En visite officielle à Phnom Penh, les ministres chinois des Affaires étrangères et de la Défense ont intensifié le dialogue stratégique avec le Cambodge, tout en appelant à une action ferme contre les centres de cyberfraude.


Les ministres chinois des Affaires étrangères et de la Défense, Wang Yi et Dong Jun, se sont rendus à Phnom Penh les 22 et 23 avril 2026 pour une série de rencontres avec les autorités cambodgiennes.
Ils ont participé à la première réunion du mécanisme de dialogue stratégique dit « 2+2 », réunissant les chefs de la diplomatie et de la défense des deux pays. Côté cambodgien, les discussions ont été menées par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Prak Sokhonn, ainsi que par le ministre de la Défense Tea Seiha.
Les échanges ont porté sur la coopération politique, militaire et sécuritaire, ainsi que sur les enjeux régionaux et internationaux. Les deux parties ont affiché leur volonté de renforcer leur partenariat.
Wang Yi a salué une réunion réussie, affirmant que les deux pays entendaient rester « des amis et des partenaires fiables et de longue date ».
Vers un renforcement des coopérations sécuritaires
Les autorités chinoises et cambodgiennes ont convenu d’élargir ce mécanisme à l’avenir, en y intégrant les questions de sécurité intérieure, dans un format dit « 3+3 ».
L’objectif affiché est de renforcer la coordination en matière de défense, de police et de cybersécurité, notamment face aux défis transnationaux.
Les deux pays se sont engagés à coopérer davantage contre les jeux d’argent en ligne et les escroqueries numériques, tout en réaffirmant leur attachement au règlement des différends par le dialogue.
Dong Jun a souligné la volonté de Pékin de renforcer la confiance mutuelle en matière militaire, tandis que Tea Seiha a indiqué que le Cambodge souhaitait approfondir cette coopération.
Cyberfraude : une pression accrue de Pékin
Au-delà du dialogue stratégique, la question de la cybercriminalité s’est imposée comme un sujet central de la visite.
Lors d’un entretien avec le Premier ministre Hun Manet, Wang Yi a appelé les autorités cambodgiennes à agir plus fermement contre les centres d’escroquerie en ligne, en déclarant selon l AFP que « les activités criminelles transfrontalières (…) compromettent la sécurité des personnes et de leurs biens » et qu’il fallait « les combattre avec fermeté et les éradiquer complètement ».
Le Cambodge est devenu ces dernières années un foyer important de cyberfraude, impliquant des réseaux qui ciblent des victimes à l’échelle internationale, parfois en recourant à des travailleurs contraints.
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Sous pression de plusieurs partenaires, dont la Chine, Phnom Penh affirme avoir renforcé sa réponse. Le Premier ministre Hun Manet avait ainsi promis en février de « nettoyer tout cela ». Les opérations de police se multiplent depuis le début de l'année.
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Une relation stratégique structurante pour le Cambodge
La Chine demeure le principal partenaire économique du Cambodge, ainsi que son premier investisseur et bailleur d’aide.
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Les autorités cambodgiennes ont réaffirmé leur attachement à cette relation. Prak Sokhonn a souligné l’importance du soutien chinois dans des secteurs clés comme les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et la finance.
Il a également exprimé la volonté de Phnom Penh de poursuivre la coopération dans « tous les domaines », tout en réaffirmant l’adhésion du Cambodge au principe d’une seule Chine.
Enfin, Pékin s’est dit prêt à jouer un rôle de facilitation dans les relations entre le Cambodge et la Thaïlande, notamment en proposant des plateformes de dialogue pour renforcer la confiance mutuelle.
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