Les 80 mots de Jean Baptiste Phou
L’Asiathèque a demandé à Jean Baptiste Phou d’être l’auteur du livre consacré à la langue khmer de sa collection 80 mots. Il présentera son oeuvre le 15 novembre à L’institut La collection «80 mots du monde » propose un voyage au coeur d’un pays par les mots qui comptent dans les langues des femmes et des hommes qui y vivent.


L’Asiathèque a demandé à Jean Baptiste Phou d’être l’auteur du livre consacré à la langue khmer de sa collection 80 mots. Il présentera son oeuvre le 15 novembre à L’institut
La collection «80 mots du monde » propose un voyage au coeur d’un pays par les mots qui comptent dans les langues des femmes et des hommes qui y vivent.
On ne présente plus Jean Baptiste Phou. Artiste pluridisciplinaire, il a exercé comme comédien au Cambodge, aux États-Unis et en France. Il a écrit et mis en scène la pièce Cambodge, me voici !, a réalisé le film la Langue de ma mère et est l’auteur de Coming Out of My Skin. Ses oeuvres explorent les thèmes de l’identité, de l’exil et des séquelles du génocide khmer rouge. Il expose une oeuvre sonore et interactive en ce moment à l’Institut Français du Cambodge dans le cadre de la saison Elec-tro.
Le défi que lui a lancé L’Asiathèque est de sélectionné 80 mots qui sont autant d'histoires qui racontent le Cambodge. Des mots et leur résonance dans le coeur des femmes et des hommes qui les utilisent, évoquent le lien particulier qu'entretient l'auteur avec le Cambodge, ses habitants et leur langue.
Ses mots racontent son histoire et son rapport particulier à la langue. Enfant, ses parents ne parlaient pas khmer à la maison mais teochew, un dialecte originaire du Chine du Sud, souvent pratiqué chez les sino-khmers.
Comme l’illustre la premier mot qui commence le recueil :
1. អាញ៉េ អាញ៉ែ
añế añaï : foutoir
Durant mes jeunes ann.es, ma m.re se plaignait sans arr.t de la pagaille que nous mettions dans notre petit appartement du 13e arrondissement, mes fr២res, mes soeurs et moi : arrêtez de jouer añế añăï ! la maison est añế añăï ! Mes parents ne nous parlaient qu’en teochew, un dialecte du sud de la Chine. Mais ce añế añăï sonnait comme quelque chose de follement exotique à mes oreilles. Je croyais que c’était une invention de ma mère, une sorte d’onomatopée qui exprimait son exaspération. Bien plus tard, lors de mon premier voyage au Cambodge, j’entendis une femme réprimander son rejeton de la même manière. C’était donc un mot réel et, qui plus est, un mot khmer ! On m’expliqua qu’il venait d’un autre terme plus formel : roñế roñăï
រញ៉េ រញ៉ែ , "le désordre" . Prononcé. à la va-vite, il prend le sens de "foutoir".

80 mots du Cambodge fait partie, d’une série de cinq livres disponibles de la collection « 80 mots du monde » dont les premiers livres : 80 mots de l’Inde de Mira Kamdar et 80 mots d’Afghanistan d’Etienne Gille ont suscité l’intérêt des lecteurs et des libraires. Deux autres titres paraîtrons au printemps 2024 : 80 mots de Tunisie et 80 mots du Maroc.
Donc Rendez-vous mercredi 15 novembre à 19h pour une soirée divisée en deux parties :
- Première partie : lecture performative de 80 mots du Cambodge pour fêter la sortie du livre, sous-titrée en anglais
- Deuxième partie : projection en exclusivité de film La langue de ma mère dans sa version khmère (sous-titrée en français et en anglais) qui pourra être directement comprise par le public khmérophone, dont sa mère, à qui ce film est dédié.
Informations pratiques15nov.
De 19:00 à 21:00
Adresse
institut Français du Cambodge
Phnom Penh






