TEST: 2248

INSOLITE - Les nouveaux tuk-tuks indiens remplaceront-ils les tuk-tuks traditionnels ?

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 04/09/2012 à 02:58 | Mis à jour le 06/11/2018 à 17:46
tuk tuk cambodge

Importés depuis l'Inde par Vipar Auto Cambodia, filiale du constructeur de deux-roues indien Bajar, des tuk-tuks nouvelle génération commencent à circuler dans les rues de la capitale. On les dit plus sécurisés, plus économiques sur le long terme? Cela suffira-t-il à détrôner le tuk-tuk traditionnel ?


Tuk-tuk traditionnel versus nouveau tuk-tuk indien : crash test ?

A notre gauche, le tuk-tuk traditionnel. Celui qui, à force de sillonner les rues de Phnom Penh, en est devenu un véritable symbole. A notre droite, un tuk-tuk dernier cri construit par Bajar : déjà en usage en Inde, en Thaïlande ou aux Philippines, il est désormais disponible au Cambodge. Selon Channa, responsable des ventes chez Vipar Auto, le second a vocation à se répandre rapidement au Royaume. Pour le moment, seule une dizaine de tuk-tuks indiens est en circulation : ''On doit se faire connaître, inciter les gens à venir voir et essayer ce nouveau modèle.''

Un test, c'est d'ailleurs ce qu'est venu faire Vichet, propriétaire d'un tuk-tuk traditionnel, qu'il hésite encore à revendre pour pouvoir s'en payer un nouveau. ''Les freins sont bien, ils sont plus sécurisés. Mais le nouveau tuk-tuk est trop petit. C'est son plus gros défaut'', explique-t-il après un tour sur le parking de l'entrepôt de Vipar Auto. Car le trois-roues de Vipar ne peut en effet transporter que deux, voire trois personnes maximum, quand le tuk-tuk traditionnel permet non seulement de prendre 6 passagers, mais aussi d'entasser à leurs pieds bagages et charges diverses.


Tuk-tuk traditionnel ou nouveau modèle ? Vichet n'a pas encore tranché.

A 2.500 dollars l'unité (puis 3.000 dollars au terme de l'offre promotionnelle de lancement), le tuk-tuk nouvelle génération représente un investissement auquel il vaut mieux réfléchir ? un tuk-tuk traditionnel coûte entre 1.000 et 1.800 dollars. Même si, pour Channa, la différence de prix est si bien justifiée qu'elle ne devrait pas constituer un obstacle. D'abord parce que ''c'est la sécurité qui prime'', dit-il en rappelant que le système de frein du trois-roues est comparable à celui d'une voiture. Il met aussi en avant les économies qui peuvent être faite sur le long terme ? le véhicule indien pouvant fonctionner au gaz, moins cher que le pétrole ? et les autres fonctionnalités : des vrais rétroviseurs, la possibilité de faire marche arrière, un extincteur intégré.

Vichet estime quant à lui que s'il se laisse tenter par le nouveau modèle, il devra viser une clientèle davantage touristique que locale. D'abord pour rentabiliser plus vite son achat, mais aussi parce que selon lui les étrangers seront plus sensibles à l'argument de la sécurité.

Channa poursuit son plaidoyer : ''En Inde, certains clients l'achètent même pour un usage privé. Pour emmener ses enfants à l'école, c'est plus sûr et plus pratique qu'une moto. Je pense que ça peut se développer ici aussi.'' ''D'ailleurs, vous ne voulez pas en acheter un ?'' plaisante-t-il. Un regard sur les trois-roues flambants neufs, au design plutôt attrayant, et on se laisserait presque convaincre. L'un des coloris, jaune et noir, peut même évoquer, en forme de clin d'?il, les fameux cabs new-yorkais?


Un petit air de cab new-yorkais...

Seulement, comment ne pas regretter que le charmant tuk-tuk traditionnel, fabriqué localement et parfois savamment customisé, ne se voit progressivement troquer contre un véhicule certes plus rapide (jusque 55km/h), plus sûr, plus économe, mais surtout construit à la chaîne en Inde ? En Asie du Sud-Est, le Cambodge est l'un des seuls pays où le tuk-tuk traditionnel reste un moyen de transport couramment usité. Aujourd'hui, les quelques dix nouveaux véhicules en circulation n'ont pas encore changé le cours des choses. Sur le plan sentimental, on se dit que c'est tant mieux. Sur le plan technique, on vous laisse juger.

Céline Ngi (http://www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Mercredi 5 août 2012

0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Cambodge !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Raphael Ferry

Rédacteur en chef de l'éditon Cambodge.

À lire sur votre édition locale