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Emmanuel Pézard nous conte Kep à travers ses villas et ses silences

À Kep, une résidence artistique offre à Emmanuel Pézard un cadre singulier pour explorer la mémoire d’une ville marquée par ses silences. Entre traces du passé et création contemporaine, son recueil tisse un dialogue subtil entre histoire et imaginaire.

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Photo fournie
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 13 juin 2026

Sur la côte sud du Cambodge, Art for Kep s’impose progressivement comme un lieu singulier dédié à la création. Son programme de résidence accueille des artistes venus d’horizons variés — arts visuels, musique, cinéma ou pratiques liées à l’environnement — dans un cadre où le temps long et l’ancrage local restent essentiels.

Soutenue par Knai Bang Chatt, Kep West et plusieurs partenaires, l’initiative propose une approche fondée sur l’expérimentation, les échanges et le dialogue avec le territoire. Ici, les artistes développent des projets affranchis des logiques commerciales, en prise directe avec l’histoire et les paysages de Kep.

Emmanuel Pézard, écrire à partir des traces

Pour Emmanuel Pézard, cette résidence a pris une dimension particulière. Les lecteurs du Petit Journal connaissent bien Emmanuel, puisqu’il a publié dans nos colonnes bon nombre de ses nouvelles. Ils savent que l’écrivain entretient un lien ancien avec la ville. « J’ai découvert Kep en 2003, quand c’était une ville fantôme », raconte-t-il, évoquant « une connexion très particulière » avec ces lieux marqués par l’absence et les vestiges, notamment les « villas fantômes ».

Son projet s’appuie sur ces architectures abandonnées pour construire une traversée littéraire d’un siècle d’histoire cambodgienne. En faisant dialoguer réel et imaginaire, il cherche à retenir ce qui tend à disparaître, sans figer la mémoire.

 

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Douze récits pour raconter une ville

Avec The Villas of Kep, Emmanuel Pézard propose un recueil de douze nouvelles couvrant une période de 1932 à 2026. Chaque texte éclaire un moment, une ambiance, une facette de la ville : satire de l’époque coloniale, récits liés aux conflits, scènes autour de la cuisine, incursions dans le fantastique, histoires d’amour contrariées ou encore regards sur la création contemporaine.

Le choix d’une construction non chronologique donne au livre une respiration particulière. Les époques se répondent, se superposent, à l’image d’une ville où les traces du passé restent visibles dans le présent.

Parmi les fils conducteurs, la statue de la Dame Blanche apparaît comme un repère symbolique, traversant les destructions et les reconstructions. Un passage plus personnel, centré sur la vie de l’auteur à Kep, introduit également une dimension intime. La dernière nouvelle, La Villa Renaissance, se tourne vers l’époque actuelle et met en lumière les artistes cambodgiens d’aujourd’hui, en abordant le renouveau culturel comme une dynamique collective.

Cinq de ces douze nouvelles furent publiées dans nos colonnes, mais l’auteur nous confie les avoir retravaillées et les proposer aujourd’hui dans le recueil dans une autre version.

Un lieu qui façonne l’écriture

Le cadre de la résidence a joué un rôle déterminant dans ce travail. Emmanuel Pézard évoque « une maison traditionnelle en bois », installée dans un environnement « face à la mer ». Les marches le long du littoral, les visites de villas abandonnées et l’observation du paysage ont nourri son écriture au fil du temps.

 

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Art for Kep apparaît ainsi comme un espace où la création s’élabore au contact direct du lieu, dans une relation continue avec la mémoire et les transformations du territoire.

Kep, un espace de création en devenir

À travers ses résidences et ses projets, Art for Kep cherche à inscrire durablement la ville dans une dynamique culturelle. L’objectif consiste à faire de Kep un point de rencontre pour les artistes, tout en maintenant un lien étroit avec les habitants et l’environnement.

Cette démarche accompagne un mouvement plus large de redéfinition de la côte cambodgienne, où la préservation du patrimoine dialogue avec des formes contemporaines d’expression.

 

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