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CENTRAL SCHOOL OF BALLET - La première école de danse classique au Cambodge

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 12 novembre 2023

La Central Ballet School a ouvert lundi dernier à Phnom Penh. Elle est actuellement la seule école de danse classique et de contemporain au Cambodge. Pour les adultes comme pour les enfants, débutants ou expérimentés, les cours sont donnés par un danseur professionnel, Stephen Bimson. Avec son associée Devi Vanhon, ils espèrent toucher un public khmer en développant ce style de danse très peu connu au Cambodge.

Il est 16h20, les petites danseuses commencent à arriver au Central Ballet School. Dans leurs petits maillots bleus, elles tournent sur elles-mêmes, s'entraînent au grand écart, se regardent dans le miroir, se rêvent déjà en danseuses étoiles. Parmi elles, un petit garçon. Agées de 6 à 11, tous assistent à leur deuxième cours de danse classique.

''Ma première motivation est égoïste : je voulais garder mon professeur de danse au Cambodge''


La création de l'école émane de la rencontre de deux passionnés de danse classique. Diplômé en 2009 de la célèbre Ecole de Ballet de danse contemporaine Rambert à Londres, Stephen Bimson est arrivé à Phnom Penh il y a un an. Au départ, il danse avec des enfants pour une ONG, puis commence à donner des cours pour adultes. Devi Vanhon entend alors parler de ce cours, elle s'y inscrit immédiatement. Cette jeune femme aux origines suisses et khmères entretient depuis son plus jeune âge une passion pour la danse classique. "J'ai pris des cours intensifs pendant deux ans à Chiang Mai, mais pour des raisons financières et autres, j'ai dû arrêter. Pourtant, j'aurais bien aimé en faire ma carrière", raconte-t-elle. Quand elle arrive au Cambodge en 2003, personne ne donnait alors de cours de danse classique au Royaume. Devi rattrapera ce manque par la suite grâce au cours de Stephen : "Je crois que je suis la seule à avoir assisté à tous les cours de Stephen sans exception", explique Devi. Au bout de quelques mois, Stephen n'est pas sûr de rester au Cambodge. Mais Devi ne conçoit pas de laisser partir son précieux professeur, le seul à lui permettre de pratiquer sa passion : "Il m'a parlé de la possibilité de créer une école de danse. Alors je l'ai poussé dans cette direction. Ma principale motivation est un peu égoïste : je voulais garder mon propre professeur de danse", dit-elle, amusée.

Le projet lancé, le plus dur est de trouver une salle adéquate pour la pratique de la danse. "J'ai quadrillé tous les coins de Phnom Penh mais les maisons cambodgiennes sont bizarrement construites, c'est toujours très étroit", raconte Devi. Après trois mois de recherche intensive, ils trouvent finalement une grande salle rue 183. Une fois aménagée avec du parquet, de grands miroirs et des barres, l'école pouvait enfin ouvrir ses portes. Trois jours après son ouverture, 16 adultes et 12 enfants sont déjà inscrits.

Stephen Bimson avec ses élèves de danse classique (Crédit photo: Anaïs Chatellier)

''Les valeurs de la danse classique s'accordent avec la culture traditionnelle khmère''

Si la majorité des élèves inscrits sont des expatriés, Devi aimerait, à terme, donner le goût de la danse classique auprès des Cambodgiens : ''Je pense que les valeurs de la danse classique - la grâce, la discipline, le respect - s'accordent parfaitement avec la culture traditionnelle khmère.'' Sa première démarche pour toucher un public khmer se fera à travers les écoles locales. "Lorsque l'on va dans une école française et qu'on parle de ballet, les enfants savent de quoi il s'agit, ce qui n'est pas le cas des petits Cambodgiens", dit Stephen. Le fait que les cours se déroulent en anglais pourrait également constituer une barrière supplémentaire. Mais Stephen rassure : "C'est vrai qu'il peut y avoir une barrière de la langue, mais heureusement, la danse est plus physique que vocale". Pour l'instant, il donne uniquement des cours de danse occidentale, mais il espère dans le futur s'inspirer des danses traditionnelles khmères. Ce n'est pas encore une priorité. Pour lui, il est primordial d'acquérir d'abord la technique. Si l'école attire de plus en plus de personnes, il fera appel à des danseurs fraichement diplômés en Europe, et un spectacle sera organisé fin décembre.

Anaïs Chatellier (www.lepetitjournal.com/cambodge) mardi 24 avril 2012


Pour plus d'infos : le site de la Central School of Ballet de Phnom Penh

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Publié le 24 avril 2012, mis à jour le 12 novembre 2023
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