Édition internationale

La Cour suprême Cambodgienne confirme la condamnation de deux journalistes

La Cour suprême du Cambodge a confirmé, jeudi 25 juin 2026, la condamnation pour « trahison » de deux journalistes à 14 ans de prison. Une décision qui suscite de nouvelles inquiétudes sur la liberté de la presse dans le pays.

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Les journalistes Phorn Sopheap et Pheap Pheara quittent la Cour d'appel de Battambang à l'issue d'une audience le 13 mars 2026.  (CamboJA)
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 26 juin 2026

La Cour suprême du Cambodge a rejeté, jeudi 25 juin 2026, le dernier recours des journalistes Phorn Sopheap et Pheap Pheara, confirmant leur condamnation à 14 ans de prison pour « fourniture d’informations à un État étranger portant atteinte à la défense nationale ».

Comme le rapportent l’Associated Press et Reuters, les deux reporters, travaillant respectivement pour Battambang Post TV Online et TSP 68 TV Online, avaient été condamnés en décembre 2025 par le tribunal provincial de Siem Reap, une décision confirmée en appel en mars 2026.

Selon leur avocat, la juridiction suprême a estimé que les condamnations reposaient sur une base juridique solide.

Des reportages liés aux tensions à la frontière thaïlandaise

Les deux journalistes avaient été arrêtés en juillet 2025 après un reportage dans la province d’Oddar Meanchey, à la frontière avec la Thaïlande, théâtre d’affrontements meurtriers. Ils sont accusés d’avoir publié sur Facebook des images prises dans une zone militaire restreinte. Selon Reuters ces contenus auraient révélé des informations sur les positions et les stratégies militaires cambodgiennes.

L’une des photographies, montrant des mines terrestres, a été largement reprise par des médias thaïlandais, alimentant des accusations contre Phnom Penh. Les autorités cambodgiennes ont rejeté ces allégations, affirmant respecter les conventions internationales et évoquant des restes de conflits passés.

Les deux journalistes ont toujours contesté les accusations, affirmant qu’ils disposaient d’une autorisation pour travailler sur place.

Des réactions contrastées entre autorités et organisations

Les autorités cambodgiennes défendent la décision. Le ministre de l’Information, Neth Pheaktra, a déclaré que « le Cambodge respecte pleinement la liberté de la presse et le rôle essentiel des journalistes dans une société démocratique », tout en rappelant que « la liberté d’expression […] n’est pas illimitée ».

À l’inverse, de nombreuses organisations dénoncent une atteinte à la liberté d’informer.  Bryony Lau, de Human Rights Watch, a estimé que « ces poursuites infondées et ces peines sévères montrent le mépris des autorités cambodgiennes pour la liberté des médias ».

De son côté, Am Sam Ath, directeur des opérations de l’ONG cambodgienne Licadho a regretté que « ces journalistes auraient dû être jugés selon la loi sur la presse et non selon le code pénal ».

Selon CamboJA News, plusieurs organisations de défense des droits et des médias avaient déjà condamné cette affaire lors des précédentes étapes judiciaires.

Un contexte de pressions accrues sur les médias au Cambodge

Cette décision intervient dans un climat de préoccupations croissantes. Le Cambodge occupait en 2025 la 161e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le pays fait l’objet de critiques internationales pour l’arrestation de journalistes, d’activistes et de défenseurs de l’environnement, dans un contexte de fermeture progressive des médias indépendants.

Pour en savoir PlusChute de la liberté de la presse au Cambodge selon RSF démentie par le gouvernement

Selon CamboJA News, plus de 30 personnes, dont des journalistes et militants, ont été arrêtées entre mi-2025 et début 2026 en lien avec des publications sur les tensions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande.

La décision de la Cour suprême intervient enfin quelques jours après la confirmation de la condamnation de l’opposant Rong Chhun, puis la grace partielle un enchaînement révélateur des tensions autour de la liberté d’expression.

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Les deux journalistes ne disposent désormais plus que d’un recours : une éventuelle grâce royale.

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