Édition internationale

Le Cambodge agit pour protéger les Cambodgiennes contre la traite

Le gouvernement a annoncé cette semaine qu'environ 200 cambodgiennes ont été empêchées de se rendre à l’étranger au cours du premier semestre de l’année, les autorités soupçonnant un risque de traite d’êtres humains.

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Photo Melike B
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 17 juillet 2026

Le directeur général du Département de l’immigration, Sok Veasna, a déclaré lundi que les autorités avaient empêché près de 400 personnes originaires de 22 pays de quitter le Cambodge durant cette période, en raison de plaintes en cours, d’inscriptions sur des listes de surveillance officielles ou par crainte qu’elles aient été recrutées via des dispositifs frauduleux.

« Près de 200 cambodgiennes étaient soupçonnées d’avoir été trompées afin de voyager à l’étranger pour travailler ou se marier ».

Cambodge–Chine : des destinations à risque pour les victimes de traite

Selon Sok Veasna, la plupart des victimes présumées de traite devaient se rendre en Chine, où les autorités cambodgiennes et chinoises ont déjà coopéré pour rapatrier des femmes identifiées comme victimes.

Cette annonce intervient après le rapatriement, l’an dernier, de près de 100 femmes depuis la Chine. Les autorités avaient indiqué qu’elles avaient été victimes de traite, beaucoup ayant accepté des offres d’emploi avant d’être contraintes au mariage.

Les services d’immigration ont également indiqué avoir, au cours des six premiers mois de l’année,  refusé l’entrée à près de 2 000 étrangers issus de 76 pays , ceux-ci ne remplissant pas les conditions d’entrée ou figurant sur des listes de surveillance officielles.

Traite des femmes cambodgiennes : mariages forcés et réseaux clandestins

Si certaines femmes cambodgiennes se rendent volontairement en Chine pour s’y marier, les autorités et les organisations de défense des droits documentent depuis des décennies des cas de traite de femmes et de jeunes filles en vue de mariages forcés. Les victimes sont souvent recrutées par des intermédiaires promettant un emploi ou une union avantageuse, avant d’être exploitées — une pratique liée à la précarité économique au Cambodge et au déséquilibre démographique persistant en Chine.

Le Cambodge interdit le courtage matrimonial à des fins commerciales. Cependant,  les autorités reconnaissent que ces activités se poursuivent via des réseaux informels.

Les données gouvernementales montrent que le nombre de femmes rapatriées depuis la Chine après avoir été identifiées comme victimes de traite a augmenté au fur des années : 21 en 2013, 58 en 2014, 85 en 2015 et 112 cas signalés en 2019.

Am Sam Ath, directeur des opérations de l’organisation de défense des droits Licadho, a salué cette mesure tout en estimant que les autorités devraient également enquêter sur les intermédiaires qui recrutent des femmes pour des mariages frauduleux.

sources : Camboja New

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