Mercredi 30 septembre 2020
Édition Internationale
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Thibaut Ternynck, une carrière dans la finance en Amérique latine

Par SKEMA Alumni | Publié le 12/08/2020 à 18:00 | Mis à jour le 12/08/2020 à 18:00
Thibaut Ternynck skema

C’est lors d’un échange académique à Singapour, alors qu’il étudiait à Skema Business School, que Thibaut Ternynck découvre le bonheur de la vie à l’étranger. Sa carrière dans la finance l’amène ensuite à s’expatrier en Suisse, au Mexique et au Brésil. Il revient sur son parcours, les défis rencontrés au fil de sa carrière à l’étranger, et son expérience dans la célèbre business school.

 

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous présenter votre parcours académique et professionnel ? Dans quelles circonstances vous êtes-vous expatrié en Amérique latine ?

Thibaut Ternynck : Après une prépa à HEC, j’ai intégré, en 2005, le Master en e-management de Skema (qui s’appelait autrefois le CERAM Business School), avec une spécialisation en finance d’entreprise, sur le campus de Sophia Antipolis. J’y ai effectué trois ans d’études merveilleux, et j’ai eu la chance de partir en échange académique à Singapour pendant 6 mois. J’ai également réalisé un apprentissage aux Laboratoires Genevrier, une expérience qui m’a beaucoup marqué.

Six mois avant de terminer mes études, j’avais déjà signé mon premier CDI chez Deloitte, un cabinet d’audit à Paris pour de grandes multinationales de l’industrie (Lafarge, Alstom, Vinci…). J’y suis resté un an, puis je suis parti vivre en Suisse où j’avais de la famille. J’ai alors travaillé à Lausanne chez Bata Group, où j’effectuais des missions de comptabilité et finance.

C’est un grand groupe familial de vente de produits et de chaussures, fondé par la famille Bata au début du 20ème siècle et qui a la particularité d’être devenu une multinationale avant l’heure. Le groupe avait alors l’ambition de se développer dans le monde entier. Après 4 ans à Lausanne, on m’a alors proposé de travailler au sein d’une entité opérationnelle du groupe. J’ai donc été envoyé au Mexique, où il y avait un business en cours de restructuration. J’ai accompagné la recapitalisation de la boîte et de deux usines. J'étais en charge de gérer financièrement l’entreprise et de m’assurer que les financements soient alloués au bon projet.

Après 2 ans et demi, j’ai été recruté, toujours au Mexique, par le groupe italien Safilo, qui fait des montures de lunettes pour un certain nombre de grandes marques. J’étais alors Directeur financier de la succursale au Mexique pendant un an. J’ai ensuite été muté au Brésil, où l’entreprise était en cours de restructuration.

Puis nous avons finalement décidé de repartir en Suisse (ma femme étant Suissesse) afin de nous rapprocher de nos familles. Malheureusement, cela n’a pas été possible avec le groupe Safilo pour lequel je travaillais au Brésil. Je suis donc rentré il y a deux mois et j’ai depuis retrouvé un poste en tant que Chef comptable pour un géant de l’industrie allemand.

 

Il y a un lien assez fort qui nous unit tous

Pourquoi avoir choisi d’intégrer SKEMA plutôt qu’une autre business school ?

À l’époque, le CERAM (futur Skema), était une école très originale, que ce soit par rapport au campus et à son implantation dans une technopole. Le côté management et technique était aussi fortement mis en avant, ce qui la distinguait des autres business schools, aux parcours un peu plus classiques.

