Le 4 juin, l’École des officiers d’active de Thmat Paung a célébré 80 ans de coopération de défense franco-cambodgienne. Un partenariat ancien, centré sur la formation des officiers et l’appui aux opérations internationales.
Le 4 juin, l’École des officiers d’active de Thmat Paung, située à proximité de Phnom Penh, a accueilli une cérémonie marquant les 80 ans de la coopération de défense entre la France et le Cambodge dans le domaine de la formation militaire.
L’ambassadeur de France au Cambodge, M. Olivier Richard, s’y est rendu aux côtés de représentants des Forces armées royales khmères, d’attachés de défense étrangers — australien, américain, philippin et sud-coréen — ainsi que de nombreux officiers cambodgiens formés en France.
La cérémonie célébrait les 80 ans de la sortie de la première promotion d’élèves-officiers cambodgiens (juin 1946) de l’École militaire khmère, dont l’actuelle École des officiers d’active de Thmat Paung est l’héritière.
D’anciens élèves, aujourd’hui en responsabilité à différents niveaux de l’armée cambodgienne, étaient présents. Beaucoup d’entre eux ont en commun un passage par une formation en France, rendu possible par leur maîtrise du français.
Une coopération militaire ancrée dans l’histoire du Cambodge
La coopération militaire franco-cambodgienne débuta en 1946 avec les Missions françaises d’instruction militaire (MFIM) dont l’actuelle Mission de coopération de défense au Cambodge (MCD Cambodge) perpétue les traditions. À la demande du roi Norodom Sihanouk, cette coopération accompagnait alors la création d’une armée nationale.
Comme le dit le lieutenant-colonel Legrand, chef du détachement de coopération de défense au Cambodge : « Nous ne sommes pas là par hasard ». Cette présence s’inscrit dans une continuité, malgré les ruptures liées aux conflits et aux périodes politiques traversées par le pays.
Interrompue durant plusieurs décennies, la coopération reprit en 1994, notamment avec la recréation de l’école des officiers. Elle repose aujourd’hui sur un principe de partenariat avec une institution cambodgienne pleinement souveraine.
Former les officiers cambodgiens
Depuis 1994, la Direction de la coopération de sécurité et de défense, qui appartient au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, met en place les coopérants militaires français et assure le financement des projets de coopération de défense au Cambodge.
La formation constitue le cœur de cette coopération de défense franco-cambodgienne. Elle s’appuie d’abord sur l’enseignement du français en milieu militaire, condition nécessaire pour accéder aux formations proposées en France. Chaque année, environ 200 militaires cambodgiens suivent des cours de français au sein de plusieurs institutions, dont l’École des officiers d’active de Thmat Paung, l’Université de la défense nationale et l’Institut des sciences de la santé des forces armées. L’objectif est d’atteindre au minimum le niveau B1. « Leur but à tous, le rêve, c’est d’obtenir le B1 et de partir se former en France », indique le Lcl Legrand. Au-delà de la langue, la coopération couvre plusieurs domaines liés aux besoins opérationnels des forces armées cambodgiennes.
Elle concerne d’abord la formation initiale des officiers, avec un appui aux contenus pédagogiques, à l’encadrement et à l’organisation des cursus à Thmat Paung. Cette formation vise à transmettre des bases solides en commandement, en organisation et en prise de décision.
Elle inclut également des formations spécialisées. Des officiers cambodgiens sont envoyés en France pour suivre des stages dont la durée varie de trois mois à deux ans. Ces stages couvrent l'ensemble du parcours de formation, depuis le perfectionnement tactique et technique des jeunes officiers jusqu'à l'enseignement militaire supérieur (École de guerre), destiné aux cadres de haut niveau.
Un autre axe porte sur la formation des officiers d’état-major. L’objectif est de préparer les officiers à planifier des opérations, à coordonner différents niveaux de commandement et à évoluer dans des environnements complexes, notamment multinationaux. Enfin, une partie de la coopération est dédiée à la préparation aux opérations de maintien de la paix. Elle comprend des formations adaptées aux standards des Nations unies, en lien avec le NPMEC, qui est le centre national cambodgien de préparation aux opérations de maintien de la paix. Celle qui est certainement la plus visible.
Depuis une trentaine d’années, environ 420 officiers cambodgiens ont été formés en France. Parmi eux, un noyau actif d’une soixantaine d’officiers constitue un réseau structuré, présent à différents niveaux de commandement.
Les opérations internationales
La coopération française accompagne également la montée en puissance du Cambodge dans les opérations de maintien de la paix.
Un coopérant français est intégré au Centre national de maintien de la paix, où il participe à la préparation des contingents déployés à l’étranger.
Les domaines d’appui couvrent notamment le déminage, la sécurisation des stocks de munitions, la formation des états-majors et la préparation d’unités de police engagées sous mandat des Nations unies.
« Nous développons une approche, pluridisciplinaire », rappelle le lieutenant-colonel Legrand.
La francophonie militaire, filière d’excellence
Au fil des années, cette coopération a contribué à structurer une francophonie militaire au Cambodge. Elle repose sur un réseau d’officiers formés en France, capables d’évoluer dans des contextes internationaux. « C’est une filière d’excellence qui mène, pour les meilleurs, à des postes de haut niveau », explique le Lcl Legrand.
Certains officiers cambodgiens se distinguent lors de leurs formations en France, où ils occupent parfois des responsabilités au sein de promotions internationales.
Cette dynamique contribue à renforcer les capacités des forces armées cambodgiennes tout en inscrivant leur action dans un cadre de coopération durable.



























