Reconnaissance et protection accrues pour le poivre de Kampot

Par Raphaël FERRY | Publié le 18/12/2020 à 05:53 | Mis à jour le 18/12/2020 à 09:54
Photo : Anas Alhajj
Poivre noir

Le poivre de Kampot a été enregistré pour la protection internationale dans 32 pays en vertu de l’Acte de Genève de l’Arrangement de Lisbonne sur les appellations d’origine et les indications géographiques.

poivre à Kampot
AKP

L'Arrangement de Lisbonne

L'Arrangement de Lisbonne assure la protection des appellations d'origine, c'est-à-dire de la "dénomination géographique d'un pays, d'une région ou d'une localité servant à désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus exclusivement ou essentiellement au milieu géographique, comprenant les facteurs naturels et les facteurs humains".

Les appellations d’origine et les indications géographiques sont des désignations distinctives de produits, qui supposent un lien qualitatif entre le produit auquel elles se rapportent et son lieu d’origine. Elles constituent des outils de commercialisation intéressants pour les producteurs, car elles informent les consommateurs sur l’origine géographique d’un produit et sur la qualité, la caractéristique ou la notoriété du produit liée à son lieu d’origine. La différence fondamentale entre les deux termes réside dans le fait que le lien avec le lieu d’origine est plus fort dans le cas d’une appellation d’origine.

On peut citer comme exemples d’appellations d’origine et d’indications géographiques outre le poivre de Kampot, le thé Darjeeling, le riz Panjin, le café de Colombie, le prosciutto di Parma, le miel d’Oku, le whisky écossais, la céramique de Chulucanas, l’artisanat de Khokhloma, le céladon de Chiang Mai, les montres suisses et le cristal de Bohême.

 

Le poivre à Kampot

La culture du poivre au Cambodge est relativement ancienne et on en retrouve même traces dans le récit de Zhou Daguan, un diplomate chinois qui visita l'empire khmer à la fin du XIIIe siècle.

Elle ne se serait toutefois développée qu'à la fin du XIXe siècle, à la suite de la guerre d'Aceh, au cours de laquelle, en 1873-1874, le Sultan de cette principauté de l'actuelle Indonésie fit brûler ses plans de poivre afin que cette richesse échappe aux colonisateurs néerlandais, créant ainsi une pénurie sur le produit. Après une rapide croissance favorisée par les autorités coloniales françaises, - La production - de 1.350 tonnes en 1899 et près de 8.000 tonnes en 1907-1908. -  celle-ci stagnera,- aux alentours de 3000 tonnes - essentiellement à cause de l'inconstance de la politique du protectorat qui tentera à de multiples occasions de limiter l'exportation à la métropole et d’une crise de surproduction faisant chuter de moitié le prix de vente de moitié entre 1900 et 1908.

Vannage mécanique du poivre vers 1930
Vannage mécanique du poivre vers 1930

 

La plus grande menace interviendra en 1975, lorsque le pays basculera dans la terreur khmère rouge; les terrains seront alors reconvertis en rizières et il s'en fallut de peu que la culture poivrière ne disparaisse. Néanmoins, grâce à l'obstination de quelques familles d'anciens planteurs, le poivre cambodgien retrouve peu à peu ses lettres de noblesse.

 

Cette protection d’origine est une bonne nouvelle qui devrait favoriser encore la vente de ce produit exceptionnel.

Le Cambodge a exporté près de 6.000 tonnes de poivre depuis le début de l’année, soit une augmentation de 39,39% par rapport à la même période de l'année dernière.

 

Poivre vert
Tony Pham

 

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raphaël ferry

Raphaël FERRY

Installé au Cambodge en 2010. Je suis tout de suite tombé amoureux du pays et de sa population. Curieux de tout, aimant découvrir l’humain, ses passions, ses motivations, son art de vivre…
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