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BUCAREST CENTENAIRE - Le Cercle Militaire National, un vétéran éternel

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 14/12/2018 à 00:00 | Mis à jour le 14/12/2018 à 07:26
Photo : Wikipedia / Diego Delso
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Si nous devions raconter l’histoire du Palais du Cercle Militaire National de Bucarest, nous nous rappellerions sûrement des épopées antiques. A leurs origines, nous retrouvons l’une des castes privilégiées pendant la période de l’entre-les-deux-guerres - celle des officiers.

 

 


En suivant les attestations des documents officiels, nous découvrons que du point de vue institutionnel, le Cercle militaires des officiers de la garnison de Bucarest a été créé au début du règne du futur roi Carol 1er, durant l'hiver 1876. Le besoin de trouver un siège pour les officiers, l’élite militaire roumaine, a été ressenti par le général Eracle (Eraclie) Arion, une décennie plus tard. Autrement dit, grâce à l’intervention de l’ancien héros de Calafat, le Ministère de la Guerre a commencé à chercher un terrain adéquat pour la construction d’un véritable palais.


Nous apprenons du texte d’une des lois promulguées par le roi Carol I en 1898 que le Ministère des Domaines était autorisé à céder gratuitement au Ministère de la Guerre, pour le bâtiment du Cercle Militaire de Bucarest, le terrain situé entre le boulevard Regina Elisabeta et la rue de Sărindar. Il faut aussi mentionner que la pierre angulaire de l’immeuble a été posée sur les ruines du Monastère Sărindar. Il s’agit du dernier des nombreux monastères érigés par le seigneur valaque Matei Basarab. Il paraît que le nom du lieu de culte avait des origines grecques car le correspondant du terme grecque saranda est le nombre quarante

 

Une année plus tard, les officiels ont organisé un concours public d’architecture ; le projet gagnant fut celui de l’architecte roumain Dimitrie Maimarolu. Pour des raisons financières, les travaux proprement-dits ont débutés en 1911, stagnants durant la période de l’occupation allemande pendant la Première Guerre Mondiale. De plus, l’intérieur du bâtiment avait été dévasté par l’armée allemande. Les officiers des Empires Centraux y avaient établi le siège du corps central de garde ; en outre, plusieurs pièces avaient été transformées en cellules pour les prisonniers de guerre roumains et russes.


L’édifice a été restauré et inauguré le 4 février 1923 en présence des monarques de la Roumanie réunie, le roi Ferdinand et la reine Marie. Trois architectes renommés avaient construit, au cœur du Petit Paris, un joyau architectural dans le style de l’académisme français ;  Dimitrie Maimarolu avait collaboré avec l’architecte d’origine française, Ernest Doneaud et avec le fils du compositeur Grigore Ștephănescu, l’architecte Victor G. Ștephănescu. Pour la construction de ce bâtiment appartenant à l’ordre colossal, étaient anticipés, tant le risque sismique élevé de Bucarest, que la consistance sableuse du sol ; les billots en bois de chêne se retrouvent tant au niveau de la fondation, que dans la composition du squelette du Palais. Conformément aux témoignages de l’époque, le Cercle militaire de Bucarest disposait de dix salles somptueusement décorées pour les réunions des officiers et des hauts dignitaires. Il ne faut pas oublier que l’Armée roumaine se trouvait en plein processus de modernisation conforme aux standards européens, et la mode du temps imposait l’organisation de bals des militaires.  


Les nostalgiques avouent que c'était un véritable honneur d’être invité aux bals de l’Armée au Palais du Cercle Militaire de Bucarest. Un escalier monumental en marbre facilitait la parade, délimités par des cariatides et des colonnes corinthiennes qui brandissaient leurs feuilles dorées d’acanthe. Les représentations des guerriers et les ornements sculpturaux à fort caractère militaire se sont également inspirés de l’antiquité gréco-romaine. La culture promue par les officiers s’est avérée cosmopolite, trahissant une sorte de prédilection pour la beauté universelle. C’est probablement la raison pour laquelle nous retrouvons une Salle Maure dont les lambris dorés reproduisent des modèles végétaux. La Salle Byzantine  reprend les principes architecturaux du style néo-roumain ; au pôle opposé, la Salle Gothique et la Salle Norvégienne étalent un raffinement glacial, spécifique au Moyen Age et aux cultures nordiques.  


Le Palais n’a plus présenté d’intérêt dans la période communiste et a fort heureusement échappé à la furie destructrice de la famille Ceauşescu. Il a retrouvé son statut prestigieux après la Révolution de 1989 et est redevenu le symbole de ceux sur lesquels repose l’union – le siège du Cercle Militaire National.

 

Sources: Cmn.ro, Digi24.ro, E-architecture.ro   

 

 

Ana Maria Rosca 

 

 
 
 

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Grégory Rateau

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