Cécilia Gondard : « En votant pour moi, les Français savent que leur voix compte »

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 30/05/2022 à 16:32 | Mis à jour le 30/05/2022 à 16:43
Cécilia Gondard : « En votant pour moi, les Français savent que leur voix compte »

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne, 5 et 19 juin 2022 dans les urnes), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger.
Cécilia Gondard, candidate à la 4ème circonscription pour la Nouvelle Alliance Populaire Écologique et Sociale (NUPES) a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Ancienne étudiante aux pays Bas, installée en Belgique depuis 15 ans et élue de terrain depuis 2014, je me présente pour plusieurs raisons. D’abord, après 5 ans de politique de casse du service public (le consulat est injoignable, suppression d’agences consulaires à Mouscron, suppression de tournées consulaires, impossibilité de prendre rendez vous rapidement au consulat), de privatisation du réseau d’enseignement, d’abandon des réseaux culturels… il est temps de changer de majorité à l’Assemblée nationale. Ensuite, beaucoup de Français se sont sentis délaissés par le député et le gouvernement : les familles d’enfants et d’adultes en situation de handicap, les frontaliers qui sont fiscalisés en France et dont la réforme a été votée par les députés de l’étranger, les fonctionnaires détachés qui font grève… la liste est longue, mais il est temps de porter leurs combats à l’Assemblée nationale, et je le ferai. Cela implique aussi d’être à leur côté pendant tout le mandat, de répondre à leurs emails, de lancer des consultations avant de prendre des décisions. Enfin, je ne cache pas mon ambition pour une autre Europe, plus solidaire, plus audacieuse sur la reconnaissance des diplômes, des carrières internationales, des retraites pleines et entières… la gauche est au pouvoir en Scandinavie, en Allemagne, en Belgique, sur toute la péninsule ibérique : si nous réussissons la bascule en France, nous aurons le premier couple franco-allemand de gauche et pourrons enfin faire avancer l’Europe sociale et des citoyens ! Pour toutes ces raisons, je suis candidate aux élections législatives pour représenter les Français du Benelux !

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

J’habite en Belgique depuis 15 ans et j’ai effectué mon année Erasmus à Nijmegen, aux Pays-Bas. Je passe chaque année par le Luxembourg quand je reviens en Alsace où j’ai de la famille. 

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

Je suis également élue pour les Français en Belgique depuis 2014, et Catherine Libeaut, qui est suppléante, occupe la même fonction aux Pays-Bas. Je siège également au sein du groupe d’union de la gauche et des écologistes à l’Assemblée des Français de l’étranger, où j’ai présidé la commission des finances et du budget.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Le député détient des compétences diverses : il vote la loi, peut déposer des amendements et des propositions de loi. Les députés ont un rôle de contrôle du gouvernement, notamment par les motions de censure, la saisine du Conseil constitutionnel. La majorité actuelle, en votant tout ce que le gouvernement proposait sans se poser de question, a ,de mon point de vue, failli à son devoir. Les députés peuvent saisir le Conseil constitutionnel pour qu’il se prononce sur la conformité du texte voté à la Constitution. Par exemple, les membres du Conseil ont jugé « contraire à la Constitution » plusieurs articles de la loi “sécurité globale”, votée entre autres par le député sortant PA Anglade, et notamment celui qui visait à empêcher la diffusion d’images de forces de l’ordre en opération, qui entravait le travail des journalistes. Enfin, il doit être présent auprès des Français de sa circonscription.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Je suis soutenue par tous les conseillers des Français de l’étranger du Benelux de gauche et écologistes - Alexandre Chateau-Ducos (EELV) au Luxembourg, Catherine Libeaut (EELV) et Pierre Lavéant (LFI) aux Pays Bas, Bertrand Wert et Léa Charlet (EELV) en Belgique. 

Je suis également soutenue par de nombreuses personnalités écologistes, du Parti socialiste et Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP) à travers la circonscription. Pour construire une Europe sociale et être à la hauteur de nos ambitions en la matière, nous devons absolument construire des alliances fortes avec les autres gouvernements de gauche en Europe. Avec un premier ministre SPD en Allemagne, nous avons l’espoir d’un couple franco-allemand de gauche qui, avec nos partenaires du Nord de l’Europe et de la péninsule ibérique, peuvent changer la donne. À nous de donner cette majorité progressiste à l’Europe !

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élue ?

Le premier défi est de ne laisser aucun∙e Français∙e de côté. Pour cela, il faut de toute urgence:

  • Rétablir des services publics de proximité : tournées consulaires, bureaux de vote.
  • Dire NON au tout numérique : réintégrer l’accueil téléphonique et réduire les délais de prise de rendez-vous.
  • Sensibiliser à l’écologie à travers des campagnes transgénérationnelles.
  • Informer sur les dispositifs nationaux de lutte contre les violences faites aux femmes.
  • Mieux reconnaître les enfants nés de PMA, le mariage pour tous, les couples non-mariés
  • Suspendre le moratoire sur l’accueil des adultes handicapés français en Belgique, et créer suffisamment de places d’accueil en France, financer les transports quotidiens.
  • Instaurer une carte européenne de handicap avec la France et les pays du Benelux.
  • Défendre le réseau d'enseignement français à l'étranger dans sa mission de service public.
  • Sauver les alliances françaises et soutenir tous les acteurs associatifs, privés et publics, œuvrant pour la culture française et la francophonie.

