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L'opposant Kem Sokha libéré sous caution

Par Pierre Motin | Publié le 10/09/2018 à 05:57 | Mis à jour le 11/09/2018 à 10:03
Photo : Kem Sokha après sa libération sous caution.
kem-sokha libération Cambodge

Kem Sokha, le dirigeant de l’ancien principal parti d’opposition, a été libéré sous caution lundi 10 septembre. Il était en détention provisoire depuis un an, accusé de trahison. Il fait désormais l'objet d'un strict contrôle de la part des autorités cambodgiennes.

Le leader du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) Kem Sokha a été libéré sous caution lundi 10 septembre. Après un an et une semaine de détention provisoire dans une prison proche de la frontière avec le Vietnam, il s’est immédiatement rendu à son domicile de Phnom Penh, dans le district de Tuol Kork.

Mentionnant que Kem Sokha faisait l’objet d’un contrôle judiciaire assorti de plusieurs conditions, Chan Chen, un des avocats de l’homme politique, a indiqué que son client ne souhaite pas s’exprimer publiquement pour le moment. D'après les termes de sa libération, Kem Sokha est interdit d'exercer toute activité politique, d'avoir tout contact avec ses anciens collègues de l'opposition et avec des étrangers. Il ne peut pas non plus s'éloigner de son domicile, ce qui pourrait équivaloir à une mise en résidence surveillée.

Selon son avocat, Kem Sokha va bien “physiquement et mentalement”. Durant sa détention, ses proches avaient évoqué qu'il avait besoin d'être opéré de l'épaule gauche et souffrait d'hyperglycémie.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le domicile de Kem Sokha lundi matin afin d’afficher leur soutien à l’homme politique.

Kem Sokha a été arrêté dans la nuit du 2 au 3 septembre 2017, accusé de trahison en collusion avec des pays étrangers. Des poursuites qui peuvent valoir jusqu’à 30 ans de prison. Le CNRP a été dissous par la Cour suprême cambodgienne en novembre 2017 pour les mêmes charges, et 118 responsables du parti ont été frappés par une interdiction d’exercer toute activité politique pendant cinq ans.

L’Union européenne et les Etats-Unis réclamaient la libération de Kem Sokha depuis son arrestation. Les institutions européennes, qui menacent de suspendre un accord exonérant le Cambodge de droits de douane, ont annoncé la semaine dernière la tenue d’une réunion au Parlement européen à propos des droits de l’homme et de la démocratie au Cambodge.

L'ambassade de France au Cambodge a publié mardi 11 septembre une réaction : "Nous accueillons positivement la remise en liberté sous contrôle judiciaire du leader de l’opposition Kem Sokha. Nous espérons que c’est un premier pas vers l’abandon des poursuites judiciaires à son encontre et des restrictions à ses activités. Ceci intervient après plusieurs mesures allant dans la bonne direction concernant d’autres opposants et activistes. Nous espérons que de nouvelles décisions positives seront prises en faveur d’un environnement dans lequel l’opposition, les médias et la société civile peuvent exercer librement leurs droits."

 

 

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