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Céline Martin: « Les femmes cambodgiennes sont sources d'inspiration »

Par Pierre Motin | Publié le 08/03/2018 à 21:00 | Mis à jour le 08/03/2018 à 21:00
Photo : Céline Martin © Photo fournie
céline-martin-destination-justice

Céline Martin travaille pour Destination Justice, une ONG qui oeuvre pour un meilleur accès à la justice au Cambodge. Nous lui avons posé plusieurs questions à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes.

 

Quelle est votre analyse de la place de la femme dans la société cambodgienne ? Quels sont les principaux défis rencontrés par les femmes cambodgiennes dans l’accès à la justice ? Avez-vous noté des améliorations en la matière durant ces dernières années ?

Avec Destination Justice nous avons coproduit un documentaire en partenariat avec l'Ambassade de France au Cambodge pour le 8 mars 2017 qui explore cette question. Nous avions donc interviewé cinq femmes cambodgiennes et francophones de générations différentes. Leurs réponses étaient fort intéressantes, je vous invite donc à regarder ce documentaire de 8 minutes qui s'intitule « être une femme d'influence au Cambodge. »

 

 

Les principaux défis rencontrés par les femmes en termes d'accès à la justice sont de manière générale les mêmes que pour tous les citoyens khmers, notamment en ce qui concerne l'accès à l'information juridique, l'accès à un avocat et l'accès à une justice équitable. Sans victimiser les femmes, elles peuvent être plus vulnérables dans leur quête d'accès à la justice du fait d'un taux d'alphabétisation plus faible, de la perception de la femme dans la société et des conséquences financières qui peuvent naître d'une procédure juridique. Les femmes LBTIQ (lesbienne, bisexuelle, trans, intersexe et queer) sont encore plus vulnérables du fait de leur orientation sexuelle et identité de genre, et du faible taux d'éducation et de sensibilisation de la population.

Etant arrivée au Cambodge pour la première fois il y a presque six ans, je peux dire de manière objective qu'il y a eu des avancées dans la modernisation de la justice, notamment sur l'accès à l'information juridique et sur la formation des personnels juridiques. Il y a cependant encore beaucoup de travail auquel s'attelle le gouvernement et la société civile. 

Avec Destination Justice, nous avons récemment publié la première édition du Code constitutionnel cambodgien en collaboration avec des universités, des ONG et des membres du Conseil constitutionnel. Le code a été officiellement remis à tous les députés, au ministère de la Justice, au barreau, à l'académie judiciaire et à diverses universités, bibliothèques et avocats. Cependant sur les cinq éditeurs de ce code, nous avons cinq hommes n'ayant pas été capables de trouver une femme professeure de droit constitutionnel. Je pense qu'il faut donc encourager toutes les femmes qui souhaitent se lancer dans des carrières académiques car il y en a encore trop peu aujourd'hui.

 

Votre association œuvre pour un meilleur accès à une justice transparente, indépendante et accessible au Cambodge. Comment Destination Justice travaille-t-elle en faveur des femmes dans le domaine de la justice ?

Destination Justice est une organisation de changemakers qui pensent que la justice est la clé pour une société en paix. Nous voyons cela comme une société où les individus peuvent résoudre leurs contentieux en s'adressant à une justice indépendante, équitable et transparente ; une société où les lois sont faites par le peuple, pour eux, et facilement accessible par eux ; et de plus, une société où tous les individus sont égaux sans discrimination basée sur qui ils ou elles sont, ce qu'ils ou elles pensent, et qui ils ou elles aiment. 

C'est pourquoi, dans tous nos projets, quels qu'ils soient, nous essayons d'être inclusif tant vis-à-vis des femmes que des personnes LGBTIQ, que tout autre minorité. Nous avons par le passé réalisé des outils pour les personnes LGBTIQ cambodgiennes en vue de les informer de leurs droits (guide pour les droits des personnes LGBT, KhniomChong Dong SOGIE). Nous n'avons pas encore réalisé de tel projet pour les femmes, mais pourquoi pas !

 

Avez-vous, dans votre activité, été marquée par certaines femmes cambodgiennes ? Des personnes qui ont été des sources d’inspiration ?

Bien sûr ! J'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de femmes cambodgiennes ces cinq dernières années auprès desquelles j'ai beaucoup appris, et j'apprends toujours ! Je suis toujours frappée par leur « force tranquille » et la joie de vivre qu'elles dégagent quelles que soient les circonstances. Ce sont en effet des sources d'inspiration, mais aussi des moteurs. Je pense notamment à des personnes comme Thavry Thon (auteur de A Proper Woman) ou Catherine (qui anime la chaîne Youtube A dose of Cath) que j'ai eu la chance de rencontrer, et qui sont pour moi deux jeunes femmes qui incarnent le futur du Cambodge en s'attaquant sans peur à des sujets nécessaires que ce soit l'éducation des filles ou l'éducation sexuelle des jeunes femmes (et hommes).  

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