Alice Guilhon, Directrice de Skema Business School, a aussi une approche très innovante, avec la volonté de miser sur ce qu’on appelait « l’économie de la connaissance ». L’école défend ainsi le fait que l’économie de demain ne sera pas forcément liée à la valorisation des biens ou des services, mais à la valorisation de la connaissance. Et cela fait sens aujourd’hui car les entreprises ayant une valeur ajoutée sont celles qui s’appuient sur la connaissance avant tout. J’ai aussi bénéficié durant mon parcours de l’enseignement de professeurs très intéressants, et d’un tissu d’entreprises très large autour de l’école, et tout ça dans un cadre évidemment magnifique, à Sophia Antipolis... Je me suis aussi impliqué dans plusieurs associations étudiantes, notamment le CERAM Yachting. On organisait des sorties en régates, on participait à des compétitions étudiantes… Il y avait une vraie fraternité, autour d’une communauté très soudée et bienveillante. Il y a un lien assez fort qui nous unit tous, et on a même gardé contact jusqu’à aujourd’hui.

 

Faites-vous également partie du réseau Skema Alumni ?

Tout à fait, et j’ai gardé contact avec beaucoup d’étudiants, que ce soit au Mexique, au Brésil ou en Suisse. On avait l’habitude de se réunir régulièrement, une fois par trimestre, pour un apéro. C’était aussi une bonne occasion d’échanger les bons plans, les choses à savoir sur le pays et les entreprises à connaître. Quand je suis revenu en Suisse et que j’étais en recherche de poste, j’ai d’ailleurs contacté un ancien camarade de promotion installé à Genève, et qui travaille dans le recrutement. Il m’a pris par la main, m’a donné beaucoup de conseils et m’a mis sur des pistes de travail très intéressantes (on a retravaillé mon CV ensemble et il m’a orienté sur les points à mettre en avant). J’aurais clairement été moins visible sans son aide.

 

Cela m’a fait évoluer, j’ai moins peur, et je me sens plus bulletproof.

Comment avez-vous vécu ces différentes expatriations en Amérique latine sur le plan professionnel et humain ?

J’avais effectué une première expatriation à Singapour durant ma formation à Skema, qui m’a vraiment permis de mettre le pied à l’étrier, car je n’avais jamais voyagé très loin avant cela. Durant cette année, je me suis dit que si une opportunité se présentait à nouveau de revivre une telle expérience culturelle, je n’hésiterai pas. Et j’ai eu la chance de m’expatrier à nouveau en 2014.

Je suis parti avec mon épouse, et je pense que s’expatrier à deux a beaucoup facilité notre intégration. C’était une très belle expérience, culturellement très riche et intense. J’ai adoré découvrir et apprendre de nouvelles choses chaque jour, sur le plan humain et professionnel aussi. Après quelques mois sur place, j’ai réussi à m'inspirer des pratiques que j’observais et à proposer des choses plus complètes, en ayant à la fois une vision européenne et une connaissance du marché local.

On tire vraiment une grande énergie et une force de ces pays d’Amérique latine, où les gens sont très optimistes de nature, et apprennent à faire fi des difficultés. Quand on rentre en Europe, on ramène une petite partie de cette culture avec nous. Cela m’a fait évoluer, j’ai moins peur, et je me sens plus bulletproof.

 

Auriez-vous des conseils à donner aux jeunes diplômés de SKEMA qui se lancent dans la vie active ?

Aujourd’hui, dans la jeune génération, on valorise beaucoup la multiplicité des expériences. Ce que l’on semble un peu moins valoriser toutefois, c’est que dans une entreprise, on peut vivre plusieurs expériences. C’est d’ailleurs la réflexion que j’ai eue quand j’étais chez Bata Group. J’hésitais à partir au bout de deux ans, mais j’ai finalement décidé de maintenir un peu de continuité pour bénéficier des opportunités que l’entreprise pourrait m’offrir, telles qu’une mutation à l’étranger.

La continuité, le fait de s’accrocher au sein de la même entreprise, et de prouver en interne qu’on est quelqu’un de valorisable, c’est vraiment quelque chose qui est à prendre en considération selon moi. Je conseillerais donc à un jeune diplômé de valoriser l’expérience en interne avant tout, car les entreprises apprécient vraiment ces parcours-là, en tout cas dans le domaine de la finance.

 

Interview réalisée par Soraya Benaziza

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