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Christophe Frassa : « Les Français de l'étranger sont des Français à part entière »

Par Damien Bouhours | Publié le 13/09/2021 à 18:00 | Mis à jour le 15/09/2021 à 15:18
Christophe Frassa, candidat aux Sénatoriales

Le sénateur Christophe Frassa nous présente sa liste #FrançaisAPartEntière pour les prochaines Sénatoriales. Le sénateur Les Républicains revient sur ses plus belles réussites lors de son mandat et sur sa volonté d’une reconnaissance des Français de l’étranger au niveau national.

 

Il y a eu un rééquilibrage des présences politiques à travers le globe

 

Quel bilan tirez-vous des dernières élections consulaires ?

La République en Marche, nouvel acteur de ces élections, arrivait avec la force du parti présidentiel et a fait de bons scores en Europe. Le parti a tout de même subi les conséquences à la fois de la gestion de la crise sanitaire, des motifs impérieux et de la vaccination. Cela s’est ressent aussi dans ses scores en dehors de l'espace européen. En Amérique latine, il n’y a pas eu le moindre élu pour LREM.

 

Même si Les Républicains ont perdu des circonscriptions en Europe, nous en avons récupéré à d’autres endroits. Il y a eu finalement un rééquilibrage des présences politiques à travers le globe, ce qui nous permet de passer sereinement aux étapes suivantes.

 

Ce n’est pas une affaire de technologie mais de pédagogie

 

Qu’est-ce que vous avez pensé de la mobilisation lors de ces élections ?

La mobilisation reste un crève cœur. On peut mettre les chiffres de participation sur le dos des bureaux de vote qui étaient en nombre moindre ou d’un système de vote électronique complexe. J’avais plaidé pour avoir un portail dédié au vote et qui ne soit pas abrité au sein de la plateforme du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui peut subir des cyberattaques.

 

Mais je pense que la clé de la participation réside dans la communication autour de ces élections. Il faut sans cesse marteler que ce sont des élections importantes car ce sont celles qui donnent aux Français de l’étranger leurs élus locaux et que la participation leur confère leur légitimité. Ce n’est donc pas une affaire de technologie mais de pédagogie.

 

Nous avons fait une proposition de loi globale, la première du genre

 

A l’aube des prochaines élections sénatoriales, quelles sont vos plus belles réussites lors de ce mandat ? 

Notre plus belle réussite est d’avoir fait passer la proposition de loi relative aux Français établis hors de France, dite Retailleau, qui a réussi à obtenir l'assentiment de tous les bancs, de tous les groupes. Nous avons fait une proposition de loi globale, la première du genre, puisque nous avons essayé d’embrasser tous les thèmes remontés du terrain sur aussi bien l’exercice du mandat, l’enseignement, les actes notariés ou encore la sécurité.

 

La proposition de la création d’un fonds d’urgence a également été une évidence dès que nous avons été alertés par nos collègues élus en Asie. Il manquait le déclenchement d’un mécanisme d’aide en cas de crise, qu’elle soit politique, sanitaire ou écologique. On l’a vu avec ce qui a été mis en place par le gouvernement. Les sommes à disposition n’étaient débloquées qu’après un parcours administratif fastidieux, voire inquisitoriale. Nous espérons faire aboutir cette proposition de loi, qui n’est pas un totem politique mais bien une question de bon sens. Je crois que les Français attendent de la France qu’elle puisse se doter d’un mécanisme de réponse rapide.

 

Les Français de l’étranger méritent le même traitement

 

Pourquoi avez-vous choisi de nommer votre liste #FrançaisAPartEntière ?

Nous avons trouvé ce nom de liste pour que les Français de l'étranger soient traités comme des Français à part entière, c'est à dire des Français pour lesquels la réponse est la même sans se soucier du fait qu'ils sont à l’étranger. Les Français de l’étranger méritent le même traitement car la France leur demande quelque fois les mêmes devoirs. Les Français de l’étranger ont des attentes spécifiques et l’Etat doit être présent pour eux, ni plus ni moins que pour n’importe quel autre Français. Nous ne voulons plus que les Français de l’étranger soient traités comme des citoyens de seconde zone. Ils ne demandent pas de l’assistanat, mais de la reconnaissance. C’est là le sens du combat que nous avons mené et que nous continuerons à mener.

