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COMMUNAUTÉ - Le choc culturel, ça fait mal !

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 01/10/2010 à 04:05 | Mis à jour le 14/11/2012 à 09:28

Motivés par une envie d'exotisme, d'évasion, de nouveautés, ou bien pour les Cambodgiens nés ou ayant grandi à l'étranger, par l'envie de découvrir ou de redécouvrir leur pays d'origine, les candidats au séjour khmer déchantent parfois en découvrant une toute autre réalité que celle fantasmée

Pauvreté, chaleur, bruit, pollution, mode de vie... la découverte du Cambodge peut s'avérer être un véritable choc culturel.  Une des premières émotions que peuvent ressentir certains arrivants en posant les pieds en terre khmère, est la lourdeur du temps : une chaleur étouffante, épuisante, assommante, une température pouvant dépasser les 40 degrés. Le moindre pas, le moindre mouvement fatigue, demande un effort. Marcher peut devenir pénible. Marcher ? Une étrange idée pour les Khmers, les motodops sont là ! Gagne-pain national, il est rare pour un marcheur de ne pas être apostrophé par un motard tous les 100 mètres. Les piétons ont par ailleurs quelques fois bien du mal à se frayer un passage tant les trottoirs sont étroits et/ou occupés par les commerces, marchands, vendeurs ambulants?

Autre découverte déroutante : la circulation, dominée par les motos, partant dans tous les sens, ne suivant aucune règle, seul guide : l'instinct de survie. Outre la barrière de la langue - peu de Khmers parlent l'anglais et encore moins le français - le choc le plus violent reste sans commune mesure le sous-développement et la pauvreté du pays. Ceux qui viennent séjourner  au Cambodge s'imaginent ce à quoi ils vont être confrontés, et sont plus ou moins préparés à découvrir cet état de dénuement, mais parfois il est difficile de faire face à cette triste réalité.

La pauvreté en pleine figure
Des gamins vendeurs ambulants de cartes postales ou de gâteaux aux personnes âgées errant dans les rues en quête de quelques riels, la misère n'épargne personne. Mais outre ces cas extrêmes, au quotidien, ce sont les conditions de vie précaires de la majorité des Khmers, motodops, vendeurs de fruits et légumes, commerçants des marchés... qui désolent. Une grande partie de Cambodgiens vit avec moins de 2 dollars par jour.
En arrivant, le manque de propreté, d'hygiène et l'insalubrité surprennent souvent, les déchets jonchant le sol un peu partout - bien que de réels progrès aient été réalisés depuis plusieurs années ? et les enfants marchants pieds nus, ne sont pas rares dans les rues de Phnom Penh. L'architecture sommaire des habitations et leur vétusté, le mauvais état des trottoirs et des routes témoignent aussi du sous-développement du pays.

Le contraste riches-pauvres

Mais, ce qui choque beaucoup d'étrangers, est le contraste entre richesse et pauvreté.  Les restaurants et hôtels les plus chics de Phnom Penh fleurissent le long du quai Sisowath, alors que quelques mètres plus loin, derrière la belle façade donnant vue sur le Tonlé Sap,  les Khmers s'échinent au marché pour récolter quelques dollars. Des buildings jouxtent des semblants de maisons, de vieilles motos rouillées côtoient des 4x4 flambant neufs. Les images de luxe tranchent sur fond de misère.

Pour les Cambodgiens nés ou ayant grandi à l'étranger, la rencontre ou les retrouvailles avec leur famille locale peut parfois se révéler être une expérience éprouvante. Décalage et incompréhension peuvent être facteurs de tensions.

La mentalité traditionnelle khmère
Dans la société traditionnelle khmère, lorsqu'une petite fille naît, son chemin semble tout tracé : rester sagement chez elle pour apprendre à cuisiner et à tenir une maison en attendant le prétendant que sa famille lui choisira. Cela explique pourquoi la majorité des femmes n'ont pas reçu de formation intellectuelle, dès l'enfance elles sont occupées à garder les cadets et à apprendre tout de la gestion d'une maison. Cependant, depuis quelques années, les mentalités évoluent et les jeunes femmes essayent de sortir du rôle auquel on les cantonne.

Les familles khmères ont ainsi souvent tendance à vouloir surprotéger et surveiller leurs enfants, filles comme garçons, et les Cambodgiens de passage auront l'impression de manquer de liberté. Se pose là la question de la double culture, la double identité, réelle richesse, mais engendrant parfois certaines difficultés.

Solina Prak (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) lundi 4 octobre 2010

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