Chaque année, des milliers de personnes disparaissent en France. Si la plupart des cas se résolvent rapidement, certains plongent les familles dans une attente interminable, notamment lorsque la disparition survient à l’étranger. Face à ces situations souvent complexes, l’association Assistance et Recherche de Personnes Disparues (ARPD) accompagne les proches et tente de retrouver la trace de ces absents aux quatre coins du monde.


La disparition d’un proche reste une réalité difficile à quantifier précisément. En France, des dizaines de milliers de signalements sont enregistrés chaque année par les forces de l’ordre. En mars 2026, près de 1.000 personnes seraient encore en situation de disparition, selon le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. En 2024, plus de 38.000 mineurs ont été signalés disparus, soit plus d’une centaine par jour. La majorité de ces situations concernent des fugues et se résolvent rapidement.
Mais certaines affaires s’inscrivent dans la durée. Les causes peuvent être multiples : accident lors d’un voyage, troubles psychologiques, conflits familiaux ou encore départ volontaire. Selon plusieurs estimations, entre 4.000 et 5.000 personnes quittent chaque année la France sans laisser d’adresse, un phénomène difficile à mesurer mais bien réel.
Quand une disparition a lieu à l’étranger, les démarches sont souvent plus compliquées pour les familles, qui doivent faire face à des procédures différentes selon les pays. Par exemple, dans certains pays la déclaration se fait auprès d’une police nationale unique, comme au Japon, dans d'autres la disparition est d’abord signalée à la police de l’État ou du territoire concerné. Une fois reçue, la déclaration est publiée d’autres un système fédéré ou par État, comme c’est le cas en Australie.
Si vous souhaitez déclarer une disparition, et que la personne disparue est de nationalité française, il est possible de contacter le Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères : Centre de crise et de soutien qui se situe au 37 quai d'Orsay - 75700 Paris SP .Leur numéro de téléphone est +33 (0)1 53 59 11 00 (le service est disponible 24h/24 et 7j/7).
Des histoires suspendues à travers le monde
Derrière les statistiques se cachent des trajectoires individuelles et des familles plongées dans l’incertitude. Au printemps 2025, Lola Mathelet, une jeune femme de 23 ans disparaît lors d’un trek sur le mont Cvrsnica, en Bosnie. Malgré les recherches menées par les équipes de secours locales, aucune trace de la femme n’a été retrouvée. Depuis, l’ARPD a dirigé Monsieur Mathelet vers un avocat spécialisé dans les disparitions, puis a diffusé et contacté plusieurs réseaux sociaux pour faire connaître cette disparition. L’affaire est aujourd’hui suivie par la justice bosniaque et française.
Lors d’un voyage en Italie, le Français de 43 ans, Mickaël Steri, 43 ans, n’a plus donné de nouvelles depuis 2023. Fragile psychologiquement et sans traitement médical, dernièrement il aurait été aperçu à Rome. Les recherches se poursuivent notamment auprès de centres pour sans-abri et d’hôpitaux psychiatriques. L’association avait diffusé ce cas sur les réseaux sociaux afin que sa famille puisse le retrouver.
Certaines disparitions restent encore plus mystérieuses. C’est le cas d’Edmée, installée au Canada depuis plus de dix ans, qui a cessé brutalement de donner des nouvelles à sa famille en 2023. Cette disparition est considérée comme complexe, suite aux ouï-dire de la part de l’ami d’un ami qui dit qu’elle va bien. Cependant, toujours aucune nouvelle de la femme.
Un autre cas, un jeune homme de 26 ans, nommé Florian Second, 26 ans, s’est volatilisé en septembre 2025 sur les îles de Gili, en Indonésie. Malgré les multiples appels à témoins, via les articles de journaux, les diffusions médiatiques et les réseaux sociaux, aucune piste sérieuse n’a pour l’instant émergé. Plusieurs pistes sont envisagées pour justifier cette disparition : départ volontaire, sucide ou encore homicide. Dans chacun de ces dossiers, les familles vivent avec la même question : que s’est-il passé ?
Tiphaine Véron au Japon, “l’ambassade, cruciale dans les disparitions à l’étranger"
Certaines disparitions deviennent emblématiques et montrent la longueur des recherches. C’est le cas de Tiphaine Véron, disparue au Japon en 2018 alors qu’elle voyageait seule. Depuis plus de sept ans, sa famille poursuit inlassablement les démarches pour tenter de comprendre ce qui lui est arrivé. La famille de Tiphaine Véron a présenté en janvier 2026 à l'Élysée, une pétition. Elle vise à demander à Tokyo de relancer l'enquête, au point mort actuellement. Prochainement, le frère de la disparue, Damien Véron sera reçu à l’Élysée le 20 mars 2026, par les conseillers du Président de la République.
L’ARPD, un réseau pour accompagner les proches
Face à ces situations, l’association Assistance et Recherche de Personnes Disparues (ARPD) intervient depuis plus de vingt ans pour aider les familles. Créée en 2003 et reconnue d’intérêt général, l’organisation s’appuie aujourd’hui sur un réseau d’environ 900 bénévoles répartis dans le monde. L’association dispose de délégations régionales et d’antennes départementales qui permettent de diffuser rapidement les avis de recherche et d’effectuer des investigations de proximité.

« Le premier objectif est d’apporter un soutien psychologique aux familles »
L’association dispose également d’une cellule internationale, composée de Français installés dans différents pays, notamment aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Espagne ou encore en Suisse. Ce réseau permet de relayer les recherches à l’étranger et de soutenir les familles dans leurs démarches administratives ou juridiques.
Au-delà des recherches, l’association joue surtout un rôle humain. « Le premier objectif est d’apporter un soutien psychologique aux familles », nous explique l’organisation. Dans ces situations, l’attente et l’incertitude peuvent être particulièrement difficiles à vivre.
Disparition des deux randonneuses françaises de Sikinos : l’enquête relancée
Si vous disposez d’informations pouvant aider dans l’une de ces recherches, vous pouvez contacter l’association ARPD ( via leur numéro de téléphone +33 7 84 52 58 20 ou par mail international@arpd.fr). Si vous souhaitez rejoindre l’association en tant que bénévole/enquêteur/membre associé, vous pouvez faire la demande, en passant par le formulaire d’adhésion. Ils sont également joignable via leur réseaux sociaux. Si vous souhaitez déposer une demande de recherche d’un proche disparu, vous pouvez remplir la demande de dossier de recherche ici.
Toutes les disparitions ne relèvent cependant pas toutes d’un drame. Certaines personnes choisissent volontairement de couper les liens avec leur entourage pour changer de vie.
Dans ces situations, l’ARPD applique une règle stricte : respecter le droit de chacun à disparaître volontairement. Si la personne est retrouvée et ne souhaite pas reprendre contact avec sa famille, aucune information sur son lieu de vie ou sa situation personnelle n’est communiquée. Les proches sont simplement informés que la personne est en vie.
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