Alexanderplatz, une place symbole d'un Berlin en recherche de sa propre image (Photo. Cécile Boutelet)
C'est une difficile quête d'identité à laquelle se livre la capitale allemande. Jusqu'ici le défi des maires de Berlin était de corriger l'image négative de la ville et de la faire aimer malgré tout. Le "Arm aber sexy" de Klaus Wowereit s'adressait à ceux qui en Allemagne moquaient Berlin pour ses 60 milliards d'euros de dettes, son faible pouvoir d'achat, ou ses travaux infinis. Ironie de l'histoire : ce sont les étrangers qui adorent Berlin. Les Anglais, les Américains, les Français, ceux qui voient dans Berlin une ville tendance. Bref, il était grand temps de rééquilibrer les choses et d'exploiter le potentiel d'une ville qui parfois s'ignore.
Une coûteuse quête d'identité
La mairie de Berlin a donc ouvert une campagne d'idées afin de trouver la meilleure façon de communiquer sur la ville. Et dans sa recherche de la formule choc, elle ne lésine pas sur les moyens. Le tout nouveau "Berlin-Board", véritable think-tank identitaire, est chargé de réfléchir sur l'image de la cité. Parallèlement, un sondage international doit déterminer les forces et les faiblesses de Berlin dans l'opinion publique. Enfin, une mise en concurrence entre agences de publicité doit désigner le meilleur projet pour la capitale allemande. Budget de l'opération : 5 millions d'euros par an. De leur côté, les journaux locaux tentent d'influer le cours des choses. Le magazine Zitty, dans sa dernière édition, a fait ses propositions, tandis que le quotidien der Tagesspiegel demande à ses lecteurs de donner leur propre image de la ville.
Idées et méthode Coué
De ce bouillon d'idées, que ressort-il ? Le "Berlin-Board"estime que l'identité de Berlin est définitivement liée à l'idée de liberté, notamment parce que la ville a surmonté deux dictatures. Des slogans comme "City of freedom"(ville de liberté) ou "Berlin befreit"(Berlin libère) rendraient l'image à la fois historique et avant-gardiste de Berlin. Zitty donne d'autres idées, qui ont le mérite de ne pas se prendre au sérieux et de décliner la ville sur tous les tons : ironique ("la ville des oisifs urbains", en justifiant : "où ailleurs peut-on croire impunément qu'on refait le monde en passant ses journées au café, un Apple Notebook sur les genoux et un verre de latte macchiato dans la main ?");romantique ("Berlin, ville des rencontres") ou enthousiaste ("Berlin. La ville où tout le monde a une seconde chance"). Qui l'emportera ? De la promotion à l'autodérision, Berlin est en pleine introspection. Presque une thérapie à la méthode Coué. Le débat ne manque en tout cas pas d'intérêt. Une preuve de plus que si Berlin est une métropole, c'est encore malgré elle.
Cécile BOUTELET (www.lepetitjournal.com) lundi 1er octobre 2007/berlin.html
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