Édition internationale

MÉTIERS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI - Le cordonnier ou "kunduracı"

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 avril 2015

Chantal et Jacques Périn, infatigables voyageurs dans l'Istanbul d'hier et d'aujourd'hui, nous reviennent avec une nouvelle série de voyages dans le temps, quelque part entre Constantinople et Istanbul. Leur nouvelle proposition: une série consacrée aux anciens métiers, qu'ils poursuivent avec les célèbres cordonniers...

Cordonnier - kundurac? (hier)

Parmi les nombreuses explications ou légendes plus ou moins fantaisistes qui tentent d'expliquer l'origine du mot cordonnier, celle qui semble la plus sérieuse viendrait de l'ancien français ''cordouinier'' ; celui qui travaille le  "cordoan" désignant le cuir de Cordoue.

Photographes Abdullah Frères (circa 1893)

En effet, on trouve, dès le XIIème siècle la référence à ce cuir espagnol très réputé que les Maures importèrent du Maroc lors de leur invasion de l'Espagne au début du VIIIème siècle.

Avec le temps, les cordouiniers devinrent des cordonniers et le nom supplanta au XVème siècle l'ancien nom de sueur (du latin sutor, celui qui coud, qui suture).

A l'origine de la profession, il n'existait pas de différence entre celui qui fabriquait les chaussures et celui qui les réparait.

Au sens premier le cordonnier était l'artisan qui fabriquait des souliers, bottes, mules et pantoufles, en cuir d'agneau, de vache, de buffle... et la  pratique de ce métier, telle que décrite, resta constante jusqu'à la fin du XIXème siècle.

Dans les milieux populaires, on qualifiait les cordonniers de "raccommodeurs de souliers".

Comme on peut le voir sur cette photographie datant du début des années 1890, le matériel utilisé était essentiellement composé de feuilles de cuir, d'une enclume, de lacets de cuir, de fil de chanvre ou de lin, d'un marteau et de divers tranchoirs et alènes, outils relativement basiques valorisés par le savoir-faire de l'artisan.

 

Cordonnier - kundurac? (aujourd'hui)

Depuis le début du XXème siècle, la majorité de la production de chaussures provient d'usines qui fabriquent en grandes séries.

Photo J.P. (2014)

Il ne reste que peu d'artisans qui réalisent leurs modèles à la main, sur mesure et leur production, très confidentielle, s'adresse désormais aux plus fortunés. Le cordonnier ne fabrique plus, il répare, remplace les semelles trouées, restaure les talons usés ou cassés, pose des fers pour ralentir l'usure.

Aujourd'hui, il dispose de matériaux synthétiques, de semelles, de patins et de talons prédécoupés et prêts à poser, de colles résistant à l'humidité, d'?illets métalliques, de lacets de toutes tailles et de toutes couleurs... une panoplie qui l'aide dans la réalisation de son travail mais qui ne laisse que peu de place à l'imagination et à la création.  

Depuis que la course à la consommation pousse à jeter plutôt qu'à réparer, le métier de cordonnier a vu son activité se réduire considérablement. Fort heureusement, il existe encore quelques irréductibles qui pensent que conserver vaut mieux que détruire, pour le plus grand bonheur de ceux dont le métier est de prolonger la vie de nos souliers préférés.

Jacques et Chantal Périn (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 28 avril 2015

A (RE)LIRE: Les marchands de tesbih

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 27 avril 2015, mis à jour le 27 avril 2015
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos