Le Cambodge supprime des taxes sur les équipements électriques pour accélérer la transition énergétique, au risque d’accentuer sa dépendance aux importations chinoises.


Le Premier ministre cambodgien a récemment signé un sous-décret prévoyant l’exonération de taxes douanières pour plusieurs produits jugés respectueux de l’environnement. Cette mesure concerne notamment les voitures électriques, les bornes de recharge ainsi que certains appareils électroménagers électriques, tels que les plaques de cuisson ou les cuiseurs de riz.
Jusqu’à présent, ces produits étaient soumis à des droits de douane compris entre 7 % et 35 %.
Réduire la dépendance énergétique
Cette décision s’inscrit dans une double logique. Elle vise d’abord à diminuer la dépendance du Cambodge aux hydrocarbures, dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie et des tensions sur l’approvisionnement liées à la crise au Moyen-Orient.
Le pays importe en effet la totalité de sa consommation d’hydrocarbures, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché international.
Accélérer la transition vers la mobilité électrique
L’autre objectif affiché est de favoriser l’essor de la mobilité électrique. Le gouvernement cambodgien ambitionne de porter à 40 % la part des véhicules électriques dans le parc automobile d’ici 2050, contre seulement 1,2 % à ce jour.
L’allègement fiscal sur ces équipements pourrait ainsi contribuer à lever certains freins à l’adoption de ces technologies.
Une dépendance accrue aux importations chinoises en question
Cette politique soulève toutefois des interrogations. Les produits concernés sont en grande majorité importés de Chine, qui fournit environ 70 % des voitures électriques et des bornes de recharge, ainsi que 65 % des appareils électroménagers.
Dans ce contexte, l’exonération pourrait accentuer la dépendance du Cambodge vis-à-vis des importations chinoises, déjà prépondérantes puisqu’elles représentent 53 % des importations totales du pays.
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