Rencontre avec Antoine Roset, le nouveau Consul de France pour la Roumanie

Par Grégory Rateau | Publié le 10/01/2022 à 00:00 | Mis à jour le 10/01/2022 à 15:42
Antoine Roset, Consul de France pour la Roumanie et la Moldavie

Pour cette rentrée 2022, notre rédaction est allée à la rencontre du nouveau Consul de France pour la Roumanie et la Moldavie, Antoine Roset.

 

 

Grégory Rateau: Pouvez-vous nous parler de votre parcours avant d’occuper ce poste de consul ?

Antoine Roset: J’ai rejoint le ministère des Affaires étrangères en 2015, en tant que recruté local pour le consulat général de France à Chengdu. J’y ai travaillé deux ans comme attaché de presse, un poste très intéressant car il m’a permis de rencontrer énormément de monde dans le milieu des médias en Chine et de mieux comprendre le fonctionnement de l’appareil politique chinois. Auparavant, j’avais consacré mes années de jeunesse à apprendre le chinois et à sillonner ce pays de long en large. J’ai travaillé des années en tant que traducteur, avant de rejoindre le réseau consulaire. Rentré en France en 2018,  j’ai intégré le ministère par la voie du concours de secrétaire de chancellerie, et j’ai travaillé trois ans à Nantes, dans un service juridique de la sous-direction des visas.


Quelles sont vos missions en tant que consul de France pour la Roumanie ?

Les missions d’une section consulaire d’ambassade sont de trois sortes. Tout d’abord l’administration et la protection de la communauté française, y compris les Français de passage. Nous accueillons nos administrés tous les jours pour recevoir leur demande de titres d’identité ou pour l’établissement et la transcription des actes d’état civil. La protection des Français comprend un volet lié à la gestion de crise, avec un dispositif qui est activé en cas de crise majeure. En ce qui concerne la Roumanie, ce dispositif serait déployé en cas de séisme et relayé auprès de la communauté grâce aux chefs d’îlots. Il y a également un volet concernant les cas individuels de Français en difficulté.

Le deuxième volet de notre activité concerne les affaires sociales et les bourses scolaires. Notre poste examine chaque année entre 40 et 50 dossiers de demande de bourses pour les deux établissements scolaires français de Roumanie, qui sont examinés à l’occasion de deux conseils consulaires dédiés, au premier et au second semestre. Depuis 2020, notre ministère a débloqué un budget pour venir en aide aux personnes les plus touchées financièrement par la pandémie. Cette aide vient d’être reconduite pour l’année 2022.

Le troisième volet concerne la délivrance de visas, uniquement à destination des nationalités tierces, car les Roumains sont dispensés de visas pour entrer dans l’espace Schengen. La pandémie a évidemment affecté les déplacements internationaux en 2020 et 2021 mais nous sentons désormais une reprise des demandes, qui est cohérente avec l’évolution antérieure à 2020. A titre d’information, en 2019, nous avions délivré 1429 visas pour la France.

Pour mener à bien toutes ces tâches, la section consulaire de l’Ambassade comprend quatre agents consulaires, qui sont tous d’excellents professionnels, très impliqués dans leur travail. C’est une chance pour moi de pouvoir m’appuyer sur cette petite équipe très solide.


Connaissiez-vous la Roumanie avant de prendre vos nouvelles fonctions ? Pourquoi avoir choisi la Roumanie ?

La Roumanie m’était parfaitement étrangère avant d’envisager d’y prendre mes fonctions. La seule exception à cette ignorance était la lecture émerveillée, il y a quelques années, des récits de Panait Istrati. Pour le reste, la Roumanie ne faisait pas partie de mon imaginaire, et je m’efforce de combler ce manque chaque jour, en commençant par l’apprentissage de la langue. J’ai demandé à venir en Roumanie en partie pour des raisons personnelles, en raison de la proximité géographique avec la France. D’autre part, après des années de fréquentation de l’Asie, il me paraissait indispensable de découvrir notre continent, qui est bien plus vaste et divers que le tracé de ses frontières pourrait le laisser penser. Du point de vue professionnel, je savais qu’un poste dans une section consulaire de taille intermédiaire me permettrait de me former à tous les aspects ou presque des métiers consulaires et donc de développer une expertise pendant ces années sur place.


