Cabinet des Estampes : la Divine Comédie de Dante à l’époque moderne et contemporaine

Par Ludovic Tölg | Publié le 14/02/2022 à 13:30 | Mis à jour le 14/02/2022 à 13:30
Photo : © LPJ_Berlin - Ludovic Tölg
Entrée du Kupferstichkabinett

À l’occasion des 700 ans de la mort de Dante en septembre 2021, le Cabinet des Estampes vous propose de découvrir la Divine Comédie à travers un ensemble de gravures sur bois des années 1920.

 

Mettre un poème en image

Au deuxième étage du Cabinet des Estampes, sous des lumières tamisées, des tableaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle parcourent les murs de la salle d’exposition. Ils s’inspirent de la Divine Comédie, un poème médiéval écrit au XIVe siècle.

 

Dans cette oeuvre phare de la littérature, l'écrivain italien Dante Alighieri (1265 - 1321) met en scène son propre voyage à travers trois mondes supraterrestres. Il y présente une vision de l’univers particulière, celle de l’Église catholique romaine à son époque. Le poète débute son périple aux Enfers ("Inferno"), passe par le Purgatoire ("Purgatorio") avant de rejoindre le Paradis ("Paradiso"), qui parachève son long voyage. Chaque partie du poème correspond à la découverte d’un monde. L’exposition est ainsi divisée en trois temps.

 

Dans les années 1920, la danoise Ebba Holm et l’allemand Klaus Wrage, tous deux graveurs, décident de raconter en image l’œuvre de Dante. Il faut dire que le récit regorge de références antiques, mythologiques mais aussi contemporaines du poète. Le poème se prête donc à cette transposition. D’autres oeuvres de Sandro Botticelli, Odilon Redon, Joseph Anton Koch ou encore Arnold Böcklin prennent elles aussi place dans la salle, et retracent à leur manière le voyage du poète.

 

© LPJ_Berlin - Ludovic Tölg (Klaus Wrage, Illustration zur Purgatorio 4)
© LPJ_Berlin - Ludovic Tölg
(Klaus Wrage, Illustration zur Purgatorio 4)

 

Les gravures exposées représentent bon nombre d’épisodes clés du récit. En nous proposant leur version imagée des personnages et paysages du poème, Holm et Wrage nous invitent à emboîter le pas de Dante et à découvrir ces mondes de l’au-delà. De la rencontre du poète avec Virgile à l’apparition de la Trinité en passant par le Jardin d’Eden, le spectateur déambule dans la salle, entre ténèbres et lumière.

 

„Die Exklusive“ ( "L’exclusive"), l’œuvre d’un artiste berlinois

Si le voyage de Dante raconté à travers les gravures de Holm et de Wrage constitue la majeure partie de l’exposition, le centre de la salle est consacré aux oeuvres du berlinois Andreas Siekmann, né en 1961.

 

Pour mieux comprendre le projet de l’artiste, nous interrogeons Andreas Schalhorn, commissaire du Cabinet des Estampes et spécialiste en art moderne. Il explique ainsi que Siekmann a réalisé de nombreuses impressions numériques en couleur entre 2002 et 2011. Celles-ci représentent des lieux témoins des manquements de la politique migratoire européenne. Son oeuvre engagée cherche à dénoncer la situation dans laquelle se trouvent les réfugiés aux frontières de notre continent. Il qualifie ces endroits "d’enfer", reprenant le même cadre spatial que Dante.

 

Siekmann s’inspire des silhouettes de Dante et Virgile dessinées par Sandro Botticelli. Il décide de reprendre le travail du peintre italien, en ajoutant les deux personnages dans ses impressions. Dans un décor actuel, plusieurs d’entre elles représentent les routes aux frontières de l’est de l’Allemagne, ou des bateaux de croisière en mer Méditerranée. En prenant part à ces scènes, Dante et Virgile sont les observateurs de ces zones "infernales".

 

Andreas Siekmann, Dresden
 © LPJ_Berlin - Ludovic Tölg
(Andreas Diekmann, Dresden)

 

Andreas Schalhorn achève ses explications en nous donnant trois feuilles en allemand, qui analysent plus en détail chaque tableau de l’artiste. Au dos de la dernière page figure un QR code, qui renvoie celle ou celui qui le scanne vers une vidéo dans laquelle Siekmann dévoile les méthodes employées pour donner vie à son oeuvre.

 

Quelques informations pratiques

L’exposition est ouverte du mardi au vendredi de 10h à 18h et du samedi au dimanche de 11h à 18h. Le Cabinet des Estampes est fermé le lundi. Il faut prévoir au moins une heure sur place pour avoir le temps de voir l’ensemble des oeuvres. Une partie de l’exposition est en anglais, mais les cartels sont uniquement allemands. Comptez six euros pour le plein tarif et trois euros pour les tarifs réduits.

L’exposition se tient jusqu’au 8 mai 2022.

 

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site du Cabinet des Estampes ici.

 

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Ludovic Tölg

Ludovic Tölg

Etudiant de Strasbourg et en Erasmus à Berlin, Ludovic a rejoint la rédaction de Berlin en février 2022. Il joue du violon et est passionné de sport.
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Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

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