Croissance en chute, inflation en hausse : le FMI dresse un tableau contrasté de l'économie cambodgienne pour 2026, entre fragilités et signaux positifs.


Selon le Fonds monétaire international (FMI), un ralentissement de l'économie cambodgienne est attendu en 2026. Publiée le 8 juillet, l'analyse évoque un contexte marqué par la hausse des prix de l'énergie, les incertitudes commerciales, un tourisme en retrait et une demande intérieure modérée.
En 2026, la croissance devrait ainsi atteindre 3 %, contre 5,3 % en 2025. Un rebond est envisagé pour l'année 2027.
Des moteurs économiques fragilisés
Le modèle économique du Cambodge repose principalement sur les exportations de vêtements, de chaussures et d'articles de voyage, ainsi que sur le tourisme, l'agriculture, l'immobilier et la construction.
Selon Kenichiro Kashiwase, chef de mission du FMI pour le Cambodge, plusieurs facteurs pèsent sur l'activité : « La hausse des prix de l'énergie, la faiblesse de la demande extérieure et l'impact sur la réputation lié aux activités d'escroquerie en ligne affectent l'économie, affaiblissent le tourisme et font peser des risques sur la stabilité financière. »
Investissements solides, réserves stables
Malgré ces tensions, certains indicateurs demeurent positifs. « Les investissements directs étrangers restent solides et les réserves internationales se maintiennent à un niveau adéquat, équivalant à environ huit mois d'importations », selon Kenichiro Kashiwase.
La monnaie nationale, le riel, reste globalement stable, jouant un rôle d'ancrage nominal pour l'économie.
Une inflation en nette hausse au Cambodge
En mai 2026, l'inflation a fortement progressé alors qu'elle s'établissait en moyenne à 2,5 % en 2025. Elle devrait atteindre en moyenne 5,6 % sur l'ensemble de l'année, sous l'effet de la transmission de la hausse des prix de l'énergie. Un ralentissement de cette inflation est toutefois anticipé pour 2027.
Des risques orientés à la baisse
Le FMI souligne que les perspectives économiques restent fragiles. « Les risques pesant sur les perspectives sont orientés à la baisse pour la croissance et à la hausse pour l'inflation », selon Kenichiro Kashiwase.
Plusieurs facteurs sont évoqués : volatilité des prix de l'énergie, impacts économiques liés à El Niño, incertitudes sur les politiques commerciales et faiblesse persistante du tourisme.
Sur le plan intérieur, les vulnérabilités du secteur financier, la faiblesse du marché immobilier et la dégradation de la qualité des actifs constituent également des sources d'inquiétude.





















