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Qualité de l’air à Phnom Penh, une bataille de chiffres

Entre données officielles et mesures d’IQAir, la qualité de l’air à Phnom Penh suscite un débat. Les autorités contestent des niveaux jugés alarmants par certaines plateformes internationales.

Qualité de l’air à Phnom Penh, une bataille de chiffres Qualité de l’air à Phnom Penh, une bataille de chiffres
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 30 mars 2026

Le ministère cambodgien de l’Environnement a vivement réagi aux récentes évaluations de la qualité de l’air reposant sur les données de la plateforme IQAir. Dans un communiqué publié le 29 mars, il estime que ces analyses ne reflètent pas fidèlement la situation dans le pays.

Les autorités pointent notamment du doigt la reprise de ces données par plusieurs médias internationaux, dont Radio France Internationale, jugeant que cela pourrait induire le public en erreur.

Le porte-parole du ministère, Khvay Atitya, rappelle que le Cambodge dispose de son propre réseau national de stations de surveillance mesurant directement les particules fines, notamment les PM2.5, sur plusieurs sites.

« Les données d’IQAir ne représentent pas pleinement la situation réelle au Cambodge », affirme-t-il.

Des méthodes de mesure différentes

Selon le ministère, les divergences s’expliquent en partie par les méthodes utilisées. IQAir s’appuie notamment sur des images satellites et des modèles de calcul, tandis que les autorités cambodgiennes privilégient des mesures directes au sol. Mais IQAir a aussi dans la capitale plusieurs capteurs en place.

Selon certains experts locaux ces approches peuvent produire des écarts significatifs, en particulier dans des environnements urbains comme Phnom Penh. L’humidité élevée pourrait, par exemple, conduire à confondre du brouillard avec des particules polluantes.

Des niveaux jugés « bons » par les autorités

D’après les données officielles, la qualité de l’air était qualifiée de « bonne » entre le 28 et le 29 mars, avec une concentration moyenne de particules fines de 25,32 µg/m³, bien en dessous du seuil de 50 µg/m³.

Ce niveau correspondrait à un indice de qualité de l’air considéré comme « très bon » par les autorités cambodgiennes.

Des indicateurs plus alarmants selon IQAir

À l’inverse, les données issues d’IQAir dressent un tableau plus préoccupant. Le 28 mars, Phnom Penh affichait un indice de qualité de l’air supérieur à 150, classé dans la catégorie « malsaine ».

La capitale cambodgienne figurait alors parmi les villes les plus polluées au monde selon cette plateforme, atteignant la deuxième place du classement à un moment donné de la journée.

Qualité de l’air à Phnom Penh, une bataille de chiffres

Phnom Penh,  2e rang des grandes villes les plus polluées au monde, au 28 mars 2026 à 10 h 00 (heure du Pacifique). Source : IQAir.

Ces niveaux peuvent entraîner des risques accrus pour la santé, notamment des troubles respiratoires et cardiovasculaires, en particulier chez les populations vulnérables.

Une pollution aux causes multiples

Plusieurs facteurs contribuent à la dégradation de la qualité de l’air à Phnom Penh. Parmi les principales sources identifiées :

  • les émissions liées à l’augmentation du trafic routier
  • l’utilisation de combustibles domestiques comme le bois ou le charbon
  • le brûlage à ciel ouvert des déchets
  • les activités industrielles et les chantiers de construction
  • les brûlis agricoles

La croissance économique rapide du pays s’accompagne d’une hausse de la consommation énergétique et des activités industrielles, accentuant ces phénomènes.

Une amélioration attendue mais des enjeux durables

Les données d’IQAir indiquent toutefois que la situation pourrait s’améliorer à court terme, avec un retour à des niveaux « modérés » dès le lendemain.

À plus long terme, le Cambodge s’est fixé un objectif de réduction des émissions de 60 à 80 % d’ici 2030, à travers un plan national pour un air plus propre. Celui-ci prévoit notamment le recours à des carburants moins polluants, le développement des énergies renouvelables et la réduction du brûlage des déchets.

Un appel à la prudence dans le traitement de l’information

Face à ces divergences, le ministère de l’Environnement appelle les médias à faire preuve de vigilance et à croiser les sources.

« Une information précise est essentielle pour éviter toute inquiétude inutile et garantir une communication responsable sur les enjeux environnementaux », souligne Khvay Atitya.

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