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L'Ambassade de France, l'harmonie France/Roumanie

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 21/05/2019 à 00:00 | Mis à jour le 21/05/2019 à 12:54
Photo : facebook /ambassade de France en Roumanie
histoire d'un lieu ambassade de france roumanie

Les racines de la collaboration traditionnelle entre la Roumanie et la France, remontent au XIVe siècle, quand les soldats du voïévode Mircea l’Ancien et ceux du duc de Bourgogne luttaient ensemble contre l’armée de la Porte. Tout au long des siècles, la France a soutenu la cause de la Roumanie dans le contexte guerrier de la Question de l'Orient, éteignant souvent le cordeau détonant du « tonneau à poudre de l’Europe » (la Crimée). Suivant sa vocation démocratique, l’Hexagone a appuyé la politique unioniste d’Alexandru Ioan Cuza, la proclamation de l’Indépendance et du Royaume en 1878 et la participation de la Roumanie dans la Première Guerre mondiale, suivie par la Grande Union de 1918.

 

 

 

Les deux États ont établi des relations diplomatiques officielles au début des années 1880, sous la forme d’une légation, la mission diplomatique française, dirigée par le ministre plénipotentiaire Aubert Ducros. Une année avant le début de la Deuxième Guerre mondiale, elle est transformée en ambassade, suite aux efforts de plusieurs hommes politiques franco-roumains, parmi lesquels on trouve même Nicolae Titulescu. Son siège reste encore sur la rue Biserica Amzei, dans un bâtiment qui compte presque treize décennies d’existence, et inauguré en 1892, en présence du futur couple royal - le prince héritier Ferdinand et la princesse Maria.

 

Les travaux commencent en 1889, grâce à la contribution de l’équipe de l’architecte Bôhacher, suivant les plans élaborés en 1887 par l’architecte hollandais Josef Jacob Schieffeleers. Habitant une longue période de sa vie à Sinaia, Schieffeleers fait bâtir un édifice dont deux éléments architecturaux font qu'il ressemble à la résidence royale d’été, le Château Peles. Initialement, le plafond du couloir principal était pourvu d’une ouverture en verre, permettant ainsi une luminosité naturelle de la pièce et d’un système de ventilation plus efficace ; plus tard, le risque sismique élevé de la capitale oblige les officialités à y renoncer. Le deuxième élément est un passage secret menant vers le vestibule et aménagé dans la bibliothèque, sa porte étant cachée derrière un faux rayonnage couvert de faux livres. Dans la pièce, on remarque aussi l’unique cheminée de l’Ambassade et une collection impressionnante de livres - dont des volumes datant de la période du premier représentant de la Légation française.

 

Pour les réceptions officielles, l’Ambassade dispose de trois salons et d’une salle à manger, dont la vaisselle, œuvre de la Manufacture nationale de Sèvres, appartient à la collection réalisée spécialement pour les résidences françaises de l’émigration. La décoration intérieure se remarque par une prédilection toute particulière pour la porcelaine et la céramique de Sèvres, les chandeliers Empire en cristal ou des pièces de mobilier de style Louis XV et Louis XVI. Les tableaux de peintres flamands, français ou roumains embellissent les murs des chambres, dénotant un goût pour l'éclectisme artistique. Cependant, la pièce maitresse de l’ensemble décoratif se trouve au rez-de chaussée, dans le couloir principal - on y trouve, veillant sur l’entrée du jardin, une réplique en miniature du monument de Louis XIV, réalisé en bronze par François Girardon. Cette statuette, toujours en bronze, est l’œuvre de Jean-Balthazar Keller et date de la fin du XVIIe siècle ; elle est devenue un véritable trésor après la destruction de son original, pendant la Révolution française. L’édifice jouit d’un style architectural aux fortes influences classiques, dont témoigne l’omniprésence des colonnes et des voûtes dans la résidence ; son extérieur est mis en valeur par l’harmonie des formes rectangulaires et les fenêtres couronnées d’arcs de cercles.

 

Un perron pourvu de trois voûtes rondes, dans le style romain, marque l’entrée dans la Résidence de la France, et rappelle le symbole de la victoire suprême - le triomphe de la modernité et de l’unité territoriale roumaine, fondés sur l’amour et le respect mutuel entre ces deux nations.     

 

Sources: Rfi.ro, Ro.ambafrance.org

 

Ana-Maria Roșca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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Toutes les personnalités roumaines qui ont marqué ces 100 dernières années, dans le cadre de la célébration du centenaire de la grande Roumanie, en partenariat avec l'AMPT (Administratia Monumentelor si Patrimoniului Turistic)
2 Commentaire (s)Réagir
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roundtrip mar 21/05/2019 - 08:34

Une très belle représentation de la France se trouve à Belgrade j'ai eu l'occasion d'y pénétrer ! Sublime

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ChefAlain dim 15/07/2018 - 09:13

Au 14ème siècle le duché de Bourgogne n'était surtout pas la France et était même en guerre contre elle ! Ce n'est qu'après la mort de Charles le Téméraire à Nancy en 1477 que le duché de Bourgogne sera annexée comme généralité du Royaume de France.

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