Mercredi 23 mai 2018
Cambodge
Cambodge
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

L'embauche par le sport, un projet d'envergure qui porte ses fruits

Par Thibault BOURRU | Publié le 11/12/2017 à 21:00 | Mis à jour le 27/12/2017 à 13:30
Photo : © Kampuchea Balopp
Decathlon-projet-sport-embauche

Au cœur des locaux de l'association Pour Un Sourire d'Enfant (PSE) réside, depuis mai 2016, un terrain de sport synthétique financé et construit par Décathlon en collaboration avec l'ONG Kampuchea Balopp. Le but de cette initiative : donner des outils pour développer efficacement le sport au Cambodge, et, à l'avenir, proposer de l'emploi pour ces jeunes qui foulent aujourd'hui cette "pelouse".

"Quand je suis arrivée au Cambodge, je voyais les petits issus des programmes Kampuchea Balopp (KB) jouer au rugby, ils étaient à fond, ils adorent le sport ça se ressent vraiment. C'est paradoxal car ils n'avaient pas de chaussures ni aucun équipement. J'ai vraiment trouvé cela aberrant." Partant de ce postulat, Charline Duriaud, responsable de projet chez Décathlon, en association avec Jean-Baptiste Suberbie, co-fondateur de KB, a décidé d'œuvrer pour soutenir le développement du sport, qui se porte bien au pays par la passion, l'envie, et la motivation, mais qui doit devenir concret et sérieux. "On ne voulait pas faire un one shot de produit", assure-t-elle. Il fallait un projet de plus grande envergure, qui dépasse même le simple aspect sportif.

100.000 euros investis

Charline décide alors de se tourner vers la Fondation Décathlon, qui a pour objectif de promouvoir les bienfaits du sport, à long terme, en favorisant l'intégration sociale et professionnelle. Ses membres se réunissent, débattent sur les dossiers qu'ils ont reçus, et approuvent trois projets par an. "Le nôtre était de construire un terrain synthétique pour que Kampuchea Balopp puisse entraîner ses équipes toute l'année dans de bonnes conditions. Et c'est l'association PSE (qui collabore avec KB) qui nous a donné l'emplacement. Ils disposaient d'un terrain en herbe, en très mauvais état, sur lequel on pouvait construire." Au final, 100.000 euros ont été débloqués pour le projet, de quoi "construire le terrain, budgéter Kampuchea Balopp pour un an d'événements, et acheter toutes sortes d'équipements", éclaire-t-elle. 

Aujourd'hui le 60 sur 30 (mètres) permet d'assurer plus d'une séance d'entraînement par jour à l'association KB, "on a même gardé les poteaux lumineux de l'ancien stade, ce qui rend possible de s'entraîner la nuit si besoin", note Charline. Une évolution faramineuse dans l'approche et le développement du sport, par le confort. C'est grâce à ce genre d'initiative que le niveau réel des Cambodgiens risque d'exploser à l'avenir, car la passion est omniprésente, bien plus que dans d'autres zones où le sport est très développé. 

Le tout en créant de l'emploi

L'entreprise Décathlon est présente à Phnom Penh depuis plus de 6 ans. Au début, il n'y avait que des usines de production, mais cet été l'enseigne a ouvert un magasin Décathlon "témoin". Celui-ci est petit et sert de test pour préparer l'implantation d'un grand établissement (fin 2018), semblable à ceux localisés dans les périphéries des villes françaises. Dans les usines, ou les magasins, l'emploi va se créer à l'avenir.

Ce projet de terrain synthétique ne s'arrête pas au sport, car les enfants ou adolescents qui apprennent le rugby avec KB, auront, plus tard, la possibilité de travailler au sein de l'enseigne Décathlon. Plus de 800 enfants, issus de différentes associations, sont bénéficiaires des programmes sportifs de Kampuchea Balopp. Tous sont issus de milieux défavorisés. Sophorn en fait partie, il travaille aujourd'hui dans le magasin "témoin" du Russian Boulevard : "Quand j'étais petit je restais toute la journée sur la route, je vivais près de l'Olympic Stadium. Puis j'ai eu la possibilité d'étudier à PSE et de jouer au rugby grâce à Kampuchea Balopp. Le sport c'est ma passion, j'aime le football, mais surtout le rugby. Quand le magasin a ouvert, cet été, j'ai pu postuler ici. Je suis tellement heureux de pouvoir combiner mon travail et le sport." À l'époque, Sophorn a réussi à prendre l'ascenseur social. Aujourd'hui, des projets comme celui-ci rendent la chose plus facile, c'est remarquable, et tellement nécessaire.

0 CommentairesRéagir