Édition internationale

« Koun Srei » un court métrage khmer en compétition au Nikon Film Festival

La réalisatrice franco-khmère Linda Nguon présente « Koun Srei », un court métrage inspiré de son histoire familiale et de la mémoire des réfugiés cambodgiens. Le film, centré sur la transmission et la langue khmère, est en compétition au Nikon Film Festival 2026.

« Koun Srei » un court métrage khmer en compétition au Nikon Film Festival« Koun Srei » un court métrage khmer en compétition au Nikon Film Festival
Linda Nguon, par Le petit Journal Cambodge

Lorsque Sébastien Kong lui propose de réaliser un film pour le Nikon Film Festival 2026, Linda Nguon hésite. « Ma première réaction a été de me demander : est-ce que je suis légitime ? ». 

Ce doute, explique-t-elle, l’accompagne depuis la création de Banh Mi, un projet qui décline podcast, articles, événements et collaborations autour des récits d’enfants de réfugiés d’Asie du Sud-Est. Malgré cette hésitation, le désir de transmission l’emporte. « Cette petite voix du doute est souvent là. Et pourtant, il y a toujours quelque chose de plus fort : le désir de transmettre des émotions », précise-t-elle.

Au cœur de sa démarche : l’héritage, la mémoire familiale, la relation aux parents réfugiés et la place que leurs enfants tentent de trouver entre deux cultures.

La transmission au centre du récit

En décembre 2024, dans le cadre d’un partenariat entre Banh Mi et le festival « Si loin, si proche : Rencontre des cinémas du Cambodge, Laos et Vietnam », Linda Nguon initie une résidence d’écriture consacrée à la transmission. L’objectif : raconter les récits d’enfants de réfugiés.

Cette résidence collective donne lieu à une lecture publique, puis à une première représentation théâtrale écrite et mise en scène par Sonadie San. Les échanges nourrissent une réflexion plus large sur les trajectoires migratoires, l’intégration et l’héritage culturel.

« Dans cet espace collectif et bienveillant, nous avons parlé librement de nos relations familiales, retracé leurs trajectoires pour mieux comprendre comment ils se sont intégrés dans un pays qui n’était pas le leur », explique-t-elle. Ces premiers récits posés collectivement deviennent le socle d’un projet cinématographique.

« Koun Srei », une histoire mère-fille entre silences et mémoire

De ce cheminement naît « Koun Srei », coécrit par Linda Nguon et Sébastien Kong.

Le film, d’une durée de 2 minutes 20 — format imposé par le Nikon Film Festival — met en scène Kim, 63 ans, qui élève seule sa fille Tam. Entre gestes quotidiens et silences, l’adolescente cherche sa place auprès de sa mère. Les rituels dédiés au grand-père défunt révèlent une mémoire familiale qui circule entre trois générations.

Inspiré de la relation de la réalisatrice avec sa propre mère, mais aussi des témoignages recueillis au micro de Banh Mi, le court métrage explore les non-dits, les formes d’amour discrètes et la résilience des familles marquées par l’exil. La comédienne Chaya Roat y tient l’un des rôles principaux.

Le film célèbre également la langue khmère, présente comme un lien vivant entre les générations.

Un projet appelé à voyager au-delà du Festival Nikon

Actuellement en compétition au Nikon Film Festival 2026, « Koun Srei » pourrait bénéficier d’une visibilité accrue en cas de sélection finale. L’équipe travaille déjà à une version plus longue, d’environ quatre minutes, destinée à des festivals internationaux.

Les premiers retours du public soulignent la portée universelle du récit. « Si fort en si peu d’images et de mots », écrit une spectatrice. Une autre salue « ce beau message d’amour et de transmission à travers les différentes cultures ».

Au-delà de la compétition, Linda Nguon inscrit son travail dans une continuité : créer des ponts entre les cultures, valoriser les récits diasporiques et faire circuler la mémoire familiale sur grand écran.

Le film a été sélectionné pour le Cambodia International film festival.

Pour soutenir le film : http://bit.ly/408BQbe

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