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Revenir après un PVT : alors, c’était comment l’aventure ? Deux pvtistes racontent leurs expériences

Toutes les bonnes choses ont une fin. Les visas expirent et les bagages sont étiquetés. Sacha Lancner et Mattys Bernard ont retrouvé leurs proches après leur aventure en PVT. Deux pays, deux expériences différentes, mais un point commun : ils n’ont glissé aucun regret dans leurs valises en soute.

Des buildings vu du ciel avec le coucher de soleilDes buildings vu du ciel avec le coucher de soleil
Selon son expérience, Mattys atteste que les Australiens sont « sportifs, joyeux et très ouverts d’esprit ». © Mattys Bernard
Écrit par Margaux Lamy
Publié le 29 octobre 2026

« Je commence à me dire que c’est quand même fou, ce que j’ai fait », raconte Mattys Bernard, un brin rêveur. Le jeune homme a retrouvé le domicile familial en Espagne après une année en Australie, dans le cadre d’un PVT. Deux mois se sont écoulés depuis ces retrouvailles. 

 

Français, Mattys a grandi en partie loin de son pays d’origine, ses parents ayant décidé de s’installer en Espagne il y a huit ans.

 

Après des études en audiovisuel et en journalisme, le jeune diplômé n’a pas eu envie de se jeter immédiatement dans le grand bain professionnel.

 

« Je sentais que ce n’était pas forcément le moment de me lancer en tant que journaliste. Je ne sais pas précisément si je veux en faire mon métier. C’est une question qui me torture un peu. J’ai préféré fuir mes responsabilités », plaisante-t-il.

 

« Ça a toujours été un rêve de partir en Australie »

Pourtant, des responsabilités, Mattys n’a pas pu y échapper en se lançant dans un PVT. « Je me suis renseigné et j’ai regardé plein de vidéos sur le sujet. J’ai travaillé pendant un an en saison pour financer mon voyage en Australie. J’ai fait mon visa et pris mes billets d’avion », se souvient-il.

Tout de suite, une question se pose durant l’entretien. Alors que quatorze autres destinations sont accessibles en PVT aux Français, pourquoi avoir choisi l’Australie ? 

 

 

« Je voulais savoir ce qui se passait à l’autre bout de la planète. C’est la destination la plus lointaine de l’Espagne. C’est intriguant, puis ça a toujours été un rêve de partir en Australie », répond tout naturellement Mattys Bernard.

 

Sacha Lancner, lui, « n’avait pas de raison particulière » pour partir au Canada pendant plus d’un an. « Je savais que c’était un beau pays et qu’il y a avait pleins de choses à faire. C’est tout », résume-t-il modestement. 

 

À 28 ans, cet aventurier s’est intéressé au PVT après le départ d’un cousin en Nouvelle-Zélande. « Cela m’a inspiré. J'avais besoin de voir d’autres paysages et de refaire un peu ma vie », se remémore-t-il. 

 

Il faut dire que Sacha sortait d’une longue relation amoureuse. De ses 20 à ses 27 ans, il a partagé sa vie avec la même personne. « J’étais en couple bien établi, on pensait acheter une maison et avoir un enfant. Finalement, cela n’a pas eu lieu. Aujourd’hui, je remercie l’univers tous les jours que ça ne soit pas mon cas. Pour moi, ce sont des contraintes. Pour d’autres, c’est du bonheur », explique le trentenaire.

 

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Durant son PVT, il n’a donc pas été question de couches ou de biberons, mais plutôt d’un sac à dos et de quelques bières. 

 

PVT : les souvenirs de voyage qui restent gravés

Parmi les souvenirs qui l’ont marqué, Sacha se remémore une randonnée dans l’Ouest canadien, en Alberta.

 

« J’ai failli me blesser trois fois, parce que le chemin était escarpé. C’était très compliqué et j’étais un peu perdu », raconte-t-il. 

 

La journée ne s’est pourtant pas achevée sur une mauvaise note.

 

« En rentrant, je me suis arrêté pour boire une bière et la musique “Old Man” de Neil Young s’est lancée dans le bar. En buvant ma bière, j’ai fondu en larmes. Je ne sais pas si c’était de la tristesse ou de la fatigue. C’était peut-être un peu des deux. Le soleil se couchait et les montagnes étaient derrière moi. L’image que j’en garde est vraiment très belle », confie Sacha, encore un peu ému.

 

Mattys, qui était à plus de 11 000 kilomètres de Sacha, peine à ne raconter qu’un seul souvenir de son année australienne. « On a fait des activités impressionnantes, comme un vol sur la Grande Barrière de corail. C’est quelque chose qu’on ne peut presque faire que là-bas. C’est inoubliable », relate le vingtenaire.

 

Barrière de corail en Australie
La Grande Barrière de corail s'étend sur plus de 2 300 kilomètres. © Mattys Bernard

 

Partir seul à l’étranger permet aussi de gagner en confiance

Au-delà des paysages et des expériences extraordinaires, le PVT semble leur avoir apporté quelque chose de plus durable : l’assurance.

 

Pour Mattys, cette année loin de ses repères a changé sa manière d’aborder les autres. « Avant, je n’avais pas l’impression d’avoir beaucoup de choses “signifiantes” à raconter. Je suis assez timide et réservé. Le fait d’être revenu de ce voyage et d’avoir vécu plein de choses, je me sens désormais “légitime” de parler. J'ai vécu des choses que la plupart des personnes n’expérimentent pas », confie Mattys.

