Lundi 30 novembre 2020

TRANSPORT: La circulation sur le Bosphore est régit par un accord international datant de ...1936 !

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 03/02/2009 à 01:00 | Mis à jour le 09/01/2018 à 20:15

Cette convention dite de Montreux, qui s'applique aussi au détroit des Dardanelles, a été signée cette année 1936 par quelques grandes puissances européennes dont la France, le Royaume-Uni, l'URSS et bien sûr la Turquie, chargée officiellement de sa bonne application. Mais les conditions du trafic maritime ont bien changées depuis. L'heure n'est-elle pas à une révision de ce traité ?

L'accord de Montreux garantit la libre circulation des navires de commerce en tant de paix, quel que soit leur pavillon. Les navires de guerre et sous-marins des puissances riveraines et les petits navires de guerre des autres puissances, peuvent également circuler librement mais sous réserve d'une notification préalable à la Turquie.

Des bateaux très près des habitations ! (photo BB)

En temps de guerre, ces libertés demeurent si la Turquie n'est pas partie prenante du conflit. En revanche la libre circulation peut être suspendue si celle-ci s'estime menacée ou devient belligérante. En 1994, une règlementation maritime turque (enrichie en 1998) et dont la légitimité a été reconnue a complété le dispositif.

Le détroit le plus fréquenté au monde
Plus de 200 navires transitent (gratuitement) chaque jour sur le Bosphore ce qui représente environ 50.000 bateaux par an. Près de 6.000 d'entre eux sont des tankers transportant le pétrole de la mer Caspienne.
Habituellement, lorsqu'un tanker chargé à plein transite sur le Bosphore , le trafic est bloqué dans le sens inverse. Mais, en raison du chantier Marmaray (construction du tunnel ferroviaire sous la mer), tous les bateaux de commerce doivent circuler dans un seul sens le matin (vers la mer Noire) et dans l'autre l'après-midi.
Chaque navire qui traverse le détroit pour la première fois peut se faire assister s'il le souhaite, par un pilote des autorités portuaires turques. En revanche pour tout accostage sur l'un des ports de la mer de Marmara, l'assistance du pilote est obligatoire : ce dernier dirige la man?uvre mais ne touche pas aux commandes.

Une navigation dangereuse et une menace pour les riverains
Le plus difficile pour ces bateaux, ce sont les conditions de navigation en raison de la sinuosité du détroit (à la hauteur de Kandili, le virage est à 45 ° !) et surtout des très forts courants, parfois contraires.
Les tankers et bateaux de plus de 200 m de long ont d'ailleurs interdiction de naviguer de nuit. Huit tours de contrôle ont été installées de part et d'autres des rives du Bosphore pour assurer 24 H sur 24 un contrôle radar des opérations.

Ces régulations associées à l'augmentation du trafic maritime ont pour conséquence des délais d'attente accrus de chaque côté du Bosphore. Il est fréquent qu'une vingtaine voire 60 navires attendent pendant plusieurs jours la permission des autorités pour emprunter le détroit.

Face à cet engorgement, celles-ci ont réfléchi à d'autres voies pour évacuer le pétrole de la mer Caspienne: l'AMBO, pipeline traversant la Bulgarie, la Madécoine et l'Albanie, entrera en construction fin 2008 pour être opérationnel en 2011. D'autres projets sont à l'étude.

En Turquie également, des voix se sont élevées pour réclamer une révision des accords de 1936 notamment quant à la gratuité du passage. Les conditions actuelles du trafic ne ressemblent en rien à celle de 1936. La protection de l'environnement devient un enjeu majeur avec des coûts  associés importants.                                                                                                   Et même des sous-marins ! (photo BB)
Mais pour l'instant, statut quo ! Et compte tenu des enjeux, ça risque de durer un certain temps ?

BB. (www.lepetitjournal.com/Istanbul). Mercredi 28 janvier 2009.

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