Samedi 5 décembre 2020
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Mamans du Monde «Il n’y a pas de juste manière pour élever son enfant»

Par Aurélie Billecard | Publié le 19/10/2020 à 12:00 | Mis à jour le 21/10/2020 à 17:47
Dorothée Saada Ania Pamula Mamans du monde

Ania Pamula et Dorothée Saada, auteures du livre Mamans du monde, veulent déculpabiliser les mères sur leur manière d’élever les enfants. Ania nous confie comment les cultures étrangères de 40 femmes et leur vie en France enrichissent leur quotidien de maman.

 

D’où vous est venue l’idée du livre Mamans du Monde ?

D’origine polonaise, j’ai émigré en France juste après mon accouchement pour suivre mon conjoint. À mon arrivée, j’ai remarqué de nombreuses différences culturelles, sur lesquelles je me suis interrogée. Après avoir rencontré Dorothée Saada, la co-auteure, nous sommes très vite devenues amies. Nous nous sommes chacune inspirées de nos différences culturelles. De-là, nous avons eu l’idée de partir à la rencontre de quarante femmes issues du monde entier, de découvrir leurs pratiques, et d’en écrire un livre. 

 

Dans votre livre, vous faites intervenir des femmes issues du monde entier. Comment cette différence culturelle enrichit-elle votre oeuvre ? 

Ces femmes, vivant en France, nous instruisent avec leurs connaissances. Nous pouvons toujours nous inspirer de leurs habitudes, comme des plats qu’elles préparent. Quand on est une jeune maman, l’expérience nous manque et on n’a pas forcément confiance en soi.

Le livre Mamans du monde montre qu’il n’y a pas de juste manière pour élever son enfant. Il a pour but de déculpabiliser les mères, et de prouver qu’il y a une infinité de façons de faire. Tant qu’il y a de l’amour et du respect pour l’enfant, la mère fait son travail correctement.

La mère a plus de pouvoir sur les décisions que les maris

Vous décrivez plusieurs traditions de grossesses et de maternité dans votre livre. Quelle tradition vous a le plus surprise ?

Plusieurs traditions m’ont surprise, mais surtout fait rire. Par exemple, la maman mexicaine habitue les enfants très tôt au piment. Graduellement, elle leur donne de la nourriture de plus en plus épicée. L’enfant, à trois ou quatre ans, peut manger bien plus épicé que moi aujourd’hui !

Une autre tradition étonnante me vient en tête. Les pays nordiques font faire les siestes des enfants dehors, dans le froid, en hiver. Bien-sûr, les parents les emmitouflent bien, et l’enfant n’a pas de mal à s’endormir. Cette tradition n’est pas si différente qu’en Pologne, mais, quand un Français l’apprend, il est plus qu’ébahi. 

 

Dans le cas d’un couple binational, comment gérer les différences culturelles entre conjoints ? 

Généralement, la mère a plus de pouvoir sur les décisions que les maris. Cependant, en rencontrant des personnes de différentes cultures, j’ai remarqué que le père français est davantage impliqué dans la vie de famille que celui d’une autre nationalité. Certains différences peuvent être sources de conflits, mais le couple binational doit trouver un terrain d’entente et faire des compromis. 

Pour faire ce que nous souhaitons dans la vie, il nous faut beaucoup de courage

Contrairement aux femmes que vous avez interrogées, les femmes expatriées exportent leur culture française dans leur pays de résidence, sans forcément en connaître les traditions. Quels conseils pourriez-vous leur donner ? 

Les mères françaises expatriées doivent se détendre en arrivant dans un autre pays. Au lieu de paniquer, elles devraient se réjouir de découvrir un nouveau pays et de nouvelles cultures. Après, la solitude qu’elles pourraient ressentir au début, est tout à fait normale. Mais, une fois que les mamans en rencontrent d’autres, une entraide s’installe. Les mères s’échangent des conseils, des adresses, ce qui peut rassurer une nouvelle expatriée.

Je peux également conseiller aux femmes de se détacher de leur culture, et de se rapprocher d’une autre. C’est un véritable bain d’air frais enrichissant, et qui nous pousse à élever les enfants comme nous l’entendons, et non « à la française ».

 

Quels sont vous prochains projets à venir ? 

Dorothée et moi travaillons sur un livre, avec pour but de montrer au lecteur que nous pouvons nous ouvrir à autrui, à travers des portraits de « familles extraordinaires ». Ce sont des familles qui ont fait des choix, de notre point de vue, courageux : l’adoption, devenir une famille d’accueil, deux parents gays qui ont choisi d’adopter. Notre prochain livre gravite autour du mot « courage », car, pour faire ce que nous souhaitons dans la vie, il nous faut beaucoup de courage. 

 

Mamans du monde (First Editions)

Ania Pamula & Dorothée Saada

Prix : 14,95 €

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Aurélie Billecard

Étudiante en management culturel et journalisme, fille d’expatriés en Asie et en Europe pendant une dizaine d’années, elle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale.
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