 

J’avais à coeur d’avoir une liste sur laquelle ne figurent que des élus, nouveaux ou réélus, de tous les continents

 

Présentez-nous votre liste #FrançaisAPartEntière, Ensemble, la Droite, le Centre et les Indépendants pour les Français de l’étranger ?

Nous repartons avec Jacky Deromedi comme en 2014, après avoir travaillé 7 ans de ce mandat prolongé, main dans la main, sur de nombreux sujets. J’avais également à coeur d’avoir une liste sur laquelle ne figurent que des élus, nouveaux ou réélus, de tous les continents. Nous avons également ouvert notre liste au-delà des Républicains avec des élus du centre et des indépendants.

 

Nous avons ainsi en troisième position Laurent Rigaud, que je connais depuis de nombreuses années et qui est Président du Conseil consulaire de Dubaï et Conseiller des Français de l’étranger aux Emirats Arabes Unis et Oman. Nous avons ensuite Valérie Beilvert, nouvelle élue sans étiquette au Mali et qui connait très bien les questions de sécurité. Patrick Pagni est Conseiller des Français de l’étranger aux Etats-Unis (New York), depuis 2014 et est président d’une société chargée de la distribution d’actifs financiers. Liliane Chosserie est une nouvelle élue au Vénézuela où elle est très impliquée depuis des années dans l’action sociale et la bienfaisance. Max Georgandelis est Conseiller des Français de l’étranger au Maroc depuis 2014 et est une figure emblématique de la communauté française à Marrakech. Enfin, Jeanne Dubard est présidente du Conseil consulaire de Budapest et Conseillère des Français de l’étranger en Hongrie. Elle est la présidente de la Commission des lois de l’Assemblée des Français de l’étranger, une commission que je connais bien.

 

Nous ne pouvons pas voir les systèmes de sécurité uniquement à travers le prisme de pays jugés à risques

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes réélu ? 

Nos thématiques sont celles sur lesquelles nous nous battons déjà. Pour ce qui est de la fiscalité, nous trouvons injuste que la résidence que possède un Français de l’étranger en France soit considérée comme une résidence secondaire. Pendant la crise sanitaire, de nombreux Français ont dû revenir brutalement en France. Peu importe la nature du bien qu’ils possèdent, il ne s’agit pas d’une résidence secondaire mais bien d’une résidence de repli pour nos compatriotes. La plupart des Français n’ont pas les moyens d’entretenir un domicile en France avec la fiscalité qui s’applique à une résidence secondaire. Nous souhaitons donc faire aboutir cette notion de résidence unique.

 

Pour ce qui est de la sécurité de nos compatriotes, nous ne pouvons plus considérer aujourd’hui qu’il n’y ait pas de pays sans menace, quelle qu’elle soit. Nous l’avons vu cet été en Allemagne et en Belgique, nous ne sommes pas à l’abri d’une catastrophe naturelle. Il est nécessaire d’avoir aujourd’hui un réseau d’ilotage global pour avoir une connaissance de toute la communauté française et leurs besoins en cas de catastrophes, de pandémies, etc. Il nous faut pouvoir joindre facilement les personnes les plus fragilisées. Cela passe également par une formation continue de ces chefs d’ilots et ilotiers. Nous ne pouvons pas voir les systèmes de sécurité uniquement à travers le prisme de pays jugés à risques. La menace est partout.

 

Nous souhaitons également améliorer les missions des conseillers des Français de l’étranger. Les prérogatives des élus ont été améliorées par la loi Engagement et Proximité mais ils doivent aussi avoir accès à des formations. Beaucoup d’élus sont là aujourd’hui pour palier à une administration consulaire qui a été attaquée jusqu’à la moelle. Les conseillers sont sollicités sur des tas de questions et ils doivent pouvoir apporter des réponses. Nous plaidons aussi pour qu’ils soient habilités à valider les certificats de vie. Nous souhaitons bien entendu que cette charge accrue dans leurs missions soit compensée par des indemnités doublées.

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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