Édition internationale

Cambodge : la Francophonie forme les équipes du Parlement

Au Cambodge, la Francophonie soutient des programmes de formation destinés aux équipes du Parlement via l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Objectif : renforcer les capacités institutionnelles, professionnaliser la fabrique de la loi et rapprocher les citoyens des processus décisionnels.

Cambodge - la Francophonie forme les équipes du ParlementCambodge - la Francophonie forme les équipes du Parlement
Photo Assemblée Nationale
Écrit par Raphaël FERRY
Publié le 8 avril 2026

Une coopération régionale au service des parlements d’Asie du Sud-Est

Installé à Phnom Penh, le Centre parlementaire d’Asie est une organisation indépendante créée il y a une quinzaine d’années sous le nom d’Institut parlementaire du Cambodge. Devenu régional, il accompagne aujourd’hui les parlements de l’ASEAN dans leurs activités.

Matthias Vazquez y intervient depuis un an. Il décrit une structure dédiée au renforcement des capacités institutionnelles : « L’idée est de professionnaliser les parlementaires et leurs équipes pour renforcer la fabrication de la loi, la rendre plus claire, plus efficace et plus applicable. »

L’organisation fonctionne grâce à des financements internationaux, notamment suisses et suédois par le passé, ainsi qu’au soutien actuel de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Des formations déjà engagées au Parlement cambodgien

Plusieurs sessions ont déjà été organisées à Phnom Penh, au sein de l’Assemblée nationale du Cambodge. Elles s’inscrivent dans un cycle de formation consacré à la diplomatie parlementaire.

Ces formations ont réuni principalement des agents du Parlement cambodgien, avec la participation à distance de représentants laotiens. Elles alternent apports théoriques et mises en pratique, afin de permettre une appropriation concrète des notions abordées.

« La Francophonie est à la fois un soutien et un cadre de travail. Nous intervenons en français, qui est aussi porteur d’un corpus de valeurs partagées. », précise Matthias Vazquez.

Former les équipes parlementaires sur des enjeux en évolution

Les formations s’adressent prioritairement aux fonctionnaires parlementaires, chargés d’appuyer les élus dans leur travail quotidien.

« Les parlementaires sont les décisionnaires. Nous formons leurs équipes pour les aider à préparer la décision. », explique-t-il.

La diplomatie parlementaire constitue l’un des axes centraux de ces sessions. Elle désigne les échanges entre parlementaires et vise à compléter l’action diplomatique des États.

« C’est une matière mouvante, qui n’a pas encore de cadre totalement stabilisé. », souligne Matthias Vazquez.

 

Photo Assemblée Nationale

Matthias Vazquez Photo Assemblée Nationale

Des outils concrets pour améliorer la fabrique de la loi

Au-delà des concepts, les formations portent aussi sur des aspects techniques, comme la normativité des lois, c’est-à-dire leur élaboration, leur hiérarchie et leur application.

Un autre axe concerne la modernisation des outils parlementaires, notamment numériques. Des coopérations sont en cours entre les assemblées française et cambodgienne pour développer des dispositifs de suivi des lois.

« L’objectif est de permettre un suivi en temps réel de la fabrication de la loi, des débats, des amendements, et de rendre ces informations accessibles aux citoyens. », indique-t-il.

Ces outils visent à renforcer la lisibilité et à faciliter le suivi de l’application des lois.

De nouvelles sessions prévues en 2026

Le cycle de formation doit se poursuivre dans les prochains mois. Une nouvelle session est prévue en avril 2026, avec une vingtaine de participants, cambodgiens et laotiens.

Elle devrait permettre d’évaluer les compétences acquises lors des sessions précédentes, à travers des exercices pratiques et des mises en situation.

D’autres formations pourraient être organisées dans la continuité de ce programme, en fonction des besoins identifiés et des partenariats en cours.

Vers un rapprochement entre institutions et citoyens

Au-delà de la technicité, ces programmes poursuivent un objectif plus large : renforcer le lien entre les institutions et les citoyens.

« Des institutions mieux formées permettent des lois plus accessibles et plus lisibles. Grâce aux outils numériques, nous pouvons créer une boucle entre la décision publique, son application et le retour des citoyens. », explique Matthias Vazquez.

Ce modèle, fondé sur la circulation de l’information et le suivi des politiques publiques, est présenté comme un levier de gouvernance plus participative.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos