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Expatriation : Le revers de la médaille, à ne pas sous-estimer

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 09/10/2017 à 15:52 | Mis à jour le 09/10/2017 à 16:21
expatriation solide

Vivre à l’étranger, c’est aussi passer par des phases de solitude, de doutes et de stress. Cet aspect est souvent occulté dans les récits que nous faisons à nos proches, voire tabou. Cela ne correspond pas aux images de réussite et de vie de rêve associées à l’expatriation, or tous les expatriés les connaissent, plus ou moins douloureusement. Identifier ses difficultés, réaliser qu’elles sont « normales » permet appréhender au mieux ces états émotionnels.

 

 

C’est stimulant de partir vivre à l’étranger, gratifiant souvent, cela fait rêver peut-être ceux qui nous suivent de loin, grâce à nos blogs ou nos réseaux sociaux. Mais avez-vous remarqué que, la plupart du temps, on prend bien soin de ne poster que les images de carte postale et de minimiser les difficultés que l’on rencontre lorsque l’on parle de notre nouvelle vie ? Consciemment ou inconsciemment. Un peu de méthode Coué peut-être parfois aussi… Mais si on confie ses doutes et ses faiblesses, on peut vite faire face à l’imparable « Si c’est comme ça, tu n’as qu’à rentrer ! ». Or la réalité est souvent beaucoup plus compliquée.


Alors oui, osons l’affirmer, l’expatriation, ce n’est pas toujours tout rose, loin de là. Autant en être averti afin qu'après la période de découverte (lune de miel) à l’arrivée, on traverse la phase du choc culturel le plus sereinement possible, avant de s’adapter et de profiter pleinement de notre pays d’accueil.

Identifier les nombreux points qui rendent une expatriation délicate peut permettre une meilleure compréhension des problèmes et enlever tout sentiment de culpabilité, apaiser quelques doutes et redonner du courage, quand il en manque un peu...

Des petits bobos aux grands maux

Bien sûr, il y a les microbes, les parasites et des bactéries comme on n’en a pas chez nous… Les nuées de moustiques tigres porteurs de chikungunya, de dengue ou de malaria. Un climat bien moite, étouffant, où l’on s’enrhume à cause de la clim poussée à fond. Ou alors des nuits qui tombent à 15h et qui attaquent un peu (beaucoup) le moral.

Bien sûr, il y a aussi des produits que l’on utilisait quotidiennement et qu’on ne trouve plus. Les difficultés liées à la langue qui vous entoure, à laquelle vous ne comprenez rien (pour l’instant ?), les heures passées à distinguer les 4 tons en chinois pour essayer de les reproduire en achetant vos carottes au marché. 


Et il y a l’incertitude professionnelle. Combien de temps durera ma mission et surtout, que va-t-on me proposer après ? Il y a la difficile reconversion des conjoints, qui perdent leur autonomie financière et pour certains un travail qui leur permettait de se réaliser pleinement. On devient la « femme de » - plus rarement le « mari de » - d'un conjoint accablé de travail et de responsabilités, pas toujours disponible. Et ce n’est pas toujours bien vécu.

A cela peut s’ajouter une perte d’autonomie : permis de conduire pas reconnu, personne pour remplacer des grands-parents qui gardaient les enfants…

Et puis enfin il y a le manque, l'absence, qui pour certains est un vrai déchirement. Les amis que l’on voyait chaque week-end et qui sont si loin, une fête de famille à laquelle on ne peut se rendre, un souci de santé pour un proche, et l’on se maudit de ne pas être là, de passer à côté de ces rendez-vous importants. Il est normal d’éprouver ce manque là, et celui là va rester. Il faudra juste apprendre à le gérer. 
 

Faire son deuil 



Le mal du pays, l’impact de nos pertes de repères ne doivent pas être sous-estimés. Il est important de s'écouter et écouter les peurs des autres membres de la famille, notamment des enfants. Mais puisqu'il faut avancer, faire son deuil de sa vie d’avant est indispensable. Il faut se recentrer sur les raisons qui ont fait qu'on habite ici, dans ce nouveau pays un peu mystérieux. On a perdu un métier passionnant, mais peut-être est-ce au profit de plus de temps en famille ou d’une reconversion épanouissante ? L'expatriation est une nouvelle étape dans votre vie.


