TEST: 2248

Silapak Trotchaek Pneik: l’Art qui plaît aux yeux

Par Juliette FONTAINE | Publié le 24/02/2021 à 04:00 | Mis à jour le 24/02/2021 à 04:19
Silapak Trotchaek Pneik Galerie Art Phnom Penh

Il y a une semaine, se célébrait l’ouverture de la galerie d’art contemporain Silapak Trotchaek Pneik (STP). C’est à Yean Reaksmey, le directeur de programme, et à la passionnée d’art, le Dr Irina Chakraborty que l’on doit l’initiative de ce projet; avec le soutient de Svay Muoy, veuve de l’artiste You Khin.

 

En 2011, Yean avait co-fondé le collectif artistique, aujourd’hui disparu, Trotchaek Pneik, c’est-à-dire un regard froid. La galerie inaugurée mercredi reprend son nom en y ajoutant « silapak », art en Cambodgien. Silapak Trotchaek Pneik, littéralement l’art qui plaît aux yeux.

 

Silapak Trotchaek Pneik Galerie Art Phnom Penh
Artistes : Chim Sothy - Lotus by Mekong Rivers, à gauche 
              Chea Sereyroth- Children In Dumpsite, à droite

 

Espace d’art moderne et contemporain, le projet est avant tout une galerie d’art communautaire qui tendra vers un espace semi-commercial, primordial à la survie de l'établissement. Si ce lieu revêt une dimension particulière, c’est justement parce que son but n’est pas lucratif, sinon par nécessité, mais qu’il se destine à des fonctions éducatives. Promouvoir l’art local, partager des connaissances, transmettre aux jeunes artistes et au public, c'est la vocation de STP, un Centre engagé dans l’avenir artistique du Cambodge. La galerie se veut également la porte d’entrée des artistes cambodgiens en Asie du Sud-est. La région bouddhiste theravāda y sera mise en valeur, en recevant, si les finances le permettent, les oeuvres des artistes la représentant.

  C’est un endroit qui promeut les jeunes artistes cambodgiens en mettant à leur disposition un lieu où ils peuvent s’exprimer pleinement et exposer leur art au public. Sa fonction éducative passera, entre autres, par l’organisation d’ateliers d’écriture et de critique d’art, de conférences publiques, de tables rondes et d’expositions de collections privées. Le travail d’écriture et d’explication est considéré par Yean comme indispensable à la création d’un pont entre l'œuvre d’art et le spectateur.

 

Se définissant comme un défenseur de l’art, Yean Reaksmey, y voit une forme centrale de la liberté d’expression qui doit être protégée. Silapak Trotchaek Pneik défendra donc l’art en tant que piller du développement éducatif, social et économique. À terme, l’objectif de STP est de faire de ce lieu un Centre d’Art, concept qui doit encore se développer dans l’écosystème artistique cambodgien. Il se différencie d’un musée puisqu’il s’agit avant tout, d’un lieu d’expérimentation et de production.

 

Silapak Trotchaek Pneik Galerie Art Phnom Penh
Svay Muoy et Yean Reaksmey lors du discours d'ouverture

 

Si le projet a vu le jour, malgré le retard du à la crise sanitaire, c’est parce qu’il rend hommage au peintre et architecte cambodgien You Khin. Ce dernier est le concepteur de l’hôtel YK Art House, portant ses initiales, qui accueille la galerie comme héritage de son œuvre. C’est donc avec une pointe d’émotion que sa veuve Mme Svay Muoy, dont on fêtait l’anniversaire ce mercredi, était présente lors de cette inauguration.

 

Assistant de nombreux projets tel que l’école Montessori, le travail de l’association Animal Mama ou encore le village d'enfants de Seametrey, YK Art House met gratuitement l’espace de 200 m2 à disposition de STP et s’engage à couvrir les factures d'électricité pour une période de cinq ans.

 

Silapak Trotchaek Pneik Galerie Art Phnom Penh
Chan Dany

 

Nous avons eu l’occasion de rencontrer Chan Dany, l’un des jeunes artistes présentant ses œuvres lors de cette première exposition, connu pour ses ré-interprétations des formes anciennes de la culture Khmère en les confrontant au monde actuel. Les anciennes croyances, la magie, qu’il impose à la société et aux paysages de notre décennie, font donc partie intégrante de son art.

Pour découvrir ce lieu et ses artistes, il suffit de réserver en envoyant un message sur le compte Facebook ou par téléphone (069 803 636).

Sur le même sujet
Juliette Fontaine

Juliette FONTAINE

Étudiante à Sciences Po Aix en Provence, j’effectue un stage au sein de la rédaction du Petit Journal Cambodge. Passionnée d’équitation, de nature et de voyages, je découvre Phnom Penh pour la première fois.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Cambodge !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Raphael Ferry

Rédacteur en chef de l'éditon Cambodge.

À lire sur votre édition locale