À quelques mois du Sommet de la Francophonie à Phnom Penh, ONG et militants intensifient leurs appels pour la libération de cinq défenseurs de l’environnement emprisonnés.


PHNOM PENH – Un collectif d’ONG appelle l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ainsi que le gouvernement français à faire pression sur le Cambodge afin d’obtenir la libération de cinq militants écologistes de Mother Nature Cambodia, avant le Sommet de la Francophonie de 2026 à Phnom Penh.
Cette délégation réunie à Paris a exhorté l’OIF et les autorités françaises à placer le respect des droits civils et politiques au premier plan et à œuvrer pour la libération de ces militants, connus sous le nom de Mother Nature Cambodia 5 (MNC5).
Le 5 juillet, l’association suisse Bruno Manser Fonds ainsi que Mother Nature Cambodia ont également organisé une manifestation devant le siège de l’OIF à Paris, réclamant la libération immédiate et inconditionnelle des cinq activistes.
Cinq militants condamnés en 2024
Le groupe est composé de Long Kunthea, Ly Chandaravuth, Phuon Keoraksmey, Thun Ratha et Yim Leanghy. Ils figurent parmi les dix militants de Mother Nature Cambodia condamnés par le tribunal municipal de Phnom Penh le 2 juillet 2024.
Ils ont été condamnés à six ans de prison pour complot contre l’État. Yim Leanghy a reçu une peine supplémentaire de deux ans de prison ainsi qu’une amende de 10 millions de riels (environ 2 500 dollars) pour insulte au roi.
Les ONG demandent à l’OIF d’utiliser son rôle d’organisateur du sommet pour engager un dialogue urgent et soutenu avec le gouvernement cambodgien afin d’améliorer la situation des droits humains et d’obtenir la libération des militants.
Selon les organisations, des demandes de rencontres ont également été adressées à l’OIF ainsi qu’au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.
Un appel à une pression diplomatique accrue
Lukas Straumann, directeur exécutif du Bruno Manser Fonds, estime qu’un engagement diplomatique plus fort de l’OIF et du gouvernement français pourrait contribuer à améliorer les conditions des défenseurs des droits humains au Cambodge.
« Il est grand temps de faire reconnaître au Cambodge que ces jeunes leaders cherchent simplement à protéger les forêts, les ressources naturelles et à faire avancer l’action climatique, des enjeux centraux du prochain Sommet de la Francophonie », indique Lukas Straumann.
« Le gouvernement cambodgien devrait agir dans cet esprit et libérer immédiatement et sans condition ces cinq jeunes militants », ajoute-t-il.
Un sommet sous le signe des droits humains
Le Cambodge accueillera le Sommet de la Francophonie les 15 et 16 novembre. Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre canadien Mark Carney, le conseiller fédéral suisse Ignazio Cassis ainsi que d’autres dirigeants francophones sont attendus.
L’article 1 de la Charte de la Francophonie établit que la promotion de la démocratie, de l’État de droit et des droits humains figure parmi les objectifs fondamentaux de l’organisation.
Le 4 juin, le Bruno Manser Fonds et plus de 70 ONG dans le monde ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Hun Manet, appelant à la libération immédiate des militants, détenus depuis plus de deux ans.
Une procédure judiciaire contestée
Selon LICADHO, les avocats des militants ont demandé leur libération le 23 février, mais la Cour suprême a rejeté leur recours.
La juridiction a également reporté la suite de la procédure sans fixer de nouvelle date d’audience. Ce report a suscité des critiques de la part de 70 organisations de la société civile cambodgienne et internationale, qui ont appelé le Premier ministre Hun Manet à intervenir pour obtenir la libération des militants.
À l’occasion du deuxième anniversaire de leur emprisonnement, Phil Robertson, directeur de Asia Human Rights and Labor Advocates, a exhorté Hun Manet et son gouvernement à libérer les activistes, estimant que le respect des droits humains constitue un principe fondamental du mouvement francophone.
« Le monde francophone attend de Hun Manet qu’il traduise ces principes en actes en libérant le MNC5 et les autres prisonniers politiques », selon Phil Robertson.
Article réécrit par : Sao Phal Niseiy
Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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