Protéger les forêts, restaurer les écosystèmes et mieux préparer les communautés aux effets du changement climatique : le Cambodge souhaite désormais accélérer la mise en œuvre de ses engagements environnementaux. Réunis à Phnom Penh, le ministère cambodgien de l’Environnement et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont dressé le bilan de leur coopération et défini les priorités des prochaines années.


Le partenariat porte aujourd’hui sur 20 projets et initiatives, pour un montant total d’environ 47 millions de dollars. Ces programmes concernent la protection de la biodiversité, la gestion durable des ressources naturelles, la réduction des déchets, l’économie circulaire et l’adaptation au changement climatique.
Mais au-delà des stratégies et des financements, les discussions ont surtout porté sur les effets concrets de cette coopération. Comment améliorer les revenus des populations rurales ? Comment associer davantage les communautés locales à la protection de leur environnement ? Comment faire en sorte que les projets répondent aux réalités de chaque territoire ?
« Ce premier dialogue de partenariat démontre le niveau de responsabilité et d’orientation stratégique que nous attendons de la coopération au développement. Le PNUD est un partenaire proche du ministère de l’Environnement », selon Eang Sophalleth, ministre cambodgien de l’Environnement.
Le ministre souhaite renforcer cette coopération afin de mobiliser davantage de financements climatiques et d’accélérer la transition écologique du Cambodge.
Des projets pour protéger les forêts et les communautés cambodgiennes
Le Document de programme national du PNUD pour la période 2024-2028 s’appuie sur les grandes orientations du Cambodge en matière d’environnement et de climat.
Il prend notamment en compte la Stratégie pentagonale – Phase I, la Stratégie circulaire pour l’environnement 2023-2028, le Plan stratégique sur le changement climatique 2024-2033 et la troisième contribution déterminée au niveau national, appelée NDC 3.0.
Les projets soutenus concernent la restauration des écosystèmes, la conservation de la biodiversité et la production de plants issus d’espèces locales. Ils doivent contribuer à préserver les ressources naturelles tout en maintenant les moyens de subsistance des communautés qui en dépendent.
La lutte contre les déchets plastiques figure également parmi les priorités. Le PNUD accompagne la mise en œuvre de la feuille de route cambodgienne contre la pollution plastique, ainsi que les politiques consacrées aux plastiques à usage unique et à la responsabilité des producteurs.
La coopération porte aussi sur le mécanisme REDD+, consacré à la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts. De nouvelles sources de financement doivent être recherchées dans ce domaine.
Préparer le Cambodge aux effets du changement climatique
L’adaptation au changement climatique occupe une place importante dans les programmes communs. Le Cambodge souhaite mieux préparer les populations exposées aux inondations, aux sécheresses et aux autres événements climatiques extrêmes.
Les projets prévoient notamment une meilleure planification des investissements et le développement de systèmes d’alerte précoce dans le cadre de l’initiative « Early Warnings for All ».
Ces dispositifs doivent permettre aux communautés de recevoir plus rapidement les informations nécessaires et de mieux protéger leurs familles, leurs activités et leurs biens.
Près de 40 millions de dollars ont été finalisés au cours des douze derniers mois. Les fonds proviennent notamment du Fonds pour l’environnement mondial, du Fonds pour les pays les moins avancés et du Fonds vert pour le climat.
Plusieurs pays participent également au financement de ces programmes, dont le Japon, la Suisse, l’Italie, l’Allemagne, la République de Corée, le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège et la République tchèque. Le secteur privé contribue aussi à certaines initiatives, avec le soutien de la Fondation Coca-Cola et du Forum économique mondial.
Trois priorités pour les prochaines années
Le dialogue organisé à Phnom Penh a permis de dégager trois grands axes de travail.
Le premier consiste à préparer des projets capables d’attirer de nouveaux investissements. Une plateforme pourrait réunir les différents partenaires et orienter les financements vers des initiatives concrètes, notamment dans l’écotourisme, la protection des forêts et les activités fondées sur la nature.
Le deuxième axe concerne la mise en œuvre des politiques liées au climat, à la biodiversité et au développement durable. La restauration des écosystèmes, l’économie circulaire, la gestion des déchets, l’adaptation et la résilience feront l’objet d’un suivi renforcé.
Le troisième vise à donner davantage de place aux communautés locales. Dans les différentes régions du Cambodge, les habitants seront invités à participer davantage à la conception et au suivi des projets.
Cette approche doit permettre de mieux prendre en compte les réalités locales, de soutenir les initiatives déjà présentes sur le terrain et d’améliorer les revenus des populations.

Réunion du 31 août Ministère de l'environnement et UNPD
Le PNUD veut rapprocher les projets du terrain
Enrico Gaveglia, représentant résident du PNUD au Cambodge, a insisté sur la nécessité de construire les projets avec le ministère de l’Environnement et les acteurs locaux. Selon lui « La conception conjointe des initiatives avec le ministère reste essentielle pour faire progresser les priorités environnementales du Cambodge ».
Le PNUD souhaite également renforcer la coordination entre les projets et les partenaires du développement. Une plateforme commune pourrait rassembler les initiatives consacrées aux ressources naturelles, à la conservation, à l’économie circulaire, au climat et à la réduction des risques de catastrophe.
« Nous sommes là pour soutenir les priorités du Cambodge et aider le ministère de l’Environnement à mobiliser des ressources auprès des partenaires du développement et de la communauté internationale », dit le représentant résident.
Pour le PNUD, la réussite de cette coopération dépendra de sa capacité à rapprocher l’expertise internationale des besoins exprimés par les populations.
« Notre travail reste centré sur les intérêts et le bien-être de la population cambodgienne, tout en préservant l’équilibre avec la nature », explique Enrico Gaveglia.
Le ministère de l’Environnement souhaite maintenant transformer les engagements annoncés en actions visibles : des forêts mieux protégées, des communautés mieux préparées aux risques climatiques et des projets capables de créer des revenus durables.
« L’expertise technique du PNUD et ses partenariats internationaux doivent se traduire par des bénéfices concrets pour la population et les communautés cambodgiennes », Confie Eang Sophalleth.
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