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BUCAREST CENTENAIRE - Le palais ASE, un pédagogue tenace

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 12/10/2018 à 00:00 | Mis à jour le 12/10/2018 à 00:00
Photo : Wikipedia / Mihai Petre
palais ASE

Recevant, deux années plus tard, le firman à la suite duquel l’Union des Principautés Roumaines fut reconnue par le sultan, le souverain Alexandru Ioan Cuza déclarait : L’Union est accomplie - peut-on lire dans la proclamation; cet événement important, désiré par les générations précédentes, acclamé par les corps législatifs, demandé chaleureusement par nous, a été reconnu par la Sublime Porte ainsi que par les pouvoirs garants… Le 5 et le 24 janvier vous avez déposé toute votre confiance en l’élu de la nation, vous avez réuni toutes vos espérances dans un seul seigneur ; votre élu vous donne aujourd’hui une seule Roumanie. Cependant, on sait qu’une partie de ses initiatives réformatrices fut accomplie par son successeur, le futur roi Charles I, celui qui allait offrir au peuple une Roumanie indépendante.

 


La création d’un établissement d’enseignement supérieur au profil économique et administratif, formait un de ces projets, car, jusqu'en 1913, ces disciplines étaient enseignées dans des écoles moyennes et supérieures de commerce ainsi que dans des facultés de Droit. Ainsi, les jeunes de bonne famille se formaient souvent à l’étranger, préférant les universités françaises ou allemandes. Suite à l’intervention du Premier ministre de cette époque, Titu Maiorescu, la Loi pour la fondation de l’Académie de Hautes Études Commerciales et Industrielles de Bucarest a été approuvée par le Sénat roumain et promulguée par Décret royal, le 6 avril 1913. L’activité de l’institution a commencé durant l’automne de la même année, dans un espace loué sur calea Victoriei, un des bijoux architecturaux du Bucarest d'antan, bâti dans le style Belle Époque.

 


Les travaux du siège actuel de l'Académie Commerciale, commencèrent en 1916 et durèrent jusqu’en 1926 ; ceux-ci ayant été interrompus pendant la Première Guerre mondiale, suite à l’occupation de la capitale par les troupes des Empires Centraux. A l'origine, le bâtiment était prévu avec un seul corps, englobant des salles de classe, des amphithéâtres, une grande salle pour les festivités (la célèbre "Aula", connue pour sa peinture murale intitulée L’Histoire du commerce romain, réalisée par la femme du sculpteur Fréderic Storck, Cecilia Cutescu-Storck), les bureaux du personnel didactique et le Rectorat. Les plans de cette monumentale construction néo-classique ont été élaborés par trois architectes roumains : le vieux professeur d’architecture, doyen des architectes, Grigore Cerchez (Cerkez), l’architecte d’origine hollandaise, Edmond Van Saanen-Algi et Arghir Culina, qui avait des racines aroumaines. Leur prédilection pour le modèle classique romain se voit dans l’allure sobre de l’immeuble, dont la coupole ronde impose l’ordre colossal, rappelant les institutions publiques européennes influencées par l’académisme français. Les éléments de style Art Déco adoucissent l’austérité de l’extérieur en monochrome : le béton est associé avec le bois des fenêtres, dont la forme et la disposition reconstituent un géométrisme ludique, soutenu au niveau de la mansarde par une ceinture richement sculptée.

 


En 1935 et en 1940, deux corps de bâtiment ont été ajoutés au Palais, la direction de l’institution se voyant obligée d’acheter les terrains entourant le corps central, suite à l’augmentation annuelle du nombre d’étudiants inscrits. Par conséquent, la Bibliothèque est la première a être érigée, hébergeant le dépôt de livres, deux grandes salles de lecture destinées aux étudiants mais aussi au grand public, et même quelques petits bureaux d’étude. Cinq années plus tard, on inaugurait la dernière partie de l’ensemble: le bâtiment du Musée commercial et du Bureau commercial, fonctionnant en tant que laboratoire didactique et hébergeant plusieurs salles de séminaire.

 


À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Palais de l’Académie de Hautes Études Commerciales et Industrielles résiste au changement de régime politique, perdant seulement sa dénomination historique et en 1967, suite à la volonté des officialités communistes, il devient le siège de l’Académie d’Études Économiques de Bucarest.

 

 

Sources : E-architecture.ro, 100.ase.ro 

 

 

Ana Maria Rosca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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Toutes les personnalités roumaines qui ont marqué ces 100 dernières années, dans le cadre de la célébration du centenaire de la grande Roumanie, en partenariat avec l'AMPT (Administratia Monumentelor si Patrimoniului Turistic)
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