 

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Les deux hommes sont unanimes pour ajouter : partir seul à l’étranger demande beaucoup de courage. 

 

« Tu dois repartir à zéro dans une ville et en plus, à l’autre bout du monde. Tu dois faire un compte bancaire, penser à ton forfait téléphonique… Il y a plein de choses qu’on ne t’a pas forcément apprises quand tu étais jeune. On a beaucoup de choses à penser », se remémore le jeune homme. Les responsabilités, oui, c’est certain, Mattys en a bien eu. 

 

 

« Je me suis dit que si j’étais capable de faire ce voyage, alors j’étais capable de plein d’autres choses sans problème », explique, quant à lui, Sasha.

 

Travailler pendant un PVT : est-ce difficile de trouver un emploi ?

Le PVT ne se résume pas aux paysages de carte postale. Pour financer leur quotidien et leurs découvertes, les deux voyageurs ont aussi enchaîné les emplois : service en restauration, ménage ou encore travail dans la construction. 

 

« Quand je suis parti, j’avais pour objectif de travailler au Canada. J’ai un peu de mal avec le tourisme classique. Si je voyage dans un pays, j’aime être utile. Je voulais aussi me mêler aux locaux », admet Sacha.

 

Pour les deux hommes, la facilité a été le maître mot pour décrocher des emplois. 

 

 

« J’avais des contacts, et ça m’a beaucoup aidé. Je n’ai déposé aucun CV en main propre pendant un an. Je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. J’étais avec des amis qui, eux, avaient du mal à trouver un emploi », se rappelle Mattys.

 

 

Un homme pose devant un lit avec une serviette en forme de cygne
Mattys travaillait en tant qu’homme de ménage pendant ses jours de ferme.  © Mattys Bernard

 

Pour Sacha, la technique du CV déposé en main propre a remarquablement fonctionné : « J’avais imprimé un CV, je l’ai déposé dans un restaurant. On m’a dit “Tu es disponible ce soir ?” J’ai répondu “Oui”, et le gérant m’a dit : “D’accord, alors tu travailles ce soir.” ». 

 

Les deux hommes tiennent néanmoins à rappeler que leur expérience ne reflète pas nécessairement celle de tous les pvtistes. Si les réseaux sociaux donnent parfois l’impression qu’il suffit de traverser le monde pour trouver facilement un emploi, la réalité peut être bien différente selon les destinations, les secteurs et les situations personnelles.

 

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Un retour à la case départ ?

 

Sillonner les routes de l’Ouest canadien, aller en boîte de nuit à 22 h 30 en Australie, apprécier la « spontanéité » des Québécois ou travailler pendant six mois à Melbourne. Puis, d’un coup, il faut retrouver un quotidien plus familier. Plus de « tabarnak de caliss », plus de « can we split the bill ? » : l’aventure est terminée.

 

« Je ne voulais pas rester vivre au Canada. J’avais envie de rentrer en France. Je me sentais loin de ma famille, même si je ne suis pas quelqu’un de profondément attaché aux liens familiaux. La France me manquait et sa gastronomie aussi », témoigne Sacha.

 

Pour autant, les deux hommes ne vivent pas ce retour comme une rupture définitive et brutale avec leur vie à l’étranger. Ils envisagent de repartir en PVT dans les prochains mois. Une nouvelle perspective qui leur permet de regarder la suite avec curiosité, plutôt que de considérer leur aventure comme un chapitre définitivement refermé.

 

Un nouveau départ en Australie et en Nouvelle-Zélande

 

Mattys repart vivre en Australie pour une deuxième année, mais cette fois, il voyagera avec son petit frère. Ce dernier attend d’obtenir son visa. « En voyant à quel point j’avais apprécié mon expérience, mon frère a eu envie de faire la même chose. Comme je ne sais toujours pas encore précisément ce que je veux faire professionnellement, je préfère continuer à voyager tout en gagnant ma vie. L’Australie est un pays immense. J’aimerais profiter de cette expérience avec mon petit frère », assure-t-il.


 

Un homme pose devant un aéroport avec ses sacs
À l'aéroport, Mattys a immortalisé son dernier jour en Australie. © Mattys Bernard

 

De son côté, Sacha met le cap vers la Nouvelle-Zélande. Ce pays autorise les pvtistes français jusqu’à 30 ans inclus.

 

 

« Ce pays m’attire culturellement et les paysages me font rêver. J’ai envie de faire un “road-trip” et je pense que la Nouvelle-Zélande se prête bien à cette pratique », atteste-t-il. 

 

En attendant d'atterrir à l’aéroport d’Auckland, Sacha est actuellement intérimaire et met de l’argent de côté pour assurer son voyage.

 

 

Un mode de vie qui inspire autant qu’il peut inquiéter

À un âge où les attentes sociales poussent souvent à trouver un emploi stable, à construire sa carrière ou à se projeter dans une vie bien établie, choisir de partir en PVT peut sembler à contre-courant.

 

Pour Sacha, il ne s’agit pas de rejeter cette stabilité, mais de ne pas se précipiter. « Je ne me sens pas prêt pour l’instant. J’ai besoin d’explorer, j’ai besoin de voyager et j’ai besoin de bouger. Je ne veux surtout pas avoir de regrets plus vieux », confie-t-il.

 

 

Le québécois d’adoption conclut : « Pour moi, faire un PVT, ce n’est pas une parenthèse, c’est plutôt un tremplin pour se construire. »



 

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