Édition Francophonie

Pierre-Emmanuel Jacob : de Macao à Toronto, itinéraire d’un bâtisseur de Francophonie

Administrateur culturel chevronné, homme de réseau et artisan du vivre-ensemble, Pierre-Emmanuel Jacob a consacré sa carrière à faire rayonner la langue française et les cultures francophones dans le monde. À Toronto, il a conjugué excellence pédagogique et effervescence artistique, fidèle à l’ADN des Alliances françaises qu’il incarne avec passion.

Pierre-Emmanuel JacobPierre-Emmanuel Jacob
Pierre-Emmanuel Jacob, directeur de l'Alliance Française de Toronto - Photo Courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 30 mars 2025

 

 

 

Trente ans au service de la culture française

« Je suis un vieux dinosaure du réseau culturel », glisse-t-il en souriant. Depuis plus de trois décennies, Pierre-Emmanuel Jacob incarne cette génération de diplomates culturels qui ont sillonné le monde au rythme des Alliances françaises. Macao (où il a appris son métier), Jakarta, Bombay, Singapour, Madras… Autant de postes où il a su conjuguer rigueur administrative et sens du terrain. « J’ai toujours eu le goût de l’action, et le plaisir de travailler au contact des artistes, des enseignants, du public », confie-t-il.

 

 

Enseigner le français, outil de promotion et d’émancipation

Le cœur battant des Alliances françaises, ce sont les cours de langue. À Toronto, où l’Alliance qu’il dirige depuis 2021 réunit quelque 7000 étudiants par an sur cinq campus, l’apprentissage du français prend un sens particulier. « Ici, le français est une langue officielle. Cela change tout :  il s'agit d'une langue seconde et pas d'une langue étrangère. D’un outil d’intégration, de promotion sociale, de mobilité professionnelle », explique-t-il.

Les profils sont variés : enfants inscrits par des parents soucieux de leur avenir, adultes en quête d’opportunités professionnelles, ou migrants désireux d’obtenir la résidence permanente. « C’est très frappant de voir à quel point la maîtrise du français peut devenir un levier d’ambition personnelle. »

 

 

L'Alliance Française de Toronto
L'Alliance Française de Toronto

 

 

Une scène culturelle francophone vivante et engagée

Mais l’Alliance française n’est pas seulement une école : c’est aussi un lieu de vie culturelle. « Nous avons un théâtre de 143 places, deux galeries d’exposition et une programmation d’une soixantaine d’événements par an », détaille-t-il avec fierté.

Concerts, expositions, projections, rencontres… La culture s’y vit au rythme de la diversité francophone, avec une priorité donnée aux artistes canadiens. « 80 % de notre programmation est consacrée à des artistes francophones d’ici. Ce sont souvent des voix qu’on entend peu dans le Canada anglophone, et que nous mettons en lumière. »

 

 

Un réseau mondial, ancré dans les réalités locales

Avec un millier de structures dans le monde dont plus de 800 Alliances enseignantes, le réseau des Alliances françaises est à la fois global et profondément local. « Chaque Alliance est une association de droit local. Cela crée une proximité, une insertion dans le tissu social et culturel de la ville », souligne-t-il.

Ce modèle unique permet à chaque Alliance d’être un reflet de son territoire tout en restant fidèle à des valeurs communes : l’ouverture, le dialogue des cultures, et la promotion du français dans toutes ses formes.

 

 

Une Francophonie plurielle et humaine

Pour Pierre-Emmanuel Jacob, la Francophonie ne saurait se réduire à une vision hexagonale. « C’est une langue en partage, pas l’apanage des Français. Ce que je trouve magnifique, c’est sa diversité : des accents, des expressions, des imaginaires différents qui cohabitent dans une même langue. »

Son engagement s’ancre dans cette vision ouverte et inclusive, qu’il a toujours défendue dans ses missions. « La Francophonie, c’est aussi l’altérité, la reconnaissance de l’autre, la richesse du dialogue. »

 

 

Une passion intacte

À quelques mois de la fin de son mandat à Toronto, Pierre-Emmanuel Jacob regarde en arrière avec la satisfaction de celui qui a semé des graines durables. Là où il passe, la langue française ne se contente pas de survivre : elle s’incarne, se vit et s’enrichit.

Sa carrière, tissée d’engagements et d’échanges, témoigne d’une fidélité sans faille à la mission culturelle qu’il s’est choisie. « Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose », affirme-t-il sans hésiter. Et si la suite reste à écrire, une chose est certaine : la passion de transmettre ne le quittera jamais.

 

 

 

 

Article réalisé en collaboration avec le RIMF, avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie

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