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Hong Kong veut davantage de bébés !

Depuis le 25 octobre, chaque naissance de jeune Hongkongais est récompensée par une prime de 20.000 HKD. C’est l’une des nombreuses mesures prises pour relancer un taux de fécondité qui est devenu le plus bas du monde.

Hong Kong natalité baby basketHong Kong natalité baby basket
Le "baby basket" traditionnel de Hong Kong reste trop souvent vide (photo du Hong Kong Museum of History par annainaustin sur Creativecommons).
Écrit par Guillaume Clément
Publié le 3 décembre 2023, mis à jour le 4 décembre 2023

Un bébé appelé Désiré

Alerte : des bébés manquent à l’appel ! En 2019, Hong-Kong avait enregistré 52.900 naissances. En 2022, on n’en a dénombré que 32.500. Le taux de fécondité, qui a plongé à 0,8, s’éloigne très fortement du seuil de remplacement des générations de 2,1 enfants par femme. Pire, il est devenu le plus bas du monde, en se faisant dépasser par l’ancien pays recordman, la Corée du Sud (0,9), et en s’éloignant des autres pays vieillissants, comme Singapour (1.0) et le Japon (1,3).

Un taux de fécondité de 0,8 signifie qu’au bout de deux générations, la population est divisée par presque 7, hors immigration. Autrement dit, il s’agit d’une question de survie nationale. Eric Chan Kwok-ki, secrétaire en chef du gouvernement local, s’en est publiquement inquiété : « si plus de bébés naissent à Hong-Kong, plus de bébés vont rester ici, même si ce n’est pas 100% ». Pour pouvoir remonter le nombre de naissances d’au moins un cinquième en trois ans, un certain nombre de mesures ont été annoncées.                                                                                                     

Un bébé appelé Fortuné

Dans une ville où élever un enfant coûte (très) cher, la première mesure a vite fait le tour des maternités. Depuis le 25 octobre, et au moins pendant les trois prochaines années, chaque enfant né à Hong Kong est éligible à une prime de 20.000 HKD en cash, si au moins l’un des parents est résident permanent, quel que soit leur statut marital. Cela fait toujours moins que les 7.500 euros offerts pour les premier et deuxième enfant à Singapour (8.900 pour le troisième) ou les 700 euros mensuels versés jusqu’au premier anniversaire de l’enfant en Corée du Sud. Cela fait également beaucoup moins que les 6 millions de HKD qu’il faudrait pour élever un enfant jusqu’à ses 22 ans à Hong Kong, selon une étude de la Hang Seng Bank. Mais cela permet en tout cas de subvenir aux premiers besoins de l’enfant.

Par ailleurs, avant même la naissance, un autre problème financier ne doit pas être oublié pour des femmes de plus en plus nombreuses : le traitement de l’infertilité. Là aussi, sur ce plan, une déduction fiscale pouvant aller jusqu’à 100.000 HKD est désormais accordée pour les femmes recourant à ces services. Plus généralement, selon les dernières annonces, le chiffre de fécondations in vitro dans les hôpitaux publics pourra passer de 1.100 cycles de traitements par an à 1.800 dans les cinq prochaines années.

Un bébé appelé Urbain

Cependant, la plupart des mesures sont surtout destinées à offrir des solutions aux problèmes liés au mode de vie urbain. La première difficulté étant ainsi le logement, les familles avec un bébé de moins de trois ans auront une chance supplémentaire dans les tirages au sort pour les achats d’appartements subventionnés, certains leur étant même réservés. Pour les jeunes parents locataires, leur temps d’attente pour les logements sociaux sera réduit d’un an. Quant au plafond de réduction d’impôts sur les prêts immobiliers ou les loyers domestiques, il sera augmenté de 100.000 à 120.000 HKD jusqu’aux 18 ans de l’enfant.

L’autre problème du mode de vie des grandes villes étant souvent l’absence de soutien familial, le gouvernement a aussi promis l’ajout de 900 places dans les services de garde d’enfant et l’extension d’un programme de garde périscolaire après les horaires de classe.

Il n’en reste pas moins que le problème majeur reste souvent la grande difficulté de concilier une vie professionnelle et une vie de jeune parent à Hong Kong. Sur ce plan, même si certaines grandes entreprises offrent aujourd’hui jusqu’à 20 semaines de congés maternité ou paternité, ainsi que leurs propres crèches, il s’agit souvent davantage d’une façon pour mieux retenir les parents au travail. Et donc de les inciter à ne pas avoir de deuxième enfant…

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