Mickaël Caine : « Bexpat, une vraie plateforme pour les Français de l’étranger »

Par Maël Narpon | Publié le 11/10/2022 à 18:00 | Mis à jour le 13/10/2022 à 15:34
Photo : Mickaël Caine, créateur du réseau social Bexpat, destiné aux expatriés français et francophones
Mickaël Caine, créateur du réseau social Bexpat, destiné aux expatriés français et francophones

Facebook, Instagram, Twitter… et maintenant Bexpat. Un petit nouveau a débarqué dans le secteur des réseaux sociaux, à ceci près que celui-ci s’adresse directement aux expatriés francophones. Son créateur Mickaël Caine nous présente son application née de sa propre expérience en tant qu’expatrié.

 

Bexpat est un nouveau réseau social créé par Mickaël Caine à destination des expatriés francophones, des étudiants à l’étranger et des voyageurs. Lancée officiellement en juillet 2022, l’application cumule déjà 4000 utilisateurs et se présente comme le « réseau social des expats ». Fruit d’un travail long de 17 mois, cette nouvelle plateforme connait une croissance de 20 à 50 utilisateurs par jour et son créateur, lui-même ancien expatrié, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec des fonctionnalités piochées parmi le meilleur des grands réseaux sociaux et un algorithme pensé de manière à ce que l’application ne devienne pas « une régie publicitaire », Mickaël Caine entend bien faire de Bexpat « un nouveau canal de communication ».

 

L'application Bexpat pour les expatriés français et francophones créée par Mickaël Caine

 

D’où part l’idée de créer un réseau social pour les expatriés ?

Elle part de mon expérience personnelle en 2014 lorsque je suis arrivé à Londres. J’étais d’abord venu pour 6 mois, histoire d’apprendre l’anglais. J’étais auparavant responsable commercial dans une entreprise en France et l’objectif était d’apprendre l’anglais pour travailler à l’international. J’ai rapidement été confronté à des difficultés car je ne maîtrisais pas la langue : recherche d’emploi, recherche de location, partie administrative et questions relatives à une bonne installation. J’ai créé un premier site internet en 2015 qui avait pour vocation de répondre aux dix questions relatives à une bonne installation pour les Français à Londres, de rassembler les offres d’emploi et de logement, d’être un annuaire de professionnels francophones. Nous faisions également des blogs.

 

Le site a eu son petit succès, et j’ai ensuite basculé sur l’idée d’un réseau social qui pourrait répondre à la même demande pour les Français dans le monde entier. Il y a eu une première version de l’application en 2018, qui n’était pas top. Aujourd’hui, et ce depuis janvier 2020, nous travaillons sur la nouvelle version. Nous sommes repartis à zéro, depuis une page blanche. Nous construisons un réseau social qui a pour but de connecter les acteurs de l’expatriation, les expatriés, les étudiants à l’étranger et les voyageurs.

 

Nous avons pris toutes les fonctionnalités sociales des réseaux sociaux, puis nous avons ajouté une touche « frenchy », secoué la boîte, et ça a donné Bexpat

Quel est le but de Bexpat et comment fonctionne l’application ?

Nous développons ici une application qui est entièrement gratuite pour les utilisateurs. Ces derniers ont la possibilité de créer un compte, ou une page s’il s’agit d’une personnalité, d’une entreprise ou de blogueurs par exemple. Les pages ont des fonctionnalités plus abouties que les comptes. A l’instar d’Instagram, de Facebook, de LinkedIn ou Twitter, nous avons pris toutes les fonctionnalités sociales des réseaux sociaux, puis nous avons ajouté une touche « frenchy », secoué la boîte, et ça a donné Bexpat.

 

Il est possible de partager des publications dans l’ordre chronologique pour ses abonnés, et de s’adresser à une communauté locale via un fil d’actualité par ville. Le but est de ne pas enfermer les utilisateurs dans des groupes, comme on peut le voir sur Facebook. Nous permettons aux personnes qui souhaitent partir du jour au lendemain à Londres, à Madrid, ou à Sydney, de s’adresser à une communauté locale en postant une publication dans une ville sans qu’elle n’interfère dans le fil d’actualité de leurs abonnés.

 

Vous pouvez aussi faire des rencontres sur Bexpat. Vous pouvez créer, partager ou animer des événements, et même ajouter des offres d’emploi et de logement. Vous avez accès à une carte interactive qui montre par ville et par catégorie les entreprises francophones à proximité. Sur cette plateforme, il y a donc accès à un marketplace dédié à l’expatriation. Vous pouvez y faire de la veille et suivre des comptes et des pages pour être constamment au courant de ce qu’il se passe. Qui plus est, nous avons créé un moteur de recherche natif à l’application. Les expatriés peuvent passer par Bexpat pour accéder à des articles de tout genre liés à l’expatriation.

 

L'application Bexpat pour les expatriés français et francophones créée par Mickaël Caine

 

Est-ce là l’outil que vous auriez aimé avoir en tant qu’expatrié ?

Complètement. Si j’avais eu Bexpat en 2014/2015, mon expatriation n’aurait pas été la même. Aujourd’hui, je suis déçu de Facebook et d’Instagram, ce ne sont plus les plateformes que j’ai connues par le passé, même si je n’ai que 33 ans. Dans le cas de Londres, il y a plus de 70 groupes pour les Français qui y vivent. On ne sait pas trop dans quel groupe aller, lorsque l’on pose une question on se fait souvent envoyer balader en nous disant de remonter le fil d’actualité car les questions ont déjà été posées. Normalement, on vient chercher de la bienveillance, et celle-ci n’existe plus. Aucune plateforme ne référence la mine d’or que sont les professionnels francophone à proximité. Le monde de l’expatriation est complètement mis de côté.

 

Si j’avais eu une plateforme comme Bexpat en 2014, j’aurais bien mieux vécu les premiers mois, ne serait-ce que pour casser la solitude. Je suis parti seul à Londres et j’étais obligé de me connecter à Tinder ou Happn pour faire des rencontres. Sur Bexpat, nous mélangeons les utilisateurs par localisation et ceux-ci peuvent matcher avec d’autres par centres d’intérêt. Cela m’aurait énormément aidé d’avoir une telle plateforme en tant qu’expatrié.

 

Il y a de la place pour tout le monde sur Bexpat

Ce réseau social s’adresse-t-il seulement aux expatriés français ?

L’application est destinée aux expatriés francophones mais peut s’adresser également à n’importe quel expatrié. Je suis obligé d’avoir une ligne directrice. Aujourd’hui, la première cible sont les expatriés francophones, les étudiants à l’étranger et les voyageurs. J’ai cependant vu des personnes quitter Instagram et Facebook pour télécharger Bexpat et même faire venir leurs amis dessus alors qu’ils n’ont rien à voir avec l’expatriation. Le but dans le futur sera d’ouvrir Bexpat à d’autres nationalités, sachant que l’application est déjà disponible en français et en anglais.

 

Quelle est votre ambition pour Bexpat ?

A l’heure actuelle, il y a 3 millions d’expatriés francophones dans le monde et 55 millions d’expatriés tout court. Le but est donc d’aller chercher ces 55 millions d’individus, sans parler des voyageurs et des étudiants qui partent à l’étranger, au nombre de 250.000 chaque année. Notre volonté est de réaxer sur Bexpat les acteurs de l’expatriation - tels que les plus de 400 universités francophones dans le monde - afin qu’ils partagent leurs actualités et fassent grandir leur communauté sur l’application. Il y a de la place pour tout le monde sur Bexpat.

 

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Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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