Le deuxième défi est de garantir un avenir à tous les jeunes qui sont en mobilité ou souhaitent rentrer en France. Nous proposons ainsi de travailler les axes de travail suivants:

  • Supprimer Parcoursup, qui discrimine tous les lycéen-nes de l’étranger
  • Reconnaître tous les diplômes Benelux-France
  • Développer les programmes Français Langue Maternelle et la certification DELF- diplôme d’études en langue française - Primaire et Scolaire aux Pays-Bas
  • Endiguer les hausses de frais de scolarité et élargir la gratuité, prioriser l'enseignement à but non lucratif, protéger les statuts des professeurs
  • Lutter contre la précarité étudiante : des bourses françaises à défaut de bourses locales!

La justice sociale pour les travailleurs et les retraités !

  • Respecter et revoir le calcul des droits à la retraite et supprimer les certificats de vie
  • Fiscaliser les retraites françaises en France
  • Télétravail: augmenter le  nombre de jours à 50, lancer une grande enquête sur les pratiques post covid pour adapter les règles aux pratiques post-covid et réduire la mobilité journalière qui pollue et affecte le bien-être des travailleurs frontaliers
  • Halte aux discriminations contre les frontaliers : CAF, fiscalité, mobilité…
  • Lutter contre l’évasion fiscale et la double-imposition et favoriser la progressivité de l’impôt
  • Respecter les fonctionnaires et recrutés locaux : revenir sur la suppression du corps diplomatique, titulariser le personnel précaire, renforcer les moyens humains pour mieux servir nos concitoyens

Deux élues de terrain : le choix de l’ancrage local ! 

Une députée de terrain ce sera :

  • des réunions mensuelles avec les élus et communautés françaises du Benelux
  • de vraies consultations citoyennes suivies d’actions
  • une permanence d’élue à votre écoute

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

Je pense que si vous ne voulez pas être déconnecté des préoccupations de vos concitoyens, vous devez être sur le terrain, aller à leur rencontre, ne pas avoir peur du débat et les consulter. L’arrogance de LREM, qui ne rencontre nos concitoyens qu’en campagne, est perçue très difficilement par nos concitoyens du Benelux. Beaucoup ont le sentiment d’être abandonnés par les services publics français et par leur député. 

Le député sortant a voté la réforme fiscale pour les Français de l’étranger, qui allait basculer l’imposition des frontaliers à un régime par défaut de 20% dès le premier euro. C’est plonger dans la misère tous ceux qui gagnent le salaire minimum ou des salaires moyens sur la zone frontalière. C’est parce que nous nous sommes mobilisés à l’Assemblée des français de l’étranger sans relâche que le gouvernement à fini par revenir sur cette réforme. Pour nous assurer qu’elle ne reviendra, il faut voter pour une majorité de gauche à l’Assemblée nationale le 5 juin. 

Il est également temps de mieux travailler les réseaux européens à Bruxelles: certaines représentations permanentes sont en contact régulier avec tous leurs ressortissants travaillant dans les institutions européennes et internationales. Si nous voulons construire une Europe sociale et refaire de la France un véritable moteur de la construction européenne, nous devons revoir notre stratégie de soutien de nos forces vives à l’étranger. 

Le député sortant a voté ces budgets qui ont mis à mal les services publics au Benelux : suppression de l’agence consulaire de Mouscron, suppression de permanences du consulat en Flandres et en Wallonie, en particulier à Arlon, suppression de 10% du personnel de la section consulaire du Luxembourg, délais interminables pour le renouvellement de passeport et de carte d’identité aux Pays Bas et en Belgique… Ces coupes budgétaires, cette réduction des effectifs, cette précarisation des personnels… a mené aux grèves des lycées français et du Quai d’Orsay. C’est tout le rayonnement de la diplomatie française qui est également en jeu dans le renforcement du Ministère des Affaires et étrangères et de l’Europe. 

Tout est à reconstruire après 5 années de macronisme. Je sais que beaucoup de Français ne veulent plus se rendre aux urnes car ils se sentent délaissés par la France. Mais je voudrais leur dire qu’en votant pour moi, ils savent que leur voix compte. Et que je m’assurerai qu’elle compte pour les 5 années à venir. La Nouvelle Alliance Populaire Écologique et Sociale porte en elle l’espoir du changement. Je compte sur eux le 5 juin, ils pourront compter sur moi pour les 5 prochaines années.

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