Face au poids de l’économie informelle, le Cambodge veut étendre la protection sociale et renforcer le dialogue avec les travailleurs et la société civile.


Lors d’un atelier national consacré au renforcement de la protection sociale, le ministère cambodgien du Travail et de la Formation professionnelle indique que 88 % de la main-d’œuvre du pays travaille dans l’économie informelle. Cette situation prive des millions de personnes d’un accès complet aux normes légales du travail et aux dispositifs de protection sociale.
L’économie informelle désigne des activités non déclarées. Présente dans de nombreux pays, elle concerne notamment l’agriculture, le bâtiment et les services.
Phnom Penh mobilisée pour renforcer la protection sociale
Sept millions de personnes bénéficient actuellement de dispositifs de protection sanitaire et sociale, soit près de 41 % de la population cambodgienne. La couverture reste toutefois limitée pour les travailleurs informels, qui disposent souvent de peu, voire d’aucun accès, aux prestations sociales et aux droits légaux du travail.
Les participants ont recommandé d’étendre la protection sociale aux travailleurs informels et aux indépendants, d’améliorer le cadre juridique applicable aux différentes formes d’activité et de faciliter leur inscription aux régimes existants.
Une feuille de route pour favoriser le travail décent au Cambodge
Au cours de l’atelier, le ministre cambodgien du Travail, Heng Sour, a rappelé les deux priorités du gouvernement : élargir la protection sociale et améliorer la qualité des emplois.
Le plan « Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale en faveur de transitions justes » constitue l’un des cadres de cette politique. Lancé par le secrétaire général des Nations unies en 2021, il vise à aider les pays à élaborer des mesures favorisant la création d’emplois décents, l’élargissement de la protection sociale et une transition économique inclusive et durable.
Celle-ci s’inscrit dans la vision « Cambodia Vision 2050 » et fixe plusieurs objectifs liés à l’emploi, à la protection sociale, au développement des compétences, à la productivité et à la création d’un marché du travail inclusif. Prévu sur quatre ans, ce plan d’action est piloté et coordonné par le ministère du Travail.
Appel à renforcer le rôle de la société civile au Cambodge
Le Phnom Penh Post rapporte les propos de Sophoan Phean, directrice nationale d’Oxfam au Cambodge, une confédération internationale d’organisations qui lutte contre la pauvreté, les inégalités et les injustices dans le monde.
« Pour renforcer les principes du dialogue social inclusif et garantir que la voix des communautés vulnérables et des travailleurs de l’économie informelle soit prise en compte dans le processus décisionnel, nous demandons et encourageons la participation officielle des organisations de la société civile aux mécanismes de coordination, de suivi et d’évaluation de la feuille de route cambodgienne liée à cet Accélérateur mondial », a déclaré Sophoan Phean.
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