The Line : un projet fou en Arabie Saoudite, une ville miroir linéaire sur 170 km !

Par Damien Bouhours | Publié le 27/07/2022 à 17:50 | Mis à jour le 29/07/2022 à 04:59
Photo : Image extraite de la vidéo de présentation de The Line à Neom en Arabie saoudite
the line à Neom en Arabie saoudite

Dystopie ou ville du futur ? Le projet The Line, pensé par l’Arabie Saoudite, veut « révolutionner la civilisation » avec une ville linéaire de 170km de long, en plein désert, sur trois niveaux et sans empreinte carbone. Science-fiction ou coup de génie ?

 

Le projet semble tellement fou qu’à première vue, on pense à la bande-annonce d’un film hollywoodien. Pourtant, rien de plus sérieux. Le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, a dévoilé lundi soir la vidéo de présentation de The Line, un projet de plusieurs centaines de milliards de dollars.

 

 

Qu’est-ce que The Line, la ville linéaire ?

La vidéo de présentation résume le but de The Line en ces quelques mots : « révolutionner la civilisation ». Rien que ça. Repenser la ville de demain passera donc par la création d’un complexe linéaire de 170 km de long, de 500 mètres de hauteur et de 200 mètres de large. Les murs recouverts de miroirs le rendront invisible à la nature environnante. Le projet Neom doit être complètement autosuffisant en énergie avec une ventilation naturelle, des énergies renouvelables mais aussi la création de la plus grande usine d’hydrogène vert du monde.

 

Plutôt que de s’étendre sur la nature, l’idée est de construire la ville sur trois niveaux : les écoles, les parcs, les maisons ou encore les services seront superposés sur un modèle d’ « urbanisme à gravité zéro ». Tous les besoins quotidiens seront disponibles à 5 minutes à pied, plus besoin donc de voitures dans la ville de demain. Un train à grande vitesse permettra de parcourir Neom, la nouvelle mégalopole saoudienne, de bout en bout en 20 minutes.

 

The Line en Arabie Saoudite, projet de ville du futur
Image extraite de la vidéo de présentation de The Line à Neom en Arabie saoudite

 

Est-ce que The Line est vraiment réaliste ?

Ce projet saoudien s’inscrit dans la lignée d’autres projets d’urbanisme qui souhaitent imaginer la ville du futur. The Line veut répondre à l’urgence écologique mais aussi (et surtout) au boom démographique envisagé par l’Arabie Saoudite. Le prince héritier vise 1,2 million d’habitants à Neom d’ici 2030 et même 9 millions en 2045 ! MBS veut faire de l’Arabie Saoudite une puissance incontournable dans la région. « C’est l’intérêt principal de la construction de Neom : augmenter la capacité (démographique, ndlr) de l’Arabie saoudite […]. Et puisque nous le faisons à partir de zéro, pourquoi copier les villes normales ? », a déclaré Mohammed ben Salmane. Le pays est d’ailleurs prêt à accueillir 70 millions d’expatriés d’ici 2040.

 

 

the line à Neom en Arabie saoudite
Image extraite de la vidéo de présentation de The Line à Neom en Arabie saoudite

 

Opération séduction pour l’Arabie Saoudite

Si de nombreux experts internationaux ont participé à ce projet inédit, la question de sa faisabilité est plutôt d’ordre financier. La première phase, qui doit se terminer en 2030, coûterait déjà 1200 milliards de riyals saoudiens (soit 313 milliards d’euros). Le gouvernement saoudien devrait mettre la main à la poche mais l’appui du secteur privé et d’une entrée en bourse en 2024 seront primordiaux à la réalisation du projet. L’Arabie Saoudite fait les yeux doux aux investisseurs, mais les scandales la rattrapent. Entre respect des droits de l’Homme bafoués, des tribus locales déplacées de force ou encore l’assassinat d’un activiste en juillet 2020, l’Arabie Saoudite fait face aux critiques et s’arme donc en conséquence. Le prince héritier a ainsi engagé la société de lobbying, Ruder Finn, pour un montant de 1,7 million de dollars.

Seriez-vous prêt.e à vivre dans The Line, en Arabie saoudite ?
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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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