En visite à Phnom Penh les 9 et 10 juillet 2026, Nicolas Forissier, ministre français du Commerce extérieur, a détaillé les priorités économiques de la France au Cambodge. Objectif : transformer la relation bilatérale en projets concrets, à l’approche du Sommet de la francophonie.


il a ouvert son intervention en rappelant l’importance de ce déplacement. « Je suis très heureux d’être ici à Phnom Penh dans le cadre d’une visite qui, aux yeux du gouvernement français, est très importante », a-t-il déclaré, soulignant qu’elle s’inscrit à la fois dans le renforcement des relations bilatérales et dans la perspective de la visite d’Emmanuel Macron prévue en novembre 2026 à l’occasion du Sommet de la francophonie.
Le ministre a replacé cette visite dans une séquence diplomatique plus large, marquée par plusieurs échanges récents de haut niveau entre les dirigeants français et cambodgiens, dont une rencontre entre Emmanuel Macron et le Premier ministre Hun Manet le 8 avril 2026 à Paris.
Coopération économique franco-cambodgienne
Au cœur de cette visite figure le renforcement des liens économiques. Nicolas Forissier a notamment assisté à la signature d’un accord impliquant Semmaris, gestionnaire du marché international de Rungis, et le groupe cambodgien WorldBridge.
Ce projet vise à créer un marché de gros dédié aux produits frais au Cambodge. « Il va contribuer au développement des secteurs de production cambodgiens, de l’industrie alimentaire et des exportations », a-t-il expliqué. Il doit également permettre de structurer les filières, notamment sur les normes sanitaires et les exigences internationales.
Photo Aurélie Fischer
Le ministre y voit un exemple concret de coopération économique appelée à se développer dans d’autres secteurs.
Forum d’affaires France-Cambodge à Phnom Penh : un rendez-vous attendu en novembre 2026
La visite présidentielle de novembre devrait s’accompagner du troisième Forum d’affaires France-Cambodge, organisé avec la Chambre de commerce et d’industrie France-Cambodge et les conseillers du commerce extérieur.
Environ 400 participants sont attendus. « Ce sera une étape importante pour avancer dans notre partenariat », a indiqué Nicolas Forissier, évoquant un rendez-vous destiné à renforcer les échanges économiques et à encourager de nouveaux projets d’investissement.
Relations France-Cambodge : une histoire commune et une coopération appelée à s’intensifier
Le ministre a également insisté sur la profondeur historique des relations entre les deux pays. Il a évoqué des liens anciens, nourris par des valeurs et des références culturelles communes, rappelant notamment sa visite de sites patrimoniaux à Phnom Penh.
« Nous avons une relation diplomatique et économique très solide, mais nous devons aller plus loin », a-t-il affirmé, appelant à transformer cette proximité en réalisations concrètes.
La France entend ainsi développer des partenariats durables. « Nous voulons construire des partenariats de long terme, qui apportent de la prévisibilité et de la sécurité », a-t-il ajouté, indiquant son intention de revenir au Cambodge pour suivre l’avancée des projets engagés.
Énergie au Cambodge : des projets en discussion dans les renouvelables et les infrastructures
Interrogé sur les discussions menées avec le ministère cambodgien des Mines et de l’Énergie, Nicolas Forissier a confirmé l’existence de plusieurs projets en cours d’étude, notamment dans l’hydroélectricité et la valorisation des déchets.
« Ce sont des projets importants qui ne sont pas encore décidés et qui nécessitent des études approfondies », a-t-il indiqué, tout en soulignant « une volonté commune d’avancer ».
Il a insisté sur l’expertise française dans les différents domaines énergétiques, du solaire à l’éolien, en passant par l’hydroélectricité et le nucléaire civil. Selon lui, le développement énergétique doit combiner plusieurs sources et tenir compte des réalités locales. « Il faut avancer dans le respect des communautés locales et avec une bonne coordination des différentes énergies ».
Infrastructures et développement au Cambodge : une coopération à élargir
Au-delà de l’énergie, le ministre a évoqué plusieurs secteurs dans lesquels la coopération pourrait se renforcer, notamment l’agroalimentaire, la santé et les infrastructures.
Il a insisté sur le potentiel de développement de la transformation des produits agricoles au Cambodge. « Nous pouvons aller plus loin dans la transformation et le conditionnement des produits alimentaires », a-t-il indiqué.
La France entend ainsi proposer son expertise technique et financière pour accompagner le développement du pays, dans une logique de partenariat à long terme.
Entreprises françaises au Cambodge : une présence appelée à se renforcer
Le ministre a appelé à une mobilisation accrue des entreprises françaises. « Nous pouvons faire beaucoup mieux », a-t-il estimé, tout en rappelant les initiatives déjà engagées par les réseaux économiques français.
Il a insisté sur la nécessité de transformer la qualité des relations bilatérales en résultats économiques concrets. « Le commerce mutuellement bénéfique est le meilleur moyen de renforcer durablement les relations entre les pays ».
Francophonie à Phnom Penh : un levier économique au-delà du cadre culturel
La tenue du Sommet de la francophonie en novembre 2026 à Phnom Penh constitue un moment structurant pour la relation bilatérale.
Nicolas Forissier a rappelé le poids économique de cet espace. « La francophonie représente 16 % du PIB mondial et 20 % du commerce international ». Il a insisté sur son rôle comme levier de développement économique, au-delà de sa dimension culturelle.
Le thème du sommet, axé sur la paix, la stabilité et la prospérité partagée, rejoint selon lui les priorités économiques actuelles. « Il s’agit de construire des partenariats durables, fondés sur la stabilité et la prévisibilité ».
Relations régionales et stabilité : la position de la France sur le différend Cambodge–Thaïlande
Interrogé sur les tensions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande, le ministre a rappelé la position de la France.
« Nous n’avons pas vocation à intervenir dans les discussions entre les deux pays », a-t-il déclaré, tout en affirmant que la France soutient les efforts en faveur d’un règlement pacifique.
Il a indiqué que la France pourrait, si nécessaire, mettre à disposition ses archives sur les tracés frontaliers. « Nous souhaitons que ce différend soit résolu de manière pacifique, négociée et durable ».
Normes internationales et droits humains : des exigences pour les entreprises
Sur les pratiques des entreprises françaises à l’étranger, Nicolas Forissier a évoqué les exigences en matière de respect des normes internationales.
« Les entreprises françaises sont très attachées à ces questions », a-t-il affirmé, évoquant notamment la lutte contre le travail des enfants et le respect des règles sociales.
Il a souligné que ces enjeux doivent être traités progressivement, par le dialogue et la coopération.
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