L'élection présidentielle française aura lieu dans 4 mois. Comment les Français de Roumanie peuvent-ils s’inscrire sur les listes électorales depuis l’étranger ?
C’est évidemment la question qui va nous occuper pour les mois à venir. Une communication a été mise en place sur le site Internet de l’Ambassade et sur les réseaux sociaux, avec une infographie dédiée, pour rappeler les démarches en vue de l’inscription sur les listes électorales. La date limite d’inscription sur la liste pour les présidentielles est le 2 mars à minuit pour l’inscription en ligne et le 4 mars pour l’inscription en se présentant au consulat ou par courrier. Pour les législatives, les dates sont le 27 avril à minuit pour l’inscription en ligne et le 29 pour l’inscription au consulat ou par courrier. Pour les personnes qui ne sont pas enregistrées auprès du consulat, il faut se rendre sur le site service-public.fr, muni d’un titre d’identité, d’une photographie et d’un justificatif de domicile, afin de s’enregistrer. Pour nos compatriotes qui figurent déjà au registre des Français de Roumanie, nous les invitons fortement à vérifier à partir de leur compte personnel s’ils sont bien inscrits sur les listes électorales. J’insiste particulièrement sur la mise à jour des informations personnelles, et notamment des adresses mail. En effet, nous constatons que beaucoup de mails n’arrivent pas à leurs destinataires car les adresses ne sont plus valides, et il nous est alors difficile de faire parvenir nos messages.

En ce qui concerne les personnes qui atteindront bientôt leur majorité, s’ils ont été inscrits par leurs parents sur le registre consulaire, leur inscription sur les listes électorales consulaires est automatique. Quand ce n’est pas le cas, ils doivent faire les démarches pour s’inscrire le lendemain de leur majorité. Pour les cas particuliers, par exemple en cas de majorité le jour du scrutin, comme c’est un sujet un peu technique, j’invite donc les intéressés à prendre contact avec nos services de manière anticipée.

 

Trouvez-vous que l’engagement de la communauté française est fort en Roumanie?

Je suis malheureusement arrivé en Roumanie à un moment où le régime de restrictions sanitaires m’a empêché de rencontrer autant de représentants de la communauté française qu’il est souhaitable de faire quand on exerce ces fonctions, et j’espère bien rattraper ce retard dans les mois qui suivent. Néanmoins, de ce que je peux observer je constate un fort engagement et un grand dynamisme chez les Français de Roumanie, qui s’investissent dans des domaines très divers : entrepreunariat, activités culturelles, projets à caractère social, gastronomie et tourisme. Il est très encourageant de voir que quantité de projets sont en cours, malgré le contexte difficile, qui contribuent à renforcer les liens entre nos deux pays.  Dans le monde des affaires, la présence française et francophone est incarnée par la Chambre de commerce et d’industrie française en Roumanie et par les clubs d’affaires francophones de province. L’autre caractéristique de la communauté française de Roumanie est l’importance de la communauté étudiante dans les filières francophones de médecine/dentaire/vétérinaire, principalement dans les villes de Cluj-Napoca et de Iasi, mais également à Bucarest pour les études vétérinaires.

De plus, l’Ambassade et le consulat ont la chance de pouvoir travailler avec des personnes ou des relais institutionnels, notamment en province. C’est tout d’abord le cas de nos trois conseillers pour les Français de l’étranger, qui rendent d’immenses services à nos compatriotes. Ensuite, le consulat s’appuie sur les consuls honoraires, au nombre de cinq, qui sont nos relais institutionnels pour les questions consulaires à Cluj, Iasi, Timisoara, Brasov et Constanta. Il y a également le réseau des alliances françaises et des instituts français de province, qui n’ont pas d’attributions consulaires stricto sensu, mais en qui nous trouvons toujours de solides appuis.

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI et écrivain
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