À l’approche de son centenaire, l’ancienne église catholique du Bokor fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation. Ce projet, porté par le Vicariat apostolique de Phnom Penh, vise à redonner vie à ce témoin de l’histoire khmère du XXe siècle d'ici 2028, en alliant préservation patrimoniale et engagement environnemental.


Un monument témoin de l’époque coloniale au Cambodge
Érigée en 1928 par le français Salvarelli, l’église du Bokor se dresse au cœur du parc national Preah Monivong. Cet édifice en pierre est l’une des rares structures religieuses ayant survécu aux destructions de la période des Khmers rouges. Après plusieurs décennies d’abandon durant lesquelles le bâtiment a subi les assauts du climat brumeux du plateau, le gouvernement cambodgien a officiellement restitué le site à l’Église catholique en 2017.
La mission de restauration actuelle dépasse la simple rénovation technique. Elle s’inscrit dans une volonté de transformer ces ruines en un sanctuaire de paix. Monseigneur Pierre Suon Hangly, vicaire apostolique coadjuteur, souligne l’importance du site : « L’église du Bokor est notre édifice le plus célèbre. Elle doit devenir un point de ralliement pour les pèlerins et un symbole d’espérance. »
Une restauration articulée autour de trois axes majeurs
Le projet repose sur une approche multidimensionnelle. Sur le plan spirituel, l’église doit redevenir un lieu de culte actif, accueillant pèlerinages, mariages et retraites spirituelles. Le volet culturel s’attache à préserver l’architecture coloniale française originale et les propriétés acoustiques uniques du bâtiment, tout en documentant l’histoire mouvementée de la région.
L’aspect environnemental constitue le troisième pilier. Situé dans le premier parc national du Cambodge, le chantier intègre des techniques respectueuses de l’écosystème. Les équipes prévoient notamment de lutter contre l’érosion et de favoriser la biodiversité locale en plantant des espèces indigènes, en particulier des orchidées endémiques du plateau du Bokor.
Une expertise internationale au service du patrimoine
La direction technique des travaux a été confiée à l’architecte Anton Tung. Spécialiste de l’architecture religieuse, il a notamment supervisé la restauration de la cathédrale de Hanoï achevée en 2020. Il travaille en étroite collaboration avec une équipe pluridisciplinaire comprenant le père Will Conquer, des Missions Étrangères de Paris, le père Daniel Yoon, de la Société missionnaire coréenne, ainsi que Ly Sovanna pour la communication sociale catholique au Cambodge.
Pour Monseigneur Olivier Schmitthäusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, l’enjeu est collectif : « Ce projet de restauration est un appel à reconstruire non seulement des murs, mais aussi l’esprit d’unité et de foi au Cambodge et en Asie. »
Un appel à la contribution pour le centenaire de 2028
Pour mener à bien cette ambition d’ici 2028, un appel aux dons a été lancé sous la forme d’un parrainage d’éléments architecturaux. Les contributeurs peuvent soutenir la fonte de nouvelles cloches auprès de la fonderie française Paccard, la pose de vitraux destinés à illuminer l’intérieur de l’édifice, ou encore la reconstruction de l’autel central en marbre.
Le projet propose également l’installation de pierres de marbre personnalisées sous forme d’ex-voto, permettant aux donateurs de marquer leur soutien à la pérennité du site. L'objectif final demeure de faire de l'église du Bokor un phare historique et spirituel au sommet des montagnes de la province de Kampot.
Pour plus de renseignements : @fatherwillconquer
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