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« Le basketball turc est à son apogée »

Par Bolat Kutlu | Publié le 18/06/2019 à 00:09 | Mis à jour le 18/06/2019 à 16:03
basket basketball turquie championnat finale

La finale du championnat de Turquie de basketball oppose en ce moment le Fenerbahce Beko et l'Anadolu Efes. L’occasion de se pencher le basket turc avec Eren Koca, commentateur sportif sur la chaîne TRT Spor.

Pouvez-vous nous présenter les deux équipes finalistes ?

Le basketball turc est à son apogée grâce à ces deux équipes. Deux clubs turcs dans le carré final de la plus grande compétition de basket européen l’Euroligue, c’est du jamais vu. Le niveau de ces deux équipes est à peu près équivalent, cela se joue sur des détails. Fenerbahce a eu plusieurs blessés importants avec par exemple Vesely et c’est la raison principale de sa défaite face au Efes en demi-finale de Final Four. Mais ils ont la présence d’Obradovic, le plus grand entraineur européen avec neuf titres d’Euroligue. Du côté du Efes, on a aussi un grand entraîneur qui est Ergin Ataman donc les chances de victoire sont pour moi encore aujourd’hui à 50/50.

Comment expliquer ce succès ?

Comme je l’ai déjà expliqué, pour moi la clé ce sont les deux entraîneurs. De grands basketteurs ne font pas obligatoirement une grande équipe mais un grand entraîneur en a la capacité. Et pour avoir ce genre de coachs, l’aspect financier rentre en compte. C’est pourquoi je pense que dans l’avenir, le Fener et l’Efes auront encore l’opportunité de remporter des titres européens avec ces coachs-là.

Quel est le niveau de la ligue turque par rapport aux autres championnats européens et la NBA ?

On ne peut pas comparer l’Euroligue à la NBA. Celle-ci est à un autre niveau sportif et financier. Mais au niveau européen, le championnat turc est le meilleur selon moi, et surtout le plus passionnant à regarder. Le nouveau format de l’Euroligue peut cependant changer la donne avec des ligues nationales de moins en moins intéressantes. Plus tard, il est possible que l’Euroligue devienne une ligue totalement fermée et que les meilleurs clubs ne jouent plus en championnat.

Trois Français (Moerman, Beaubois, Lauvergne) jouent la finale actuellement. Quel est leur niveau de jeu ?

Adrien Moerman qui vient d’être appelé en sélection française pour la Coupe du Monde, a marqué le championnat turc de sa présence. Anciennement incontournable dans le club stambouliote Darüşşafaka Doğuş, il est maintenant un joueur-clé du Anadolu Efes et c’est incontestablement un des meilleurs joueurs intérieurs en Europe. Beaubois est un peu moins bon selon moi. Si son duo avec Larkin avait un peu mieux fonctionné, ils auraient gagné l’Euroligue qui était à leur portée. Quant à Lauvergne, sa blessure est problématique pour lui, mais il n’a pas pu remplacer l’ancienne star Ekpe Udoh au Fener, le public réclamant son retour.

Quelle est la vision qu’on a en Turquie du basket français ?

Il n’est pas très connu. Mais l’arrivée de l’Asvel en Euroleague sous l’impulsion de son président Tony Parker va faire découvrir un peu plus ce championnat. Ça sera des belles affiches face aux clubs turcs !

Quand a débuté l'intérêt pour le basket en Turquie ?

C’est en 2001 avec le Championnat d'Europe de basket-ball qui s’est déroulé en Turquie que cette passion a commencé. Très beau parcours, les hôtes avaient fini second derrière la Yougouslavie. Le parcours européen de Fenerbahce depuis quelques années a accentué cette passion. Principalement à Istanbul.

Une ferveur plus grande qu’au football ?

Non, le football est à part en Turquie. Aucun sport le dépassera ! Mais les Turcs suivront attentivement la Coupe du Monde de basket [qui se déroulera du 31 août au 15 septembre à Pékin, ndlr].

Lors de cette compétition, comment estimez-vous les chances des turcs qui auront fort à faire avec une grosse poule composée des Etats-Unis, de la République tchèque et du Japon ?

La Turquie a une équipe très jeune. Les deux grandes équipes que sont le Fener et Anadolu Efes n’ont malheureusement pas de grands joueurs turcs, on doit piocher en NBA avec Cedi Osman, Furkan Korkmaz et le très expérimenté Ersan Ilyasova. Malheureusement, la Turquie est surtout bonne à domicile. Au contraire de la France, qui selon, moi a une réelle chance d’aller en finale avec un effectif pléthorique et de l’expérience.

Propos recueillis par Bolat Kutlu.

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