La Roumanie a clôturé l’année 2025 avec un déficit budgétaire équivalent à 7,65 % du produit intérieur brut, un niveau inférieur de 0,7 point à l’objectif initialement fixé à 8,4 %.


Ces chiffres ont été mis en avant par la sénatrice libérale Gabriela Horga, présidente de la commission du budget et des finances du Sénat, qui y voit la preuve qu’un redressement budgétaire reste possible.
Selon elle, cette évolution constitue un résultat notable compte tenu du contexte hérité des années précédentes.
Elle souligne que le budget de 2025 n’a pas été élaboré par l’actuel chef du gouvernement, Ilie Bolojan, mais par l’ancien Premier ministre Marcel Ciolacu, sur la base de prévisions de recettes jugées irréalistes et de dépenses largement sous-évaluées.
Gabriela Horga affirme avoir découvert par la suite la position réelle de l’ancien exécutif sur la question du déficit.
La sénatrice rappelle également qu’Ilie Bolojan n’a pris ses fonctions qu’au cours de la seconde moitié de l’année 2025. Malgré ce délai, elle estime que son gouvernement est parvenu à freiner la dérive des dépenses publiques et à redynamiser les recettes de l’État. Elle parle même d’un « quasi-miracle budgétaire », le déficit ayant été réduit tout en couvrant l’ensemble des obligations de fonctionnement de l’État.
Parmi ces dépenses figurent notamment le paiement des pensions et des salaires revalorisés en 2024, un volume élevé d’investissements publics, la cofinancement de projets européens – y compris ceux du plan de relance et des fonds de cohésion –, le remboursement des arrêts maladie dus de longue date aux employeurs, ainsi que l’augmentation des dépenses de défense. Elle rappelle que de nombreuses charges supportées en 2025 résultent de décisions prises l’année précédente, comme les hausses de retraites consécutives à la réforme du système et à la recalculation des droits, ou encore le règlement d’arriérés liés à des projets d’infrastructures déjà engagés.
Dans ce contexte, Gabriela Horga affirme que, malgré des mesures parfois impopulaires, la Roumanie s’est engagée sur une trajectoire plus saine : réduction du déficit, limitation du recours à l’endettement et amélioration de la crédibilité économique du pays à l’international.
La sénatrice libérale a par ailleurs vivement critiqué l’ancien ministre social-démocrate des Finances, Adrian Câciu, l’accusant de diffuser des informations trompeuses et de manipuler les données budgétaires afin de justifier les déséquilibres financiers accumulés entre 2023 et 2025. Elle rappelle qu’au moment de l’investiture d’Ilie Bolojan, en juin, le déficit atteignait déjà environ 70 milliards de lei, soit un niveau supérieur de plus de six milliards à celui enregistré à la même période l’année précédente. Elle s’interroge sur la situation à laquelle le pays aurait été confronté sans un changement de cap, évoquant le risque d’une incapacité de paiement.
Tout en reconnaissant que le Premier ministre ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique, Gabriela Horga affirme qu’il gouverne « comme la Roumanie en a besoin », avec sérieux, honnêteté et une volonté affichée de réformes structurelles, notamment pour améliorer la performance du secteur public.
Du côté social-démocrate, le président du parti, Sorin Grindeanu, a réagi en appelant à la retenue. Il a estimé qu’aucun membre du gouvernement ne devrait se féliciter d’un déficit inférieur à celui annoncé à la Commission européenne, rappelant qu’une telle amélioration ne saurait être revendiquée si elle résulte de coupes dans les investissements ou d’une hausse des impôts et des taxes.
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