À Hanoï, Hun Manet trace les grandes lignes de l’avenir de l’ASEAN entre paix, coopération économique et priorités humaines dans un contexte mondial incertain.


Lors du 3e Forum sur le futur de l’ASEAN, organisé le 9 juin 2026 à Hanoï, le Premier ministre cambodgien Hun Manet a structuré son intervention autour de trois priorités : la paix, la coopération économique et une approche centrée sur les populations.
Pour lui, ce rendez-vous s’est rapidement imposé comme un espace d’échanges stratégiques sur les enjeux régionaux et mondiaux. « Ce forum nous permet d’évaluer les défis qui se présentent et d’explorer des voies concrètes grâce au dialogue, à la coopération et à une responsabilité partagée », a-t-il déclaré, en référence au thème consacré à un avenir commun fondé sur la paix et la prospérité.
Revenant sur l’évolution de l’Asie du Sud-Est, Hun Manet a rappelé que la région, autrefois marquée par les conflits et les divisions, a progressivement évolué grâce au dialogue, au respect de la souveraineté et au règlement pacifique des différends. « Cette transformation n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de choix délibérés en faveur du dialogue plutôt que de la confrontation », a-t-il affirmé. Il a néanmoins mis en garde contre une paix mondiale fragile, évoquant des tensions persistantes qui perturbent les marchés de l’énergie et l’économie globale. « L’instabilité en un point du globe affecte désormais la prospérité partout », a-t-il ajouté.
Frontière et tensions régionales
Concernant la situation à la frontière avec la Thaïlande, le chef du gouvernement a indiqué que le cessez-le-feu reste en vigueur, tout en demeurant fragile. « Les frontières et la souveraineté ne doivent jamais être modifiées par la force », a-t-il rappelé, tout en appelant à une mise en œuvre rapide de la déclaration conjointe du 27 décembre 2025 et à la reprise des travaux de délimitation via la Commission conjointe des frontières.
Il a également évoqué le recours engagé par le Cambodge dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, considérée comme une voie vers un règlement équitable. « Le soutien de la communauté internationale à un règlement pacifique conforme au droit international est sincèrement apprécié », a-t-il indiqué.
Une approche centrée sur les populations
Sur le plan économique et social, Hun Manet a estimé que les crises actuelles compliquent les trajectoires de développement, en particulier pour les économies ouvertes et de taille modeste. Il a insisté sur la nécessité de replacer les citoyens au cœur des politiques publiques : « La prospérité n’a de sens que si elle bénéficie aux populations ».
Il a rappelé les progrès enregistrés au sein de l’ASEAN : réduction de la pauvreté, amélioration de l’accès à l’éducation et aux soins, développement des infrastructures, tout en appelant à aller plus loin. Selon lui, renforcer la compréhension mutuelle à travers les échanges académiques, culturels et économiques demeure essentiel pour éviter les tensions et consolider la coopération régionale.
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