Fort heureusement, la plupart des expatriés s’adaptent graduellement à leur nouvel environnement. Le temps fait son œuvre et surtout, vous pouvez partager ces sentiments avec vos nouveaux amis locaux ou encore ceux qui les comprennent le mieux, car ils les vivent également, les autres expats. Ces amis que vous venez de rencontrer et qui vont devenir comme une deuxième famille. Sans vous faire de cours magistral, ils vont vous apprendre ce pays dont ils sont imprégnés, et vous le faire partager. Alors allez à leur rencontre, confiez-vous et questionnez-les. S'adapter demande beaucoup d'énergie. Surtout, si le coup de blues persiste, ne restez pas dans le ressentiment et la solitude, parlez-en à un spécialiste. Il existe de nombreux psychologues de langue française sensibilisés à cette problématique (voir notre article sur Réseau Psy Expat).

On fait de belles découvertes lorsque l’on vit à l’étranger, et, surtout, on apprend beaucoup sur soi. C’est tout ça l’expatriation. Un condensé d’émotions, une grande liberté qui a ses revers, mais une aventure, et quelle aventure…

4 Commentaire (s)Réagir
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gelenes lun 16/10/2017 - 12:46

Bientôt 6 ans ... que je ne suis pas rentré en France ; oui, elle me manque, surtout la gastronomie, ses paysages... puis lors des coups de blues, il y en a, je lis les titres de la presse française et tout va mieux : Riquita, elle donne un conseil comme mon vieux père ; " si j'étais plus jeune ..." pourquoi ? je vais sur mes 64 ans et change de pays quand ça va mal, et j'ai fait abstraction des bibelots inutiles... et puis l'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crane , et les voyages ouvrent l'esprit ; foncez , demain il sera trop tard !

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Roland mer 11/10/2017 - 11:28

Partir c’est mourir un peu disait un grand écrivain C’est donc qu’en réalité on ne part pas facilement La question est de savoir pouurait l’on part et, ou pourquoi l’on partirait Dans tous les textes que l’on peut lire aucun ne reflète une complète honnêteté agressivité , manque de civilité, Braquage fiscal, dépenses outrancières de l’État dans sa globalité avec aucune amélioration envisageable. Voilà des choses que l’on pourrait citer en totale et complète vérité Il y a le politiquement correct que l’on ne peut énoncer, que l’on ne peut écrire que l’on ne peut avancer sans une interprétation demente

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Scarlett mar 10/10/2017 - 12:55

Très bon article je trouve, très bien senti Pour Riquita : je ne suis pas d'accord avec toi, le français s'expatrie et même bien ! les communautés françaises à l'étranger sont importantes (Londres, Bruxelles, New York, Montréal, Sao Paulo, Singapour, Hong Kong... ils sont partout). Concernant l'état de la France, c'est en partant, aussi qu'on se rend compte que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs ... Mais quelle chance nous avons d'avoir le système de santé et d'éducation qui est le nôtre et à ce prix ! Alors moi je dis "Osez sauvez la France en France ! retroussons nos manches et cessons de nous plaindre !" Parcequ'on sait très bien faire aussi c'est ça : se plaindre, être cynique. Certains étrangers nous trouvent arrogants ? parceque dans le fond nous souffrons d'un complexe d'infériorité.

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riquita mar 10/10/2017 - 08:39

La vie est une lutte , rien n'est rose nulle part.Dans sa grande majorité, le Français n'est pas un peuple qui s'expatrie volontiers en comparaison de certains comme les Grecs, Italiens etc... A l'heure actuelle et avec les politiques de ces dernières années, je serais jeune, je tenterais la chose car en France, la génération actuelle rencontre de grosses difficultés: travail ? aucune égalité devant tout type d'impôt ! Difficulté à acheter un bien immobilier et quand on l'obtient merci pour les fonciers, les locaux, la succession!! Nous n'arrêtons pas de payer et l'on voit que finalement, cela n'a pas servi à grand chose...décrépitude des services de santé, de justice, de police, de santé, d'éducation.. Bref, la France n'est plus la France, alors moi je dis "osez"!!!

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