérieur avec arches dans un han à Istanbul à Sirkeci architecture han ateliers artisans Istanbul

 

À Eminönü, Sirkeci ou Karaköy, ces bâtiments organisent le travail par étages. Chaque niveau a ses activités, ses habitudes, ses rythmes. Le han ne se visite pas vraiment. Il se traverse, étage après étage.

 

Métiers rares, des ateliers encore en activité

 

Dans ces étages, les activités varient d’une porte à l’autre. Ici, un artisan redresse des plateaux en métal, reprend les bosses, ajuste les bords. Plus loin, un atelier propose du nickelage pour raviver des pièces ternies. À côté, un graveur inscrit un nom sur une plaque ou un objet.

On trouve aussi des réparateurs d’ustensiles de cuisine, capables de prolonger la vie d’un plateau, d’une théière ou d’un samovar. D’autres travaillent le cuivre, soudent, polissent, remplacent des éléments usés.

Certains étages accueillent des ateliers textiles. Machines à coudre en série, retouches, confection sur mesure, réparation de fermetures ou d’ourlets. Plus loin, des menuisiers fabriquent ou ajustent des pièces simples, étagères, cadres, petits éléments.

Pour un particulier, ces ateliers restent accessibles. Faire réparer un objet abîmé, redonner de l’éclat à un ustensile, ajuster un vêtement, remplacer une pièce cassée. Des demandes traitées sur place, souvent dans la journée.

Les clients viennent du quartier, des commerces voisins, parfois de plus loin pour un savoir-faire précis. 

 

D’un han à l’autre, des usages et des spécialisations

 

D’un han à l’autre, l’organisation change. À Eminönü, certains étages regroupent des ateliers liés aux ustensiles de cuisine ou aux équipements pour les commerces. À Sirkeci, on croise davantage d’activités liées au textile ou à la petite fabrication. À Karaköy, les ateliers coexistent avec d’autres activités. Dans certains hans, des bureaux d’import-export, des fournisseurs ou des petits entrepôts occupent les étages, à côté d’ateliers encore en activité.

Rien n’est centralisé. Il faut entrer, monter, regarder. Les indications sont rares. Certaines adresses se transmettent d’un commerçant à l’autre, d’un atelier au suivant. Pour un nouvel arrivant, ces lieux restent difficiles à identifier. Depuis la rue, rien n’indique qu’on peut y faire réparer un objet ou trouver un artisan. Pourtant, ces services existent, souvent à des prix accessibles, avec des délais courts.

Ces hans fonctionnent par proximité. Ils répondent aux besoins immédiats du quartier, des commerçants, des habitants. Ces ateliers continuent de fonctionner au rythme des demandes locales. 

 

Dans les étages, un travail qui continue

 

Ces ateliers sont là, dans des bâtiments que l’on traverse sans les voir. Pour qui sait où entrer, ces hans offrent des services accessibles, souvent rapides. Réparer, ajuster, faire refaire une pièce. Ici, les ateliers tournent, pour ceux qui en ont besoin. 

 

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