Gwénaël Breton, l’ex-militaire qui parcourt le monde au soutien des blessés de guerre premium

Par Maël Narpon | Publié le 14/06/2022 à 18:00 | Mis à jour le 14/06/2022 à 18:23
L'ex-militaire Gwénaël Breton au cours de son tour du monde à vélo au soutien des blessés de guerre

Prendre son courage à deux mains pour se lancer dans un tour du monde représente un grand défi, et certains n’hésitent à l’épicer plus encore. Gwénaël Breton, ancien militaire et fondateur de l’association Rien que du bonheur s’est lancé corps et âme dans cette aventure… à vélo.

 

L’ancien militaire Gwénaël Breton a entamé un tour du monde à vélo au début de l’année 2021, en partant de Bayonne. Une aventure qui n’était pas censée durer si longtemps, mais que cet ancien membre des forces spéciales ne compte pas laisser tomber. Victime d’une blessure militaire en 2012, faisant de lui une gueule cassée, il se retire du service actif en 2020 pour préparer son tour du monde, après 22 ans de service. Ce projet, intitulé « Garder le cap », a pour ambition de créer un mouvement international de solidarité envers les blessés de guerre à travers le monde. C’est en tant que membre de l’association Gueules Cassées et au nom de sa propre association Rien que du bonheur, qu’il a entrepris ce voyage qui le place comme un véritable aventurier des temps modernes.

 

Par cette initiative, il cherche ainsi à soutenir les blessés de guerre en réalisant des défis sportifs et montrer à tout un chacun qu’il est possible d’atteindre le dépassement de soi. A présent rendu en Corée du sud, d’où il va prochainement se lancer à la conquête du Pacifique Nord, Gwénaël Breton a pris le temps de répondre à nos questions avec toute l’humanité qui le caractérise.

 

Le tour du monde de Gwénaël sur la carte

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre ce tour du monde ? 


Faire un tour du monde est, je pense, le rêve de beaucoup de monde. C’était le mien !
 A la suite de très nombreuses blessures, tant professionnelles que personnelles, tant physiques que psychologiques, j’ai pleinement pris conscience que la vie est beaucoup trop importante pour être insignifiante. Alors, même si ce n’est pas facile, j’ai décidé de tout quitter pour oser vivre et partager cette aventure.

 

Je souhaite promouvoir nos belles valeurs de cœur, d'entraide et de solidarité par l’action, au service des blessés pour tenter de les inspirer à s’accrocher à leurs rêves

Pourquoi avez-vous fondé l’association Rien que du bonheur et quelle est sa mission ?

Gueule Cassée depuis 2012, j’ai fondé l’association Rien que du bonheur en 2015 pour supporter les aventures que j’ai rêvées, imaginées, construites et menées jusqu’à leur terme avec l’unique but de les partager pour inspirer et motiver d’autres blessés à se joindre à moi dans cet élan bienfaiteur de résilience. Aujourd’hui, dans la réalisation de ce tour du monde très engagé, je souhaite « Garder le cap » et promouvoir nos belles valeurs de cœur, d’entraide et de solidarité, par l’action, au service des blessés pour tenter de les inspirer à s’accrocher à leurs rêves.

 

Comment continue à vivre l’association en votre absence ?


Avec les Vétérans et Blessés des Forces Spéciales de la Région Pays basque, l’association Rien que du bonheur continue de se développer et nous souhaitons acquérir un domaine à Bayonne. Ce sera une sorte de « Sas de décompression & Base opérationnelle » où nous pourrons accueillir nos futurs blessés et leurs familles pour nous préparer efficacement, tous ensemble, à vivre et à partager, riche de nos expériences, nos plus belles et grandes aventures à venir pour notre bonheur à tous. Il y a du boulot pour atteindre cet objectif et cela relève d’un rêve tout aussi extraordinaire que ce tour du monde, mais pourquoi pas ?

 

Cet élan de solidarité aura sans aucun doute réchauffé les cœurs et redonné la foi en l’humanité

Voilà maintenant plus d’un an que vous êtes parti, que retirez-vous de votre aventure jusqu’ici ?


Cette aventure, pleine de rebondissements, dure beaucoup plus longtemps que prévu car il n’a pas été simple de progresser avec la crise sanitaire suivie de cette guerre qui impactera le monde tout entier. Force d’adaptation permanente, j’en retire une certaine satisfaction personnelle de ne pas avoir abandonné et d’avoir « Garder le cap » tout en surmontant toutes les difficultés rencontrées grâce à de très nombreuses personnes sensibles à cette démarche. Elles m’ont encouragé à distance ou aidé sur ce chemin de vie que j’ai volontairement souhaité très difficile en comparaison du parcours d’un blessé. Cet élan de solidarité aura sans aucun doute réchauffé les cœurs et redonné la foi en l’humanité.

 

Gwénaël Breton fais des rencontres inoubliables au cours de son tour du monde

 

A quoi ressemble une journée type, si tant est qu’il y en ait ?


Effectivement, il n’y avait pas de journée type, car, dans mon aventure, je ne me suis fixé qu’une seule règle : c’est de ne pas m’en fixer. Alors, chaque jour, je suis parti vers une destination totalement inconnue provoquant ainsi les belles surprises et les belles rencontres très souvent survenues lors d’une situation où je me trouvais en difficulté. Mon vélo « unique au monde » m’aura permis d’être totalement autonome sur mes plus longs tronçons.

 

Quelles anecdotes de voyage pouvez-vous partager avec nous ? 


Traverser intégralement la petite Sibérie sur 10.000 km avec mon vélo électrique solaire qui se transforme en lit et pesant plus de 120kg avec des températures allant parfois jusqu’à -32° fut, peut-être, la décision la plus audacieuse que j’ai prise pour tenter de rallier le Pacifique Nord. Pour l’anecdote, je ne pensais pas que cela était possible, mais avec cette concentration extrême pour ne pas dévier sur ces routes verglacées, j’ai un œil qui a gelé. Des anecdotes, je vous laisse imaginer que j’en ai des milliers, de quoi écrire un livre…

 

Le bateau de Gwénaël Bretonqui lui servira à traverser le Pacifique Nord

 

Où en êtes-vous à l’heure actuelle et qu’est-ce qui vous attend ensuite ?


Aujourd’hui, je me trouve en Corée du sud, à Busan, et je me prépare à traverser le Pacifique Nord sur « Pégasus » mon bateau à rame, en autonomie totale, sans escale ni assistance pendant 4 ou 5 mois en solitaire sur les 10.000 km qui rallient San Francisco, aux Etats-Unis.

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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