Dimanche 5 décembre 2021
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Le français n’est pas seulement la langue de papa

Par Emma Granier | Publié le 11/11/2021 à 09:00 | Mis à jour le 18/11/2021 à 19:11
Photo : © LPJ_Berlin - Emma Granier
Un enfant de dos avec un yukulele

Rencontre avec les parents germano-francophones de Köpenick mobilisés pour l’apprentissage du français dans leur quartier.

 

Depuis quelques mois, mené par la volonté de quelques papas francophones, un groupe de parents a mis en place différents ateliers et activités pour que leurs petites têtes blondes se familiarisent avec la langue de Molière. Leur objectif à terme est de mettre en place des cours de français réguliers.

 

Du groupe d’amis à l’association

« Nous avions envie de transmettre le français à nos enfants, sans forcément traverser toute la ville pour assister à des cours ou activités. » nous confie Jean Rebert, porte-parole du groupe. Selon lui, le projet a pris un tournant lorsqu’ils ont appris qu’il y avait plus de 170 français résidant autour de Köpenick. Lui et ses amis ne devaient donc certainement pas être les seuls parents francophones des environs.

« Au début, le projet est parti du constat que, pour nos enfants, le français était uniquement la langue de papa, ou de maman selon les cas. Donc on a organisé des rencontres avec d'autres familles pour que les enfants se rendent compte qu’ils pouvaient aussi parler en français avec d’autres personnes que leurs parents. »

Grâce à l’intervention du conseiller consulaire Henri Zeller, le groupe a pu lancer une communication auprès de leurs compatriotes ayant élu résidence à Köpenick. Leur groupe Facebook de parents germano-francophones a ainsi vu ses rangs gonfler pour atteindre aujourd’hui plus de 260 abonnés.
 

La décision de créer une association a ensuite suivie. Cela donne plus de crédibilité aux initiatives du groupe et permettra à terme de développer plus d’activités, notamment par le biais d’une structure FLAM par exemple.

 

Une animatrice avec un yukulele
© LPJ_Berlin - Emma Granier

 

Des comptines aux cours de français

Le groupe de copains fondateurs s’est petit à petit élargi, aujourd’hui une vingtaine de parents assistent et participent régulièrement aux événements organisés. Pique-niques, après-midis à l’aire de jeux, toutes les occasions sont bonnes. L’année dernière, des séances d’éveil musical ont été organisées avec Amandine Thiriet. Puis l’automne et la pandémie ont un peu ralenti le rythme des rencontres. Avec la reprise cet été, des matinée comptines avec Amandine ou les autres intervenantes francophones de Sur Mesure Malika et Felicitas, ont été mises en place. Et les familles sont au rendez-vous.

 

« Chaque fois qu'on fait un événement, on découvre de nouvelles têtes. »

Aujourd'hui, l’objectif est simple, trouver un ou une professeur.e de français pour mettre en place des cours à Köpenick deux fois par mois, les samedis matins. Dès que ces cours seront mis en place, l’association pourra monter un dossier FLAM et être plus légitime pour frapper aux différentes portes.

« A terme on aimerait réussir à ouvrir une section franco-allemande dans l’une des écoles de Köpenick. » Mais une chose après l’autre. Jean Rebert a bien conscience que la prochaine étape, est celle du recrutement d’un enseignant de français pour les cours du week-end.
« On connaît aussi des parents à Friedrichshain ou à Lichtenberg qui ont le même problème. Finalement, nous reprenons ce travail de création de filières françaises que les générations précédentes ont pu faire dans des quartiers plus centraux il y a quelques décennies. »

 

Animatrice et enfant dansant en ronde
© LPJ_Berlin - Emma Granier

 

Des contacts nécessaires entre les générations

Deux collaborations ont été mises en place depuis les débuts du projet et permettant au groupe de se réunir dans des lieux adaptés. La première, la Spielhaus de Friedrichagen, est une grande villa à 200m de l’arrêt de S-Bahn qui a été léguée à la ville il y a quelques années et joue aujourd’hui le rôle d’une MJC pour les jeunes des environs. La mairie met ces espaces à disposition de différentes structures. Les enfants du groupe peuvent ainsi profiter des comptines sur la terrasse de la villa et ensuite s’amuser dans le grand jardin qui se cache derrière la bâtisse. "Le rêve" selon Jean Rebert.

La deuxième est une collaboration avec une résidence pour seniors disposant d’un foyer. Comme dans beaucoup d’autres pays, les personnes âgées sont un peu isolées et ont moins d'interactions avec les autres générations. Des ateliers de comptines ont déjà été mis en place dans ce cadre. Ce mélange des générations est positif pour tout le monde selon Jean Rebert, « nos enfants n'ont pas forcément les grands-parents à côté et peuvent aussi retrouver ce contact intergénérationnel. »

 

Familles de dos arrivant à la spielhaus
© LPJ_Berlin - Emma Granier

 

Ils ont conscience que beaucoup de gens font face à la même problématique. Le projet a du potentiel et les débuts marchent bien. Il se trouve que plusieurs parents sont eux-mêmes franco-allemands dans le groupe. « L’une des mamans par exemple, a grandi en France jusqu'à l'âge de 18 ans avant de venir faire ses études à Berlin, rajoute Jean. Elle s'est rendu compte que les Allemands la considéraient comme la Française alors que, pour elle, il était clair qu'elle était autant allemande que française. Et elle s'est aussi rendu compte que son niveau d'allemand n'était pas si phénoménal qu’elle le pensait. C’est intéressant d'avoir ce témoignage, parce que c'est un peu ce qui attend nos enfants. »

 

Le groupe vous donne rendez-vous le 4 décembre pour un après-midi Manala pour se plonger dans la tradition alsacienne de la Saint-Nicolas en dégustant ensemble les fameux petits pains au lait en forme de bonshommes.

Retrouvez les prochains rendez-vous sur la page du groupe
Contact pour les candidatures de professeur de français : 

 

 

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